Les flâneuses

Photo: Le Devoir
Odile Tremblay

Dans les pas de Dany Laferrière

Sur la promenade des Artistes, on marche dans les pas de Dany Laferrière au gré de l’expo Un cœur nomade, signée Félix Dagenais. Né comme écrivain à Montréal, la métropole lui devait bien ce coup de chapeau : 42 panneaux en mots et en dessins extraits de ses trois romans graphiques, eux-mêmes parcours de vie et d’intériorité, se visitent le nez au vent. De Petit-Goâve au Paris des immortels, en passant par Montréal, ses errances le définissent. « Est-ce si banal de se confondre aux arbres ? » demande-t-il. Entre ses dessins de pintades, de chats et de passants, l’autoportrait amuse et inspire.


Manon Dumais

Un bonheur de bédé

Avec sa romance convenue entre une vendeuse normande et un commerçant parisien, Au bonheur des dames n’est pas le plus palpitant des romans de Zola. Mais ses riches descriptions d’étoffes et de dentelles et son illustration minutieuse de la société de consommation en ont fait une œuvre mémorable. Grâce au talent d’Agnès Maupré, ce roman (Casterman) devient une bédé aux couleurs vibrantes et aux lignes ondoyantes offrant un froufroutant voyage dans le temps, tout en nous rappelant la vulnérabilité des commerçants d’aujourd’hui.


Amélie Gaudreau

Initiation à l’amour

Nul besoin d’être amateur de téléréalités pour apprécier Histoires d’amour et d’autisme (Love on the Spectrum en v.o.) sur Netflix, une production australienne qui suit des jeunes atteints du trouble du spectre de l’autisme qui tentent de trouver l’amour (avec un peu d’aide du « gars des vues ») ou qui l’ont trouvé, et qui se confient sur cette expérience nouvelle, déstabilisante, parfois désagréable, mais séduisante. Plus près du documentaire que d’Occupation double et cie, cette émouvante série ouvre une fenêtre sur la tête de jeunes qui apprennent à ouvrir leur cœur. 


Louise-Maude Rioux Soucy

Une lueur dans la noirceur

Penser le monde, le magazine Nouveau Projet sait y faire. Son atterrissage dans la boîte aux lettres suscite invariablement la joie de plonger langoureusement dans ses pages pour y cueillir les idées qui élèvent et qui nourrissent. Entièrement consacré au thème de la fin d’un monde (le « d’un » est important, car d’autres viendront), ce numéro 18, en librairie le 8 septembre, nous parvient animé d’un espoir radical. En cette fin d’été grevé par la pandémie, se laisser bercer par le survivalisme doux de Samuel Archibald et par les vulnérabilités sans fin de Nicolas Langelier fait un bien infini.