Les flâneuses

Illustration: Le Devoir
Odile Tremblay

Pour le charme du film
Mon cirque à moi de Miryam Bouchard ne prétend pas réinventer les codes du film d’apprentissage, mais cette comédie familiale sur un clown et sa fille préado arrache bien des sourires. Patrick Huard est au sommet de sa forme en amuseur public rebelle et allumé, quoique pataud dans son rôle paternel. La petite Jasmine Lemée se révèle délicieuse et l’ensemble de la distribution tient vraiment debout. On lui pardonne quelques clichés, d’autant plus que la caméra de Ronald Plante éclaire de sa fantaisie plusieurs scènes. Comme une limonade en plein été !


Valérie Duhaime

Des gens normaux
La plateforme porte bien son nom : on trouve de petits bijoux sur CBC Gem, l’équivalent anglophone de Tou.tv. Dernière découverte : Normal People, une série de Hulu basée sur le roman de Sally Rooney. De la campagne irlandaise à Dublin, on suit Connell et Marianne, des personnes foncièrement différentes mais qui ne semblent à la maison que quand elles sont ensemble. Les textes sont d’une grande finesse et les personnages complexes, mais crédibles. En fiction sur l’apprentissage de soi et les douleurs du passage à l’âge adulte, on fait difficilement mieux.


Manon Dumais

Fabuleuse fabuliste
« Au fond, à quoi riment nos vies sexuelles ? » Inspirée par un ex-amant l’ayant « ghostée » et duquel elle aurait voulu se venger, Sophie Fontanel s’est amusée à faire rimer nos petits désordres amoureux et grandes incartades sexuelles dans une délicieuse suite de fables qui ferait rougir de plaisir La Fontaine. Les fables de la Fontanel (Robert Laffont) illustrent avec une lucidité décapante nos comportements en société ou dans l’intimité, tout en décochant des flèches acérées aux indécrottables machos et aux non moins condamnables mégères.


Louise-Maude Rioux Soucy

Pas de fumée sans feu
Notre exemplaire dépenaillé du Voleur de sandwichs accuse d’assidues fréquentations. C’est dire combien sa suite, L’alerte au feu (La Pastèque), était attendue. C’est qu’André Marois a le chic pour broder une intrigue ayant du « rebondi ». Le trait rond de Célia Marquis, à la fois naïf et grinçant, en relais de Patrick Doyon, ajoute ce qu’il faut d’esprit pour embraser cette enquête. Verdict familial ? La magie opère toujours, L’alerte au feu effleurant, au surplus, et avec juste ce qu’il faut de désinvolture, des notions complexes comme le racisme, le sexisme ou la pauvreté. Craquant !