D'autres étoiles de la culture pâlissent

C’est lundi avant-midi que le chanteur a répondu des allégations le visant dans une vidéo d’un peu moins de cinq minutes partagée sur sa page Facebook.
Valérian Mazataud Le Devoir C’est lundi avant-midi que le chanteur a répondu des allégations le visant dans une vidéo d’un peu moins de cinq minutes partagée sur sa page Facebook.

La déferlante de dénonciations continue de faire des vagues dans le milieu culturel. Après le chanteur Kevin Parent lâché par son agence de spectacles, Alex Nevsky a vu ses liens avec sa maison de disques suspendus indéfiniment lundi. Les comédiens Gabriel D’Almeida Freitas et Brandon St-Jacques Turpin ont quant à eux été largués par leur agence, et Groupe TVA a ouvert une enquête sur des gestes reprochés à Michel Trudel, ancien président des studios MELS.

« Dans les circonstances, notre collaboration avec Michel Trudel est suspendue jusqu’aux conclusions de cette enquête », a indiqué la vice-présidente aux communications de Groupe TVA, Véronique Mercier.

M. Trudel était depuis le 25 juin conseiller stratégique pour le groupe, propriétaire des célèbres studios. Bien connu dans l’industrie du cinéma, il a récemment été visé par des allégations d’inconduite sur les réseaux sociaux. Au moment où ces lignes étaient écrites, il n’avait pas commenté l’affaire publiquement.

Lundi, d’autres étoiles de l’industrie culturelle ont pâli après avoir fait l’objet de dénonciations sur la toile. Gabriel D’Almeida Freitas, tête d’affiche du dernier film de Xavier Dolan, Matthias et Maxime, et Brandon St-Jacques Turpin, de la série L’échappée, ont vu leur relation d’affaires rompue avec l'agence artistique qui les représentait.

« Notre société a grandement besoin d’introspection et de changement ; le courage dont font preuve celles et ceux qui dénoncent fera une réelle différence », a écrit l’Agence de Launière dans une brève déclaration. Les deux acteurs n’ont pas répondu aux demandes du Devoir.

Vidéo d'excuse

L’auteur-compositeur-interprète Kevin Parent a lui aussi été dénoncé sur Instagram, dans son cas pour avoir présumément commis des gestes déplacés à caractère sexuel. À la lumière des actes reprochés, son agence de spectacle, Preste, a décidé de « rompre toute collaboration avec lui ».

« Les valeurs de respect et de tolérance sont inscrites dans l’ADN de Preste et sont non négociables. Nous condamnons sans réserve toute personne qui s’en éloignerait sous quelque forme que ce soit », a écrit la compagnie sur les réseaux sociaux.

« J’ai fait bien des erreurs dans ma vie. J’ai dit et j’ai fait bien des niaiseries, et pis je les assume », a de son côté réagi Kevin Parent dans une vidéo publiée sur Facebook. « Mais on n’est pas ici pour parler de ça, a-t-il immédiatement enchaîné. On est ici parce qu’il y a un gros raz-de-marée de prise de conscience ou de cris pour la justice. Ça dépasse moi et mon opinion et le goût de me défendre. Ce n’est pas ce que j’ai le goût de faire : j’ai le goût d’écouter, de comprendre et d’être là. »

S’il reconnaît ses torts et promet de « payer [ses] dettes en temps et lieu, quand on va [lui] dire comment », l’artiste souligne le manque de « contexte » qui accompagne cette mise au jour de ses « délinquances ». « C’est un peu free for all, comme on dit, mais j’assume et pis je sais que ça va être un bout bien rough pour moi les prochains temps, a-t-il relevé. Mais si ça peut servir à faire avancer quelque chose, tant mieux, je suis pour ça. »

Kevin Parent devait donner deux spectacles cette semaine dans le cadre de la série de concerts TD Musiparc. D’un « commun accord » avec les responsables de l’événement, le musicien s’est retiré de la programmation.

Relation rompue

Vendredi dernier, Alex Nevsky avait fait des aveux dans une longue série de messages sur Instagram. L’auteur-compositeur-interprète y racontait avoir reçu un courriel d’une ancienne amoureuse où celle-ci décrivait leur relation de deux ans comme étant « abusive ».

« Je découvre comment, par ce que je croyais être de l’amour, j’ai fait et je fais encore parfois du chantage émotionnel, comment j’ai des attentes irréalistes face à la sexualité dans un couple », avait-il notamment écrit.

Lundi soir, sa compagnie de disque, Musicor, et son distributeur, Distribution Select, ont suspendu « pour une durée indéterminée leur collaboration avec l’artiste », car celui-ci a admis être responsable de « coercition sexuelle ». Alex Nevsky n'a pas réagi sur le coup, ni donné suite aux requêtes du Devoir.

Reconstruction

Toujours lundi, la page Instagram victims_voices_montreal a supprimé la totalité de ses publications, dont plusieurs ont contribué à la vague de dénonciations actuelle. La page suivie par plus de 75 000 personnes sera désactivée à minuit, a indiqué l’équipe, qui ferme aussi « temporairement » sa messagerie pour répondre « proprement » aux messages reçus. Plus de 5000 témoignages lui auraient été transmis jusqu’ici.

« Nous nous devons de faire des vérifications, comme plusieurs fausses informations sont en circulation. Nous sommes 100 % certains de la validité des faits mentionnés dans les témoignages qui ont été publiés », se sont aussi défendus les administrateurs.

« La page est devenue extrêmement toxique. Elle est devenue une source de divertissement pour certains, laissant de moins en moins de place aux survivants », notent-ils également, promettant d'en changer l'orientation pour protéger les victimes plutôt que mener une « chasse aux sorcières ».

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