Les flâneurs

Illustration: Le Devoir

Katia Tobar

Un autre type de confinement

Découvert récemment, le roman d’Éliette Abécassis Un heureux événement (2005), dans lequel l’autrice dresse un portrait cru de la grossesse, de l’accouchement et des premiers mois de la maternité, résonne fort avec le présent. Inspirée par sa propre expérience, l’autrice brise les tabous avec une franchise déroutante et décrit « l’industrie » autour du nouveau-né, la perte et la réinvention du couple, la douleur, « lancinante, ravageante, fulgurante », jusqu’au confinement et à la solitude de la femme devenue mère.


Manon Dumais

Will Ferrell chez les elfes

Délirante comédie de David Dobkin, Concours de la chanson Eurovision. L’histoire de Fire Saga met en vedette Will Ferrell et Rachel McAdams en improbable duo qui se retrouve contre toute attente — grâce aux elfes ? — à représenter l’Islande à l’Eurovision. Avec son lot de numéros d’un ridicule flamboyant et ses personnages aux ego démesurés, le film se moque gentiment du populaire concours clinquant, non sans quelques piques bien senties contre la politique russe et la mentalité américaine. En prime : un pot-pourri festif de chansons gagnantes d’Eurovision. Sur Netflix.


Philippe Papineau

Faire rugir les moteurs

Le « fait vécu » Ford contre Ferrari, de James Mangold, arrive sur Crave et HBO, et pour peu que vous ne rechigniez pas trop devant un moteur rugissant, son visionnement vaut le détour. On plonge dans la lutte entre deux constructeurs automobiles que tout semble séparer : l’ennuyeuse et bureaucratique Ford et la grandiose et fonceuse Ferrari. Objectif : gagner Les 24 heures du Mans de 1966, personnages fabuleux en prime. Ken Miles (Christian Bale), un désagréable mais entêté génie du volant, y avance en parallèle avec Carroll Shelby (Matt Damon), un ambitieux avec sa part d’ombre. Intelligent et palpitant.


Valérie Duhaime

Détruire pour recommencer

Ce n’est assurément pas tout qui a été dit sur le sujet des agressions sexuelles, de la discrimination et de l’action de la justice en pareils cas, mais Michaela Coel donne un grand coup pour faire avancer la conversation avec sa nouvelle série I May Destroy You. Celle qui s’est fait connaître pour la série Chewing Gum plonge dans sa propre expérience pour créer Arabella, une jeune autrice qui subit un viol après qu’on eut versé de la drogue dans son verre. C’est le début d’une prise de conscience sur la violence sexuelle qui prend des formes différentes selon la victime. L’incontournable télévisuel de l’été. À voir sur Crave.