Les flâneuses

Photo: Le Devoir
Odile Tremblay

La fable burlesque d’Elia Suleiman
​Avec sa dégaine à la Buster Keaton, son mutisme, son air ahuri, son humour tatiesque, le cinéaste-acteur palestinien Elia Suleiman trimballe sa silhouette et sa fable burlesque entre Nazareth, Paris et New York. Son film C’est ça le paradis ? (It Must Be Heaven), primé à Cannes en 2019, propose une série de capsules cocasses, surtout à Paris, où les mœurs locales parodiées — policiers en patins à roulettes, passantes apparemment sorties d’un défilé de mode — amusent follement. La partie new-yorkaise fut tournée à Montréal, reconnu en fond de scène. Sur le site du cinéma du Parc et en VSD.


Manon Dumais

Les 100 ans de Vian
​Décédé le 23 juin 1959, Boris Vian aurait eu 100 ans le 10 mars. Afin de souligner son 100e anniversaire, Paul et Gaëtan Brizzi, qui avaient déjà adapté en bédé L’automne à Pékin, font paraître chez Futuropolis une magnifique édition illustrée de L’écume des jours. Sous la forme d’exquises esquisses à la mine et à la cire, de délicats dessins évoquant tantôt les contes de fées, tantôt les tableaux de Van Gogh, et d’amples planches aux accents postapocalyptiques, les amours de Chloé et Colin, ainsi que la poésie et l’inventivité de Vian, n’auront jamais eu autant de grâce.


Louise-Maude Rioux Soucy

Des trouées dans le ciel
​Quand rien ne va plus, il reste encore quelques rares voix pour faire l’unanimité dans le cocon rendu trop étroit par la rigidité de nos printemps covidiens. Maude Audet et Philippe B. sont de cette eau-là, vifs et clairs, plus forts que les éléments. Cette semaine, ils sont venus percer le ciel obscurci de la douce-amère Couteau de poche enregistrée live chacun chez soi en complicité étroite avec les musiciens Mathieu Charbonneau, Joseph Marchand et Anna Frances Mayer. Pour les relier tous, l’illustratrice Mathilde Corbeil a imaginé une mise en image charmante et chaleureuse.


Amélie Gaudreau

Solidarités animales
​Certains animaux sauvages se sont faits plus visibles dans nos milieux urbains depuis le début de la pandémie, dont plusieurs que l’on croise dans le fabuleux Fantastique maître Renard, de Wes Anderson, qui n’a pas pris une ride ni perdu de sa pertinence plus de dix ans après sa sortie. La croisade d’un renard assagi (devenu journaliste !) revenant à sa nature chapardeuse, contre de méchants fermiers industriels qui veulent sa peau, devient celle de sa famille un peu dessoudée et de toute la communauté animale du coin. Un bel exemple de solidarité, avec une trame sonore d’enfer, qui se danse bien en famille. Sur la zone vidéo de Télé-Québec.