Le périlleux démontage de l’échafaudage de la flèche débute

Pour préparer cette opération périlleuse, outre l’installation d’une grue géante, un ceinturage de l’échafaudage avec des poutres métalliques a été réalisé il y a plusieurs mois, sur trois niveaux pour empêcher un éventuel écroulement. Un deuxième échafaudage léger s’élève de part et d’autre de l’ancien.
Photo: Philippe Lopez Agence France-Presse  Pour préparer cette opération périlleuse, outre l’installation d’une grue géante, un ceinturage de l’échafaudage avec des poutres métalliques a été réalisé il y a plusieurs mois, sur trois niveaux pour empêcher un éventuel écroulement. Un deuxième échafaudage léger s’élève de part et d’autre de l’ancien.

Fondu et déformé dans le spectaculaire incendie de Notre-Dame de Paris en avril 2019, l’échafaudage de la flèche de la cathédrale a commencé à être démonté lundi, une étape périlleuse mais indispensable du titanesque chantier de restauration.

Deux équipes de cinq cordistes, des spécialistes des travaux en hauteur, vont descendre au plus près des parties calcinées pour accomplir une délicate mission : découper, à l’aide de scies sabres, les tubes métalliques soudés les uns aux autres par la chaleur. Cet échafaudage de 40 000 pièces et de 200 tonnes, dont la moitié se trouve à plus de 40 mètres de haut, avait été installé avant l’incendie pour des travaux de restauration de la flèche désormais disparue.

Lors du sinistre, le 15 avril 2019, il avait résisté à l’effondrement de celle-ci, mais avait été particulièrement déformé et endommagé par le feu, au point de ressembler à une vaste toile d’araignée. Dès lundi matin, des ouvriers ont commencé à monter à l’intérieur de l’échafaudage, grâce à un ascenseur, pour des vérifications, sorte de « check-up final avant l’arrivée des cordistes », selon le délégué général de la fondation Notre-Dame, Christophe Rousselot.

« L’un des points clés est la stabilité de la voûte. Quand tout cela sera réglé, on sera très soulagés, car la cathédrale sera sauvée », explique-t-il, évoquant « une opération très sensible, très compliquée, avec un facteur de risque non négligeable ». « Il peut y avoir des morceaux qui tombent de l’échafaudage et fragilisent telle ou telle partie des murs de la cathédrale », a-t-il expliqué.

Pour préparer cette opération périlleuse, outre l’installation d’une grue géante, un ceinturage de l’échafaudage avec des poutres métalliques a été réalisé il y a plusieurs mois, sur trois niveaux pour empêcher un éventuel écroulement. Un deuxième échafaudage léger s’élève de part et d’autre de l’ancien. Des nacelles ont également été mises en place pour cette opération.

Objectif 2024

Cette opération doit se dérouler tout au long de l’été. Le chantier de Notre-Dame a connu de nombreux aléas entre l’instauration de mesures contre la contamination au plomb, des intempéries fin 2019 et la crise du coronavirus. Il a repris progressivement fin avril et, le 31 mai, le parvis de la cathédrale a rouvert. L’émotion planétaire suscitée par l’incendie avait poussé des mécènes et des quidams du monde entier à promettre plus de 900 millions d’euros pour la reconstruction. Emmanuel Macron a promis que la reconstruction devait être achevée d’ici 2024.

Rien ne permet pour l’heure de connaître la forme finale qu’aura la cathédrale restaurée. Plusieurs écoles s’opposent : faut-il reconstruire à l’identique la flèche dont l’avait dotée l’architecte Viollet-le-Duc au XIXe siècle ou doit-on oser un « geste architectural contemporain », comme l’avait souhaité Emmanuel Macron ? De ce côté-là, les idées ne manquent pas : flèche en verre, parc jardin biologique sur le toit ou terrasse panoramique pour les touristes.

Une reconstruction à l’identique a toutefois les faveurs de l’architecte en chef, Philippe Villeneuve, qui effectue les études de restauration et qui estime que c’est le scénario permettant de tenir plus facilement les délais.

Du côté de l’enquête préliminaire sur les causes de l’incendie, le procureur de Paris, Rémy Heitz, avait privilégié la piste accidentelle, évoquant une cigarette mal éteinte ou un dysfonctionnement électrique. Depuis, aucun élément nouveau n’est venu accréditer l’hypothèse criminelle, selon lui, mais les recherches doivent se poursuivre, sur la zone de départ de feu notamment, difficilement accessible. L’enquête est désormais confiée à trois juges d’instruction.