Les flâneurs

Photo: Le Devoir
Philippe Papineau

L’anti-show de cuisine d’Amy Schumer
En confinement, l’humoriste Amy Schumer a décidé de se lancer dans un projet d’émission de cuisine avec son mari, Chris Fischer, qui est chef. Si, dans les émissions du genre, tout est léché, Amy Schumer Learns to Cook a plutôt des allures de production étudiante, et c’est parfait ainsi. Les caméras sont un peu tout croches, les cadrages ne sont pas parfaits, les animateurs sont dépeignés, habillés en mou, nus pieds sur un tapis avec des miettes… Si on apprend réellement certaines recettes simples, on s’amuse plus à les voir interagir qu’à les voir cuisiner. Sur Food Channel.


Odile Tremblay

Ce que les aînés en disent…
La plateforme Tënk (Canada) invite à voyager par le regard des personnes âgées dans cinq documentaires. Le Château, de Denys Desjardins, fait voir jusqu’au malaise la vie de sa propre mère en résidence. La belle visite, de Jean-François Caissy, est une immersion dans une maison de retraite au bord du fleuve et Maison du bonheur, de Sofia Bohdanowicz, nous fait découvrir une septuagénaire montmartroise. À voir aussi BÀ NÔI, de Khoa Lê, pont poétique entre une grand-mère vietnamienne et son petit-fils venu la voir du Québec, et Inland Sea, du Japonais Kazuhiro Soda, une plongée dans un village et ses habitants âgés rescapés du temps.


Amélie Gaudreau

La relève tout court
La plateforme numérique Fabrique culturelle propose depuis quelques semaines de très courtes webséries d’étudiants du programme Télévision l’INIS (Institut national de l’image et du son). Pour cet exercice final, il leur fallait raconter une histoire en trois petits épisodes. Le pari est relevé avec panache dans Piégé, un efficace thriller d’horreur, dans Minuit l’heure du lunch, une comédie noire « bédéesque » bien baveuse, et dans French-moi, une autre comédie, qui se moque avec beaucoup de charme et un peu de fantaisie de l’accent de nos cousins français. Une petite heure qui révèle la relève de belle façon.


Manon Dumais

Une bibliothèque au charme suranné
Albert Cim (1845-1924) se passionnait pour les livres, tant pour leur contenu que pour leur contenant, ainsi que pour l’art de les acheter et de les ranger dans sa bibliothèque. Petit monument d’érudition truffé de locutions latines, de références à des auteurs tombés en désuétude et de commentaires pétris de préjugés qui hérissent, Une bibliothèque (Flammarion, 1902) reparaît aux Éditions Manucius dans une version contenant les trois principaux paragraphes. À lire pour se rappeler qu’« un livre doit être placé dans une bibliothèque de manière à n’être jamais cherché, mais tout simplement pris ».