Les flâneuses


Odile Tremblay

Poésie numérique

Une nouvelle exposition s’est posée au Centre Phi, Mirages & miracles, signée par Claire B & Adrien M, moins exubérante que les créations qu’on y voit habituellement, en noir blanc, mais avec une poésie subtile, tactile et mystérieuse. Des œuvres en réalité augmentée, grâce au concours d’une tablette, font pleurer les pierres, leur offrent des chevelures, des sillages ou des formes humaines pour l’escalader. D’autres en réalité virtuelle envoient des robots de filigrane danser avec vous. Claire Bardainne décrivait l’âme du parcours comme un « animisme numérique artificiel ». Joli !

 


Louise-Maude Rioux Soucy

Sublime papauté sorrentinienne
Blasphématoire, The New Pope, suite logique de la débridée série The Young Pope signée Paolo Sorrentino, sur HBO ? Sans doute, mais aussi profondément métaphysique, résolument baroque et éminemment réjouissante. Dans une débauche de plans sublimes, le cinéaste de la Grande Bellezza mêle profane et sacré avec une maestria — et un front ! — qui force l’admiration. En pape neuf, dandy et fragile, John Malkovitch est délicieux, tandis que Silvio Orlando reste irrésistible dans la peau du retors Voiello. Le délire n’est pas sans tics, il n’en est pas moins intelligent, déroutant, bluffant.


Diane Précourt

Refus de mémoire
1963. Débute alors le 2e procès d’Auschwitz sur les crimes des nazis. Eva Bruhns, une interprète de la langue polonaise, est appelée à traduire les témoignages des survivants du camp. Comme toute la génération vingtenaire de l’Allemagne d’après-guerre, la jeune Eva est confrontée au refus de mémoire d’une société qui a vécu un traumatisme. Elle y fera des découvertes troublantes, même sur sa famille. Le très bon roman d’Annette Hess, La maison allemande, est saisissant de justesse sur une époque, un régime barbare et un féminisme naissant.


Amélie Gaudreau

L’âge de la confusion

Le seuil de l’âge adulte est source d’angoisses multiples : peur de l’avenir (ou de l’absence de celui-ci), peur d’être rejeté, peur de ne pas être aimé, peur de ne pas être normal. Les craintes liées à la fin du monde, à l’amour et au désir sont au centre des préoccupations des personnages de Guide d’éducation sexuelle pour le nouveau millénaire, frétillante et adroite comédie d’Olivier Sylvestre. Trois cégépiens pris et épris l’un de l’autre à la veille du « bogue » de l’an 2000 se cherchent beaucoup et se trouvent un peu. Et le public en fait autant. À la salle Fred-Barry jusqu’au 7 mars.