Vers un nouveau cinéma au centre-ville de Québec

La coopérative Méduse à Québec
Photo: Francis Vachon Le Devoir La coopérative Méduse à Québec

Le diffuseur Antitube aura bientôt son propre cinéma dans le quartier Saint-Roch, dans les locaux de la Coop Méduse. La salle, baptisée Circuit Beaumont, doit ouvrir ses portes à l’hiver 2021. Elle mettra l’accent sur les nouvelles sorties québécoises, mais aussi sur le cinéma d’auteur étranger et sur les vieux films et les classiques, explique le directeur de programmation, Jason Béliveau.

« Quand on parle de cinéma d’auteur, on ne veut pas faire peur aux gens. On parle de films comme Kuessipan [de Myriam Verreault], Antigone [de Sophie Deraspe], de cinéma de qualité signé par un réalisateur ou une réalisatrice. On a vraiment cette volonté d’aller chercher le plus large éventail de public possible : le grand public, le cinéphile un peu plus initié, les familles, les étudiants. »

On est plus près du cinéma de quartier ou du cinéclub

Cet ajout n’est pas superflu pour les cinéphiles de Québec, qui composent avec une offre limitée depuis plusieurs années. Depuis la fermeture du cinéma Charest en 2011, il n’y a plus de salle dans le centre-ville. Pour voir des films sur grand écran, les cinéphiles ont le choix entre le cinéma Cartier en haute ville, Le Clap à Sainte-Foy ou les grands cinémas de banlieue.

« Ça fait 15 ans que je suis à Québec et, en tant que cinéphile, c’est une frustration constante », relate Jason Béliveau.

En 2012, l’homme d’affaires Christian Yacarinni avait voulu combler ce vide en ouvrant un complexe de plusieurs salles dans le quartier Saint-Roch, mais le projet de plusieurs millions de dollars n’avait pas abouti faute de financement.

Projet à petite échelle

La nouvelle salle sera située dans les locaux actuels d’Antitube, à l’intérieur de la coopérative d’artistes Méduse, dans la côte d’Abraham.

Avec une seule salle d’une quarantaine de places, le projet d’Antitube est à petite échelle, signale Jason Béliveau. « On est plus près du cinéma de quartier ou du cinéclub », précise-t-il.

Les sièges ne seront pas non plus fixes, comme dans une salle classique. « On veut aussi que la salle soit utilisée par le milieu pour une multitude d’activités, comme des lancements, des conférences, des cours d’acting, etc. »

La qualité des films n’aura toutefois rien à envier à d’autres salles pour ce qui est de l’acoustique ou de la qualité des projections, promet-il.

Hommage à Edmond Beaumont

Fondée il y a 25 ans, la coopérative d’artistes Antitube devait à l’origine avoir sa propre salle, rappelle Jason Béliveau. « L’idée, c’était d’avoir une Cinémathèque québécoise, mais à Québec ». Or le projet ne s’est jamais concrétisé, poussant Antitube à tabler sur des projections dans divers lieux, notamment au Musée de la civilisation.

Cependant, l’idée de départ avait subsisté. Aussi, quand le complexe Méduse a entrepris de grandes rénovations, Jason Béliveau et sa collègue, la directrice Catherine Pelletier, ont sauté sur l’occasion.

Leurs locaux administratifs étant pourvus d’une certaine hauteur, avec mezzanine, ils ont proposé de les convertir en une salle de projection et de déplacer les bureaux dans un espace adjacent.

Pour commencer, l’équipe prévoit de diffuser « environ deux à quatre projections par semaine ». « On peut choisir trois nouveautés et un classique et pendant, ce mois-là, c’est ce qui sera présenté. Au terme du mois, si un film marche particulièrement bien, on peut décider de le reconduire. »

Le nouveau cinéma portera le nom de Circuit Beaumont, en hommage à Edmond Beaumont, propriétaire de nombreux cinémas à Québec dans la première moitié du XXe siècle.