Les riches collections Baby et Melzack mises en ligne

Les archives Baby et Melzack sont disponibles par l’entremise de la plateforme Calypso.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les archives Baby et Melzack sont disponibles par l’entremise de la plateforme Calypso.

Deux précieux ensembles de documents sur l’histoire du Québec et du Canada sont désormais accessibles en ligne pour les chercheurs et les curieux. L’essentiel des collections Baby et Melzack, soit environ 55 000 pages de documents, a été numérisé et rendu accessible grâce au travail des Archives de l’Université de Montréal, en particulier de la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales (BLRCS). L’ensemble est disponible par l’entremise de la plateforme Calypso, que l’on aurait cependant pu espérer plus souple à l’usage.

Avocat né en 1832, Louis-François-Georges Baby sera ministre du Revenu de l’intérieur. Il est baigné dans un univers d’idées conservatrices proches de celles de George-Étienne Cartier. Baby doit surtout sa postérité à sa passion de la collection. Dès l’âge de 25 ans, il est en contact avec les érudits de son temps pour rassembler ce qu’on appelle alors « les vieux papiers ».

À force d’échanger avec tout un chacun, y compris le prince Roland-Napoléon Bonaparte, Baby finira par accumuler une des collections les plus exceptionnelles au pays : des centaines de livres rares, plus de 20 000 documents anciens, des tableaux, des médailles, lesquels couvrent surtout la période qui va du XVIIIe au XIXe siècle. Ce passionné sera, en 1857, un des fondateurs de la Société historique de Montréal.

Parmi les documents d’intérêt qu’il accumule, on trouve une lettre de Dominick Daly à G. H. Ryland sur l’aversion générale qu’inspire lord Durham. Ce lord britannique avait été envoyé dans les colonies canadiennes, après l’écrasement des soulèvements de 1837-1838, afin de rédiger un rapport où il concluait que le peuple français qui y vivait n’avait ni histoire ni littérature. On trouve aussi, dans les archives Baby, une lettre de 1651 du roi Louis XIV « pour nous establir en toute l’Amérique », de même qu’un manuscrit illustré du XVIIIe siècle consacré aux rencontres avec les Autochtones.

Sans descendance, Baby laisse à son décès en 1906 sa collection de documents d’archives, de livres rares, de gravures et d’estampes consacrée à l’histoire de son pays. Les archives sont léguées à l’Université Laval de Montréal, dont la succursale deviendra l’Université de Montréal. Elles constituent une des sources les plus riches consacrées à l’histoire qui va de la Nouvelle-France au début du XXe siècle.

La collection de Louis Melzack, collectionneur de livres et de documents anciens, a pour sa part été offerte à l’université en 1972. Elle comprend des imprimés, des documents d’archives et des manuscrits qui tendent à compléter la collection Baby.

Très riches, ces deux collections numérisées vont en principe beaucoup faciliter aux chercheurs les recherches des accès précieux vers des documents souvent peu connus.