Les flâneurs

Dominic Tardif 

C’est ma toune des Shirley !
Raillez tant que vous le voudrez la fréquence monomaniaque à laquelle CHOM s’engage dans l’escalier pour le paradis construit par Led Zeppelin en 1971, sa discothèque jadis calcifiée s’oxygène peu à peu depuis l’arrivée de l’animateur Pierre Landry, en mai 2018, dans le fauteuil du directeur musical. «C’est ma toune!» hurlait ainsi un journaliste qui réclame l’anonymat, en entendant dimanche dernier au 97,7 FM l’explosif riff de Korben Dallas, tiré de l’irrésistible premier EP du trio montréalais de punk pétillant Les Shirley (nom de groupe suave s’il en est). Rock est un mot qui, vraisemblablement, se conjugue toujours au présent.


Odile Tremblay

La ville selon Zïlon
Ceux qui ont manqué l’exposition Zïlon et le Montréal underground à l’Écomusée du fier monde, rue Atateken (Amherst), ont jusqu’au 1er septembre pour se rattraper. Et ce ne sont pas seulement les graffitis, dessins, vidéos, costumes et oeuvres sur tissu et sur plâtre de cet artiste si polyvalent et vibrant, émule de Warhol et de Basquiat, qui fascinent là-bas. Aussi, cette plongée dans le Montréal des années 1980 avec les folles nuits et les performances éclatées de tout un groupe d’artistes de la contre-culture à ses côtés aux Foufounes électriques ou ailleurs.


Philippe Papineau

Confit et «gelé »

Le musicien Navet Confit, toujours friand des laboratoires, a fait paraître au jour de la fête du Canada un disque assez particulier et conceptuel parce qu’entièrement «créé, enregistré, mixé, matricé et mis en marché sous l’influence du cannabis légal ». Intitulé Navet confit présente le Justin Trudeau Kinda Party, ce disque de 15 titres a été créé en trois jours par Navet et une vingtaine de potes «poteux». Ça part de tous les bords, de la chanson rock aux morceaux tapissés de cuivres, mais c’est là une belle curiosité assez pétée au CBD.

 


Ralph Elawani

L’âne de Carpizan

Son Excellence Célestin Purée doit « traverser une période de puberté tardive ». C’est qu’il les veut tous : les clercs, les enfants de choeur, les pères de famille, les gendarmes, l’armée. Mais Son Excellence est enceinte… et aussi en voie de changer de sexe ! Voici le prélude de L’âne de Carpizan, lui-même un prélude à la Révolution tranquille. Un conte voltairien signé par Raymond Goulet, en 1957, réédité cette année chez Moult (qui d’autre?). La preuve que l’humour du bas-ventre était plus drôle sous Duplessis. De là à s’ennuyer de la Grande Noirceur, n’ambitionnons pas sur le pain bénit.