Le Cirque du Soleil replonge dans sa jeunesse avec «Alegría»

Un numéro d’«Alegría»
Photo: Marie-Andrée Lemire Un numéro d’«Alegría»


Ils ont refait les costumes, réenregistré la musique avec de nouveaux instruments, embauché de nouveaux artistes, créé de nouveaux numéros. Mais le Cirque du Soleil replonge tout de même dans sa propre jeunesse en remontant Alegría, son grand succès de 1994, qui prend l’affiche sous le chapiteau du Vieux-Port de Montréal le 18 avril prochain. C’est Daniel Ross qui assure cette fois la direction artistique du spectacle, alors qu’il a été le régisseur de l’ancienne version en 1996. Jean-Phi Goncalvez a refait la trame sonore, à partir des mélodies signées à l’époque par René Dupéré. La musique originale d’Alegría, portée à l’époque par la voix doucement éraillée de Francesca Gagnon, avait eu un succès mondial.

Ensuite, ce sont deux chanteuses qui ont interprété les pièces, et ce sera encore le cas cette fois-ci. Les textes, comme dans la version originale, sont en français, en anglais, en espagnol, en italien et dans une langue inventée.

C’est la première fois que le Cirque du Soleil fait une relecture complète d’un ancien spectacle. « Le Cirque avait dix ans au moment de la création d’Alegría, dit Daniel Ross. L’équipe de création qui l’a élaboré travaillait ensemble depuis dix ans. C’est une équipe qui était soudée et qui n’avait plus besoin de se parler pour faire les choses. »

Le Cirque du Soleil a aussi maintenu une certaine sobriété dans la facture de ce spectacle sous chapiteau, du moins si l’on se fie aux numéros présentés à la presse mercredi. Il faut dire que 1994, c’était avant le grand déferlement technologique qui a secoué le monde. « On a décidé de garder ce côté-là, on ne voulait pas nécessairement de projection, poursuit Daniel Ross. On voulait vraiment se concentrer sur la performance, sur l’espèce de nostalgie et la mise en lumière de ce show. Il fallait que ça passe par les artistes, les performeurs, que l’on entende ce qu’eux ont à dire, ce qu’ils ont dans le coeur. » Alegría, c’est un cri d’allégresse, mais c’est aussi un cri qu’on lance pour se donner du courage dans des situations difficiles. Une situation qui demeure tout à fait contemporaine, dit M. Ross.

Plus haut niveau de performances

Côté performance, le monde du cirque a aussi beaucoup évolué depuis 1994. Les techniques se sont affinées, haussant d’un cran le niveau des performances. L’excellence du numéro de roue croisée présenté mercredi par l’artiste Jonathan Morin en témoigne.

C’est Dominique Lemieux qui signe de nouveau les costumes du spectacle cette année. « Elle a élaboré une descendance à ses personnages », dit M. Ross. Dans l’ensemble, la nouvelle mouture d’Alegría a tenté de respecter l’essence même du spectacle, plutôt que d’y appliquer une recette qui a fait ses preuves, ajoute-t-il.

Alegría

du Cirque du Soleil. À partir du 18 avril et jusqu’au 21 juillet sous le chapiteau du Vieux-Port de Montréal.