Les flâneurs

Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Image: Le Devoir Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Odile Tremblay

Le retour du Lambeau
Coiffé du prix Femina, Le lambeau (Gallimard), de Philippe Lançon, fait son retour sur les étals de nos librairies, où s’entassent des piles de ce magnifique livre-témoignage. La traversée d’épreuves et de lumière dans le milieu hospitalier de ce chroniqueur et critique, blessé et défiguré lors de l’attentat à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, éblouit par son style, son intelligence, sa hauteur de vues et son éthique personnelle. Le lambeau montre aussi à quel point les grandes œuvres littéraires et musicales qui accompagnent son retour à la vie peuvent être des phares dans la nuit.


Caroline Montpetit

Chanter la liberté
Le Soweto Gospel Choir se pose un soir à la Place des Arts samedi pour donner un spectacle en hommage à Nelson Mandela, qui aurait célébré son 100e anniversaire de naissance cette année. Au programme, on trouve autant divers chants de la résistance anti-apartheid et des chants qui racontent la vie de Nelson Mandela que des pièces de gospel ou des chansons contemporaines, comme le célèbre Hallelujah, de Leonard Cohen. On rendra aussi hommage à l’auteure-compositrice-interprète Aretha Franklin, décédée plus tôt cette année. Avec sa vingtaine de chanteurs, ses costumes colorés, son énergie communicative, le chœur sud-africain propose un antidote sûr à la dépression saisonnière.


Philippe Papineau

Laisser sa trace
Laisser sa trace, c’est facile, pour paraphraser la ritournelle pour enfants. Facile, mais parfois désolant, quand on regarde l’empreinte souvent permanente que laisse l’être humain sur son environnement. C’est ce qui se dégage de la puissante exposition Anthropocène, présentée au Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa. Menée par le trio formé d’Edward Burtynsky, Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier, l’exposition — qui prend aussi la forme d’un film et d’un livre — fait vivre des émotions contradictoires. On sent une grande tristesse de voir notre planète malmenée ainsi et, en même temps, il y a une grande beauté, voire une poésie qui se dégage de ces photos et de ces murales. À voir jusqu’au 24 février 2019.


Stéphane Baillargeon

La bête humaine
Le titre seul intrigue : La philosophie à l’abattoir. Le sous-titre renchérit : Réflexions sur le bacon, l’empathie et l’éthique animale. Il s’agit du 14e essai publié dans la collection « Documents » du magazine Nouveau Projet. Cette fois, l’analyse de Christiane Bailey et Jean-François Labonté traite de nos rapports aux animaux en présentant avec une clarté exemplaire les arguments éthiques, politiques et juridiques pour changer radicalement la manière humaine de les concevoir et de les traiter. La cause animale est une de celles qui se développent le plus rapidement, ne serait-ce que pour des questions écologiques. Le XXIe siècle sera profondément marqué par la lutte pour cesser d’exploiter les animaux, et ce petit livre fournit le manuel de base à ceux et celles qui veulent transformer le monde, ne serait-ce qu’un repas à la fois.