Les flâneurs

Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
Illustration: Le Devoir Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine.
François Lévesque 

Exercice de style
La mer Méditerranée, un magot en or massif, une bande de lascars en fuite, une artiste solitaire et une île isolée : tels sont les ingrédients de Laissez bronzer les cadavres. Coréalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani (les superbes Amer et La couleur étrange des larmes de ton corps), ce troisième long les voit s’éloigner du giallo horrifique au profit du poliziottesco, ou néo-polar italien, accents westerns et psychédéliques en prime. Niché mais virtuose. Au Cinéma du Parc du 21 au 23 septembre.


Caroline Montpetit

Après les apparences
Le film Nico, 1988 braque la caméra sur les dernières années de la chanteuse Nico, de son vrai nom Christa Päffgen, icône de la mode et du groupe Velvet Underground dans les années 1960. La réalisatrice du film, Susanna Nicchiarelli, la suit dans sa brutale plongée derrière les apparences. Comme titubant sur un fil de fer, habitée par sa dépendance à l’héroïne, la chanteuse à la voix gutturale rejette l’image de star qui lui a toujours collé à la peau pour faire vivre sa propre musique, dans des conditions, physiques et financières, difficiles. La comédienne danoise Trine Dyrholm tient le rôle de la chanteuse lors de l’une de ses dernières tournées en Europe de l’Est et a même réenregistré ses chansons.


Louise-Maude Rioux Soucy

Un amour de monstre
Le bel album Moi, ce que j’aime, c’est les monstres agit comme un irrésistible appât. Sa seule vue attire tous les regards ; ceux qui s’aventurent dans ses premières planches sont vite emportés par sa morsure prodigieuse. De ses stylos billes multicolores, Emil Ferris a tiré un drame familial hors norme qu’elle explore à travers les méandres de l’imaginaire débridé d’une fillette de dix ans qui préfère les créatures de l’ombre à la réalité crue de son quotidien dans le Chicago des années 1960. On est sidéré par la richesse de son univers distillant la férocité des vivants avec une acuité qui tout à la fois blesse, trouble et émeut.


Amélie Gaudreau

Gérer la nouveauté
La 2e saison de la comédie dramatique Atypique (Atypical, en V.O.), qui suit encore la quête d’indépendance de Sam, un jeune homme atteint d’un trouble du spectre de l’autisme, s’avère toujours fort amusante et émouvante, en plus de pousser un peu plus la réflexion sur ce qu’est la normalité, alors que les proches du personnage central doivent faire face à des situations nouvelles qui les déstabilisent énormément… En prime, on a multiplié le nombre d’acteurs réellement atteints de ce trouble, qui ajoutent un supplément d’âme à l’ensemble. Sur Netflix.