Les flâneurs

Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine
Image: Le Devoir Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine
Caroline Montpetit

#MoiAussi au théâtre
Chapeau bas à Raymond Cloutier dans Oleanna, présentée à la salle Alec et Gérard Pelletier de Sutton. Un homme, professeur d’université accompli et fat, sur le point de devenir doyen, se confronte à une jeune étudiante complexée qui finira par l’accuser d’agression sexuelle. Au fil des actes, Cloutier et Gwendoline Côté se rapprochent, se mesurent et se détruisent. Plus de 25 ans après sa création en 1992 par David Mamet, la pièce est d’une pertinence aiguë, dans la foulée du mouvement #MoiAussi. Ici, ce sont deux êtres humains qui s’affrontent, imparfaits, devant un public qui en sort lui-même déchiré.


Philippe Papineau

Il ne danse pas
Le musicien Carl-Éric Hudon a fait paraître sans tambour ni trompette un mini-album de quatre titres il y a un peu plus d’un mois. Lui qui sait plutôt y faire avec le folk expérimente ici les sonorités et les approches électroniques. Le titre donne le ton : Je ne danse pas. C’est électro mais lent, minimaliste et tristounet. Bref, les chansons se déploient à la vitesse du ventilateur qui oscille en canicule. Il livre sur le EP deux chansons originales et deux reprises de pièces d’amis, Hugo Bourcier et le groupe Moussette. Je ne danse pas existe en version numérique seulement, sur toutes les plateformes, dont Bandcamp et iTunes.

 


Louise-Maude Rioux Soucy

Nos sœurs bien-aimées
Il y a beaucoup de sagacité dans Tricotées serrées, ce rafraîchissant rendez-vous des sœurs Eugénie et Magalie Lépine-Blondeau qui nous plonge dans l’alcôve émotionnellement chargée de la sororité. À la réalisation, Marie-Michèle Giguère manie les aiguilles avec doigté, serrant les liens entre les invités qui apportent leurs points de fantaisie à cette courtepointe fraternelle. Diffusée les dimanches à la Première Chaîne (aussi en balado), Tricotées serrées fait du bien, tirant autant de larmes que de sourires. Du très doux à se mettre à l’oreille, mais qui ne craint pas de râper à l’occasion, quand et où il le faut.


Valérie Duhaime

Dans les bras de don Quichotte
Pour certains, l’été est le temps de se la couler douce un polar à la main. Pour d’autres, les moments volés au quotidien prennent la forme d’un temps privilégié pour se plonger sans compromis dans une de ces briques que l’on se promet de lire un jour, « quand on aura le temps ». Cet été, c’est celui de L’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, une satire médiévale faite d’idéalisme irrésistible. Mais attention : si vous passez trop de temps dans les bras de don Quichotte, peut-être vous fabriquerez-vous aussi un casque en carton pour aller sauver les miséreux. Un risque, certes, mais qui vaut le coup.