Nouvelle infestation de punaises de lits à la Grande Bibliothèque

L’ensemble des services offerts par la BAnQ sont encore accessibles et les sections ouvertes sont sécuritaires, précise la directrice générale.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir L’ensemble des services offerts par la BAnQ sont encore accessibles et les sections ouvertes sont sécuritaires, précise la directrice générale.

Aux prises avec des épisodes récurrents d’invasion de punaises de lit, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a cette fois été obligé de fermer plusieurs sections de son établissement face à l’ampleur du problème.

« C’est la première fois qu’on est obligé de fermer des sections en treize ans de vie. On n’en a pas trouvé partout, mais c’était mieux à titre préventif, pour ne pas mettre les gens à risque », explique la directrice générale de la Grande Bibliothèque, Danielle Chagnon.

Dans les derniers jours, un nombre inhabituel d’insectes ont été retrouvés sur plusieurs fauteuils de l’édifice de la rue Berri à Montréal, « bien plus que lors des derniers épisodes » d’infestation de punaises de lits.

La direction a fait appel à des firmes de traitement pour se débarrasser de ces petits parasites qui se propagent à grande vitesse dans la métropole. Le protocole habituel, qui consiste à isoler le secteur touché et à faire appel à un exterminateur, n’a cette fois pas été suffisant face à leur grand nombre.

« On a décidé de retirer tous les fauteuils pour éviter toute possibilité qu’un usager s’y assoie et en transporte ailleurs. On prévoit de les remplacer par des chaises, mais ça peut prendre un peu de temps. »

Une solution provisoire qui pourrait bien devenir permanente, selon Mme Chagnon. « C’est sûr que des chaises, c’est moins confortable que les fauteuils qu’on avait, mais […] on va évaluer le tout. Considérant la situation à Montréal, peut-être qu’il est temps de revoir notre mobilier. »

Si certains secteurs avaient déjà été rouverts mardi soir, d’autres seront encore fermés pendant quelques jours, le temps de louer assez de mobilier pour accueillir les clients.

La directrice générale de la Grande Bibliothèque a précisé que l’ensemble des services offerts sont encore accessibles et que les sections ouvertes sont sécuritaires.

Un fléau

Avec un achalandage de 7000 à 8000 visites par jour, il n’est pas étonnant, « malheureusement », que la Grande Bibliothèque rencontre ce type de problème, selon la directrice générale. « Les punaises de lit, c’est un problème dans tout Montréal, et les édifices publics qui ont un fort achalandage n’y échappent pas », dit-elle.

Disparues dans les années 1950, les punaises de lit ont fait leur grand retour au début des années 2000 dans les grandes villes occidentales, affectant de nombreuses personnes.

Selon une enquête menée par la Direction de santé publique (DSP) de Montréal, près de 3,5 % des ménages locataires sur l’île avaient déclaré avoir eu des punaises de lit dans l’année 2016-2017. Cela représente près de 18 000 ménages locataires au total, sans prendre en compte les propriétaires et les habitants de HLM. Des chiffres qui restent relativement stables depuis plusieurs années, d’après le Dr David Kaiser de la DSP.

Et avec autant de ménages infectés dans leur domicile, « il est normal de retrouver des punaises aussi dans des lieux publics comme le métro, les autobus, les écoles et bibliothèques », ajoute le Dr Kaiser.

Si aucun quartier de la métropole n’est épargné, l’épidémie apparaît toutefois plus importante dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Montréal-Nord, le Sud-Ouest, Ville-Marie ou encore Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Le Dr Kaiser fait aussi remarquer que les ménages locataires sont plus touchés par ce fléau. La période des déménagements au début du mois de juillet augmente particulièrement le risque de propagation des punaises de lit.

« Souvent, on va en emmener en déménageant, ou on en découvre après coup dans un nouveau logement alors qu’elles étaient invisibles en visitant. »