Espiègleries et rires d’enfants

Adkins apparaît en complet pour jongler avec des balles, enfiler une série de caleçons en un seul saut, traverser la scène au sommet d’une échelle, accompagné par les percussions et les bruits fabriqués par sa complice.
Photo: Sarah Xenos Adkins apparaît en complet pour jongler avec des balles, enfiler une série de caleçons en un seul saut, traverser la scène au sommet d’une échelle, accompagné par les percussions et les bruits fabriqués par sa complice.

Si le cirque est depuis longtemps associé au monde de l’enfance, les petits ont parfois peu à se mettre sous la dent quand vient le temps des festivals, tournés vers les formes contemporaines et exploratoires venues des quatre coins du globe.

Avec Espièglerie, créé par l’artiste clown canadien Jamie Adkins, c’est tout le contraire. Dans une forme inspirée de la pure tradition du bouffon circassien, Adkins incarne une fois de plus le clown rouge, l’auguste, le maladroit sympathique. Un genre de Buster Keaton du troisième millénaire.

Celui qu’on a découvert en 2008 avec Circus Incognitus revient sur la piste de la TOHU, après avoir roulé sa bosse un peu partout dans le monde, et se présente cette fois non pas en solo mais en tandem pour former une drôle de paire avec une joueuse de tuba qui en mène large.

Les basses du gros cuivre dictent d’ailleurs toute la performance du drôle de couple, et participent à leur dialogue. Au son d’airs connus, le bouffon rate ses entrées, s’empêtre dans son matériel, trébuche sur tout ce qui bouge et multiplie les entrées ratées en monocycle, reprenant le rôle séculaire du clown gauche. Dans la salle, les petits rigolent à gorge déployée devant ces espiègleries.

La guerre pour l’attention du public se joue à coup de couacs et de numéros ratés. Dans un deuxième temps, Adkins apparaît en complet pour jongler avec des balles, enfiler une série de caleçons en un seul saut, traverser la scène au sommet d’une échelle, accompagné par les percussions et les bruits fabriqués par sa complice.

La prestation d’une heure se termine par un numéro de corde molle, seule performance vraiment athlétique où Adkins déambule, jongle avec balles et cerceaux, canne à la main.

Espièglerie ne réinvente rien, recycle des trucs vieux comme le monde, mais il semble faire mouche auprès des petites têtes blondes qui s’esclaffent à tous moments. Le spectacle, qui marquera des points auprès des enfants de 5 à 9 ans, apparaît toutefois un peu long sur la fin pour les plus petits.

Outre cette formule classique, Montréal complètement cirque innove par ailleurs cette année côté bambins en présentant à six reprises Le mobile, créé par la troupe québécoise La marche du crabe. Une prestation toute en douceur de 30 minutes, en comptines et en musique, faite sur mesure pour les bébés, à déguster le matin à 9 h 30 ou à 10 h 30, collé contre papa ou maman.