L’agent Jean et sa bande envahissent le petit écran

L'auteur Alex A. n’exclut pas de faire des recoupements entre l’agent Jean des livres et celui du petit écran.
Photo: Tou.tv L'auteur Alex A. n’exclut pas de faire des recoupements entre l’agent Jean des livres et celui du petit écran.

Avec plus de 800 000 albums vendus de L’agent Jean depuis 2011, personne ne pourrait douter qu’Alex A. ait été courtisé par plusieurs maisons de production souhaitant transposer les loufoques aventures du cerf Jean Bon en dessin animé. Parmi toutes les propositions, il n’est pas étonnant que ce soit celle de Frima, studio de divertissement de Québec, notamment connu pour sa série animée MaXi, du scénariste Louis Patalano et du réalisateur André Kadi, qui ait été retenue. « Chez Frima, on comprend le dessin animé humoristique et moderne », affirme avec conviction Alex A.

Alors que MaXi se déclinait en 26 épisodes de 11 minutes, la série animée inspirée des albums de L’agent Jean prend la forme de 10 capsules de 90 secondes où l’on retrouve Jean (voix de Pier-Luc Funk), Bulle (Sarah-Jeanne Labrosse), Martha (France Castel), WXT (Martin Watier), Farine (Hugolin Chevrette), Tiberius (Manuel Tadros, aussi directeur de plateau) et plusieurs autres personnages de l’univers coloré d’Alex A.

« Plutôt que de s’embarquer dans une mécanique de production d’environ un an et demi comme pour MaXi, on voulait arriver avec une première proposition rapidement. On a alors opté pour un format qui nous permettait une bonne première entrée sur les platesformes numériques et un retour rapide des fans de l’agent Jean », explique Renaud Sylvain, producteur chez Frima.

Sept ou huit personnes ont, pendant six mois, mis au monde L’agent Jean : comment sauver le monde en 90 secondes. Écrite par Louis Patalano et réalisée par André Kadi, la série de capsules propose diverses aventures parallèles à celles des albums d’Alex A.

« J’ai eu la chance de beaucoup travailler avec Alex, de discuter de son univers, de m’initier à la folie de l’agent Jean, donc ça n’a pas été difficile de transposer ses aventures, confie le scénariste. Chez Alex, on sent beaucoup l’influence des jeux vidéo, et moi, ça me parle beaucoup parce que j’y ai travaillé longtemps. J’écris les scénarios et ensuite, je les travaille avec André afin que les 90 secondes soient punchées. On veut vraiment que la réalisation et l’écriture travaillent main dans la main. Par la suite, on regarde avec Alex et on apporte des modifications au besoin. »

« C’est fou comme l’univers [de l’agent Jean] est riche ! s’exclame le réalisateur. Le défi passionnant de travailler avec Alex, c’était d’explorer l’origine de ses personnages, de leur prêter une voix, de les faire parler de manière à ce qu’ils restent élégants et gardent toute l’énergie qu’ils ont dans la bédé. Avec Alex et Louis, j’ai suggéré qu’on ajoute des décors, des mouvements de caméra, que ce soit plus cinématographique. Il nous a vraiment laissés ajouter tous ces éléments à son univers afin que ça réponde à nos besoins pour le dessin animé. C’était aussi intéressant d’avoir ses impressions lorsqu’on a fait le casting. »

« Je n’avais pas de voix précise en tête pour l’agent Jean, avoue Alex A. Tout ce que je savais, c’est que je ne voulais pas de voix trop aiguë, le genre de voix qui tape sur les nerfs des parents. Je voulais une voix smooth, naïve, de jeune adulte plutôt qu’une voix d’enfant dans le tapis. J’ai donc trouvé que Pier-Luc Funk était un bon choix. En plus, on m’a donné la chance d’assister à la première séance d’enregistrement en studio. J’ai donc pu coacher certains comédiens, ce qui était vraiment cool. »

Vases communicants

Les échos étant plus que favorables pour les capsules de Louis Patalano et d’André Kadi, tout porte à croire que les albums de L’agent Jean pourraient être adaptés dans un autre format pour la télé. Un long-métrage et un jeu vidéo avec ça ?

« Tout est sur la table quand on parle de contenu, lance le producteur. En animation, à partir du moment où on crée les personnages, les décors, ils existent et ils vont vivre dans le temps. Pour l’agent Jean, tout est maintenant possible, mais on préfère y aller une étape à la fois. Avec Alex, son éditeur, l’équipe de Frima, on est en train de déterminer quelle est la meilleure forme de contenu pour l’agent Jean. »

« On avait décidé de faire deux univers parallèles. Si la série complète en demi-heures voit le jour, les capsules seront incorporées dans l’histoire. Il y a deux agents Jean qui vivent en parallèle, mais qui pourraient éventuellement communiquer. On a fait ça pour se donner la liberté de pouvoir faire ce qu’on voulait. Ce qui arrive dans la série télé n’influence pas ce qui arrive dans les livres et vice versa, mais j’aime beaucoup les univers étendus… je pourrais donc faire allusion subtilement à quelque chose qui se serait passé dans la série. En fait, je suis pas mal sûr que ça va arriver », annonce Alex A.

Quant aux Expériences de Mini-Jean et à L’univers est un ninja, pourraient-ils aussi voir le jour en dessin animé ? « Pour l’instant, on est dans l’agent Jean et on essaie de voir toutes les possibilités. J’attendrais donc avant de me lancer dans des projets d’adaptation des autres séries. Je ne suis pas pressé et je suis vraiment heureux de mes livres. Le dessin animé, c’est juste du bonus », conclut Alex A.

Le méchant Farine devient agent secret

Le même jour où les capsules de l’agent Jean débarquent sur Tou.tv paraît le tome 3 de la saison 2 des aventures de l’agent Jean, L’ADN de l’impossible. Fidèle à lui-même, Alex A. nous réserve bien des surprises et des rebondissements dans ce nouveau volet où le criminel Farine fait son entrée à l’agence.

« Je voulais explorer l’arc de Farine que je trouve bien intéressant au niveau du comique et du tragique. Comme on ne l’avait pas beaucoup vu, je me suis dit que je ferais un album presque complet sur lui. C’est la suite logique de ses aventures ; c’est un méchant qui ne l’est pas tant que ça, qui a peut-être un bon fond et qui n’est pas doué. Comme l’agence n’aime pas punir les méchants, elle tente de faire de lui un personnage utile pour la société », explique l’auteur.

Tout n’est pas de tout repos à l’agence puisque Henry et son cerveau psychopathe Julien-Christophe croient que Martha est en réalité une supervilaine déguisée. « Dans mes plus récents livres, je m’amuse beaucoup à explorer mes autres personnages plutôt que de juste suivre l’agent Jean. Martha agissant bizarrement depuis quelques livres, j’ai alors pensé à cette histoire où Henry, la soupçonnant de quelque chose, enquête sur elle. »

Jusqu’à la dernière case, Alex A. décontenancera ses fidèles et nombreux lecteurs. « Il y a un gros tournant à la fin que personne ne verra venir et qui va pas mal changer la dynamique à l’agence. J’ai beaucoup d’idées pour la suite de la saison qui vont pas mal chambouler de choses. J’aime ça quand ça bouge ! » C’est le moins qu’on puisse dire !

L’Agent Jean – saison 2 – tome 3, L’ADN de l’impossible
Alex A., Presses Aventures, Montréal, 2018, 104 pages.

L’Agent Jean : comment sauver le monde en 90 secondes

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