La réappropriation d’un monde

L’artiste séminole Sterlin Harjo participera à la projection de son film «Mekko» (photo), qui a été tourné avec la participation de la communauté itinérante de Tulsa, en Oklahoma.
Photo: Source Présence autochtone L’artiste séminole Sterlin Harjo participera à la projection de son film «Mekko» (photo), qui a été tourné avec la participation de la communauté itinérante de Tulsa, en Oklahoma.

Saucisse de bison, soupe à la roche, défilé de l’amitié nuestoamericana, réflexion artistique sur l’abattage des frênes, projections cinématographiques, le festival Présence autochtone se tiendra du 3 au 10 août prochain sur la place des Festivals de Montréal, à l’Université Concordia, à l’UQAM et à Kahnawake. C’est le film 100 Tiki, de l’artiste samoan Dan Talappapa McMullin, qui ouvrira cette 26e édition du festival.

100 Tiki utilise le cinéma d’animation dans un processus de réappropriation d’images des autochtones du Pacifique Sud utilisées à travers l’histoire du cinéma, de la publicité, du colonialisme, du tourisme et des essais militaires.

Plusieurs réalisateurs seront présents au festival pour accompagner la projection de leur film. C’est le cas de l’artiste séminole Sterlin Harjo, qui participera à la projection de son film Mekko, qui a été tourné avec la participation de la communauté itinérante de Tulsa, en Oklahoma.

Le festival sera également l’hôte de la première mondiale du film Le cercle des nations, un film choral, qui sera également présenté dans le cadre du Forum social mondial.

La projection de ce film, constitué de courts métrages réalisés par des communautés autochtones de différents pays, sera précédée d’une conférence sur le thème « Les cinémas autochtones : affirmation culturelle et réconciliation ». Cette conférence est l’initiative du Réseau international de création audiovisuelle autochtone (RICAA).

Exposition

Du 14 juillet au 3 septembre, Présence autochtone présente également l’exposition Pulpe Fiction de l’artiste abénaquis Sylvain Rivard, en collaboration avec la Guilde canadienne des métiers d’art.

Sylvain Rivard dit vouloir « créer un art ethnologique actuel » en « utilisant des techniques anciennes et des matériaux mixtes, comme le papier et l’écorce ».

Sur la place des Festivals, les vendredi 5 août et dimanche 7 août, Rivard animera une activité de travail traditionnel de transformation du frêne. « Pour les Abénaquis, dont la culture matérielle est intimement liée à l’utilisation de l’arbre, la rareté de la ressource, induite par l’agrile, prend une figure encore plus dramatique. Mais, paradoxalement, l’abattage préventif de nombreux frênes y est aussi vu comme une possibilité d’approvisionnement et de ressourcement culturel », peut-on lire dans le communiqué du festival.

Parallèlement, une exposition d’art itinérante sur les insectes et les animaux se posera à Montréal, en provenance de la communauté autochtone naskapie de Kawawachikamach. L’exposition explore les relations entre insectes, plantes et humains à travers deux espaces, l’espace urbain de Montréal et celui, rural et subarctique, de la nation naskapie de Kawawachikamach.

Pour ce qui est des concerts, le groupe Digging Roots, qui a gagné un prix Juno pour son album For the Light, chantera en anishinaabemowin et en anglais le 4 août. Le chanteur innu Shauit, qui s’inspire également du reggae, sera à l’affiche le lendemain. Alexander Jerome, alias DJ XS7, anime une soirée électrochoc le samedi 6 août. Enfin, Logan Staats, auteur-compositeur-interprète mohawk, et le groupe Kawandak prennent l’affiche le 7 août.

En collaboration avec Recherches amérindiennes au Québec, l’anthropologue Rémi Savard lancera quant à lui son livre Carcajou à l’aurore du monde. Fragments écrits d’une encyclopédie orale innue, à la librairie Zone libre.