Le plus grand rassemblement de la décennie

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
La croix de l’Évangélisation, symbole du CAM V, est arrivée à Montréal en octobre 2015 et entamera un voyage à travers le Canada au cours des prochaines semaines.
Photo: José I. Sierra OPM Canada La croix de l’Évangélisation, symbole du CAM V, est arrivée à Montréal en octobre 2015 et entamera un voyage à travers le Canada au cours des prochaines semaines.

Ce texte fait partie du cahier spécial Religion

« Amérique en mission, l’Évangile est joie ! » Voilà le slogan que scanderont des milliers de fidèles à l’occasion du cinquième Congrès missionnaire de l’Amérique. Organisé par les Oeuvres pontificales missionnaires (OPM) et tenu à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie. L’événement de juillet 2018 se voudra l’un des plus importants rassemblements à caractère missionnaire de la décennie.

Désigné comme le CAM par l’Église missionnaire du continent américain, le Congrès missionnaire de l’Amérique est tenu environ tous les quatre ans. À chacune de ses éditions, il poursuit un triple objectif : rassembler des personnes engagées dans la Mission, discuter des défis et des expériences que cette dernière engendre et célébrer la propagation de la foi.

Rassemblant aujourd’hui des délégués de tous les pays compris entre le Canada et l’Argentine, le CAM trouve ses racines dans le Congrès missionnaire latino-américain qui fut tenu pour la première fois à Torreón au Mexique en 1977.

« Au départ, c’était un événement qui était organisé par les OPM au Mexique et qui s’adressait principalement aux Mexicains », indique M. José Sierra, chargé des communications pour les OPM et rédacteur en chef de la revue Univers.

« Petit à petit, des gens d’ailleurs se sont mis à y participer, poursuit-il. C’est donc devenu un congrès s’adressant à toute l’Amérique latine. Puis, en 1999, des délégués du Canada et des États-Unis y ont été invités pour la première fois. À partir de ce moment-là, on les a donc appelés Congrès missionnaires de l’Amérique (CAM). »

Un thème et un symbole significatifs

Pour cette cinquième édition, les OPM de Bolivie, responsables de l’organisation de l’événement, ont choisi de tenir le congrès sous le thème La joie de l’Évangile : coeur de la mission prophétique, source de réconciliation et de communion. Ils ont aussi imaginé un slogan officiel : «Amérique en mission, l’Évangile est joie !»

« C’est un thème qui est étroitement lié à l’exhortation apostolique du pape François, Evangelii Gaudium, qui est aussi connue comme La joie de l’Évangile. Le but est de souligner que pour annoncer le Christ ou faire mission, la joie est un bon moteur. C’est aussi un thème qui met en lumière deux éléments qui tiennent à coeur aux Boliviens actuellement. Puisque là-bas, concilier l’État et l’Église est difficile, les OPM ont décidé de mettre un certain accent sur l’importance de la réconciliation et de la communion », explique M. Sierra.

Dans le même esprit, pour représenter l’événement, les organisateurs du CAM se sont approprié un symbole qui leur est cher : la croix de l’Évangélisation. Comme les racines missionnaires de la Bolivie se trouvent dans le département de Santa Cruz, où sera justement tenu le congrès, le choix de cette dernière s’est imposé naturellement.

« Les organisateurs ont pensé à reproduire la première croix que les Jésuites ont plantée à San Javier, un petit village qui est situé dans la région de Chiquitos [dans le département de Santa Cruz]. C’est une croix qui est en bois et qui mesure un peu plus de deux mètres. Ils ont demandé à des artisans locaux d’en construire une quarantaine pour pouvoir en offrir une à chacun des 18 diocèses boliviens et aux 22 pays d’Amérique qui participeront au congrès. Ils ont aussi fait incruster dans le bois de ces croix des reliques de Nazaria Ignacia March Mesa, la première personne à fonder une communauté missionnaire en Bolivie », précise M. Sierra.

Les 40 croix de l’Évangélisation ont été bénies par le pape François lors de son passage en Bolivie en juillet dernier. La bénédiction a eu lieu devant plus d’un million de personnes lors d’une messe présidée par le Saint-Père.

« C’est ce qui a donné le coup d’envoi officiel du parcours vers le CAM 5, souligne M. Sierra. Depuis, nous avons reçu notre croix. Nous la gardons pour l’instant à notre bureau national [situé à Montréal], mais elle commencera bientôt à se promener un peu partout au Canada pour que les gens puissent la voir. »

En mode préparatoire

Depuis la bénédiction des croix de l’Évangélisation en juillet dernier, déjà deux symposiums internationaux de missiologie ont été tenus en vue du CAM de 2018. Le premier d’entre eux a eu lieu à Porto Rico en 2015 et l’autre en Uruguay en mars dernier auxquels ont participé des délégations canadiennes. Les conclusions de ces symposiums seront utilisées pour produire un texte d’orientation qui servira d’assise au congrès de 2018.

« Ce sont les seuls symposiums internationaux de missiologie qui auront lieu d’ici le CAM, relève M. Sierra. Par contre, les organisateurs de l’événement vont tenir un congrès missionnaire national en Bolivie en 2017 et ils invitent les autres pays d’Amérique à faire de même. L’objectif est que chacun se penche sur ses propres défis et réalités afin de se préparer au CAM. »Si tout se passe comme prévu, les OPM basées au Canada tiendront elles aussi un congrès national en 2017, mais la chose reste à confirmer.

Actives sur cinq continents et dans quelque 140 pays – dont le Canada —, les OPM ont leur siège à Rome et dépendent de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. Au nombre de quatre, elles ont toutes des missions distinctes, mais partagent une visée commune : promouvoir l’esprit missionnaire et universel. Cela se traduit principalement par l’information, l’animation et la promotion des vocations missionnaires, ainsi que par la collecte et la distribution de subsides aux missionnaires, à leurs oeuvres et aux jeunes Églises.

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