Un festival complètement givré

Un sculpteur sur glace au parc de la Confédération, à Ottawa, durant le Bal de neige.
Photo: Patrimoine canadien Un sculpteur sur glace au parc de la Confédération, à Ottawa, durant le Bal de neige.
Le mois de février est le plus froid de l’hiver. Qu’à cela ne tienne, Ottawa et Gatineau déploient dès vendredi leurs sculptures de glace plus vraies que nature, leurs glissades géantes et leur patinoire infinie afin de plonger tête première dans la démesure du Bal des neiges.


Pour une 38e année, la région de la capitale canadienne prend des airs de fête à l’occasion du traditionnel Bal des neiges qui rassemble « les forces vives de la région ».

Au menu : romantique promenade en patin sur la surface gelée du canal Rideau, glissades ricaneuses au Domaine des flocons et émerveillement garanti devant les prouesses sculpturales des artisans des Reflets des glaces.

« L’idée est de célébrer les traditions hivernales et la culture canadienne », précise Anne Tanguay, porte-parole de Patrimoine canadien, l’organisme promoteur de l’événement. C’est aussi l’occasion pour petits et grands de renouer avec les plaisirs de l’hiver et, pour les plus frileux, de faire la paix avec notre identité nordique.

Si toute la ville revêt ses plus beaux atours jusqu’à la mi-février — du Musée des beaux-arts au Musée canadien d’histoire, en passant par le Marché By —, trois sites ont été choisis pour être le théâtre du plus important de la programmation.

La majorité des activités se tiennent donc au parc Jacques-Cartier, au parc de la Confédération et sur la surface scintillante du canal Rideau. Nouveauté cette année : les deux parcs ont été aménagés sur les thèmes de la découverte du Grand Nord canadien et de la faune et de la flore, question d’accoler à la fête un pan pédagogique.

Seul site du côté québécois, le parc Jacques-Cartier se transforme donc, une fois de plus, en Domaine des flocons. Lieu de prédilection des tout-petits, il a été complètement enneigé et métamorphosé en zone ludique pour l’occasion, l’esplanade cédant sa place aux glissades et autres palissades gelées.

Cette fois-ci encore, c’est aussi là que la famille Glamotte, les « fameuses mascottes du Bal », a élu domicile.

Les plus jeunes auront également la chance de s’initier au ski alpin, de tâter le terrain en trottinette des neiges ou de se sucrer le bec au Coin des érables. « Il s’agit du plus grand site de jeux de neige en Amérique du Nord, affirme Anne Tanguay. Et comme mère de deux jeunes enfants, je peux vous assurer que les petits adorent ! Mais rien n’empêche une personne de 90 ans de se prêter au jeu si elle en a envie. »

Les plus vieux préféreront sans doute les installations du parc de la Confédération, qui prendra des allures de champ de bataille au cours des premiers jours, alors que se tiendra l’une des plus importantes compétitions de sculptures de glace.

Des participants des quatre coins de la planète viennent chaque année se frotter aux immenses blocs de glace du Bal des neiges dans le but de révéler leurs plus beaux atours. Cette fois-ci, les artisans devront s’inspirer du thème de la faune et de la flore canadienne pour donner vie à leur bloc de glace.

Une fois la nuit tombée, le site prendra des allures de piste de danse extérieure pour la série de concerts Sous-Zéro. Nouveauté : les traditionnels DJ seront rejoints sur scène par une flopée d’artistes bien de chez nous, dont l’électropop Misteur Valaire et le duo Whitehorse.

Gregory Charles sera pour sa part la tête d’affiche du coup d’envoi des festivités vendredi soir. « Ça faisait quelques années déjà qu’on souhaitait amorcer ce changement, explique Mme Tanguay. C’est chose faite, les artistes sont de nouveau à l’honneur, pour notre plus grand plaisir. »

Les installations du canal Rideau — « la plus longue patinoire extérieure au monde » — devraient elles aussi ravir le public jusqu’à la mi-février. Au programme : course de lits modifiés (un classique qui fête ses 36 ans cette année), parties de hockey et exposition en plein air.

Intempéries imprévues

Et si la température clémente des derniers jours a mis sur la glace la programmation du célèbre canal, rien n’est encore tout à fait tombé à l’eau.

Le côté capricieux de l’hiver qui, tantôt timide, tantôt impétueux, nous en fait voir de toutes les couleurs depuis quelques semaines, ne donne pas froid aux yeux aux organisateurs. Si la météo décide donc de faire des siennes, l’équipe du Bal des neiges est fin prête à s’ajuster.

« Depuis 1979, on peut quand même dire qu’on a développé une certaine expertise, lance en riant la porte-parole de Patrimoine canadien. Avec le temps, nous avons appris à nous adapter aux intempéries, ce n’est pas ça qui va nous arrêter. »

Au besoin, certaines activités peuvent toutefois être reportées ou déplacées sur un autre site.

Un conseil aux festivaliers : gardez l’oeil ouvert et n’hésitez pas à en jeter un second sur la nouvelle application mobile du Bal des neiges. « Nous allons la mettre à jour continuellement s’il y a des changements », assure Anne Tanguay. Pas d’excuses, donc, pour manquer quoi que ce soit !

Le Bal des neiges, à Gatineau-Ottawa, jusqu’au 15 février.