Le Théâtre Centennial de Sherbrooke est sauvé

Le Théâtre Centennial reçoit des créateurs de tous les horizons, comme la compagnie La Otra Orilla, dont la création «Moi & les autres» sera présentée le 20 octobre prochain sur la scène sherbrookoise.
Photo: Lumanessence Photography Le Théâtre Centennial reçoit des créateurs de tous les horizons, comme la compagnie La Otra Orilla, dont la création «Moi & les autres» sera présentée le 20 octobre prochain sur la scène sherbrookoise.

Le Théâtre Centennial, de Sherbrooke, a finalement lancé sa programmation 2015-2016 grâce au soutien in extremis du Conseil des arts et des lettres du Québec, de la Ville de Sherbrooke et de l’Université Bishop’s. Mais il devra trouver un nouveau mode de financement s’il veut pouvoir rester ouvert l’an prochain.

Cette situation fait suite à la décision de l’Université Bishop’s de retirer sa subvention à l’organisme qui existe depuis 40 ans. Les subventions récoltées à la dernière minute ont permis de sauver la programmation de cette année.

« L’apport des subventionnaires a permis de récolter 200 000 , dit la directrice du théâtre, Luce Couture. Mais le retrait de l’Université Bishop’s dès l’an prochain mettrait carrément en péril la survie du théâtre. L’équipe a réussi à faire le montage financier final pour 2015-2016 le 19 août, alors que le premier spectacle débutait le 29 septembre.

Depuis 1967, le Théâtre Centennial reçoit des comédiens, des danseurs, et des musiciens dans sa salle de quelque 550 places. Il présente actuellement une série de spectacles de danse et une série de spectacles de musique jazz, du monde, classique et contemporaine.

Campagne de financement

Au cours de l’année dernière, le théâtre a procédé à une importante campagne de financement, qui était d’ailleurs parrainée par le chanteur Jim Corcoran et la danseuse Louise Lecavalier. Au mois de juin, cette campagne avait permis d’amasser 10 500 $ pour soutenir le Centennial. La ville de Sherbrooke a pour sa part fourni pour cette année une subvention de 75 000 $.

Le débat porte notamment sur la programmation du théâtre Centennial, qui présente parfois des formes d’art plus audacieuses, qui n’attirent pas nécessairement les foules.

« Il y a de fortes chances que les solutions se résument à changer la programmation et améliorer l’offre de services. La direction veut garder son image avec ses spectacles uniques, mais elle doit faire de l’argent, alors tout le groupe tentera de trouver une solution à ce problème et on espère que ça va porter fruit », a dit au Sherbrooke Express, un hebdomadaire local, un conseiller municipal de Sherbrooke, Pierre Tardif.

« On est reconnu pour avoir une programmation unique. On est là pour les artistes », réplique la directrice Luce Couture. Si le théâtre se met à faire « tout ce que les autres font en ville », il va perdre ses subventions, dit-elle, et ne fera plus partie du réseau des lieux de diffusion reconnus par le gouvernement. « Et si on disparaît, ça veut dire qu’il n’y a plus de danse à Sherbrooke. »