Un homme d’affaires américain restaurera le Bell House et l’auberge Au Pirate

La priorité du nouveau propriétaire est de redonner son cachet d’antan aux bâtiments de style jersiais construits vers 1830 par une compagnie britannique. 
Photo: Thierry Haroun Le Devoir La priorité du nouveau propriétaire est de redonner son cachet d’antan aux bâtiments de style jersiais construits vers 1830 par une compagnie britannique. 

À Percé, on s’inquiétait du sort qui attendait le Bell House et l’auberge Au Pirate, récemment liquidés par le syndic. Rien de funeste, apparemment, leur nouveau propriétaire, l’homme d’affaires américain Michel Guité, prévoyant les restaurer rapidement.

 

Il se trouve que c’est en lisant LeDevoir que le président de la Vermont Telephone Co. Inc. a appris la vente aux enchères imminente du Bell House et de l’auberge Au Pirate. « J’ai fait mon offre à la toute dernière minute, dès après ma lecture de l’article le 31 juillet », a confié Michel Guité, qui a grandi aux États-Unis, mais dont le père vient de Percé.

 

La transaction s’élève à 600 000 $. La priorité du maître de céans est de redonner son cachet d’antan aux bâtiments de style jersiais construits vers 1830 par la compagnie britannique Robin, Jones and Whitman, autrefois l’un des géants de la pêche à la morue.

 

« Mon but était avant tout de faire quelque chose de positif pour Percé. La restauration se fera en collaboration avec la ville. Il s’agit d’un endroit magnifique, et je veux aider à redonner son lustre à ce secteur. »

 

Dans le grenier de l’auberge au Pirate, qui fut jadis la maison du gérant de la succursale locale de Robin, Jones and Whitman, laquelle accueillait un magasin général, M. Guité a trouvé des registres où sont inscrites des données en apparences banales, mais finalement fort révélatrices.


« On voit en un coup d’oeil, par exemple, une journée complète de juillet 1870, avec qui est passé, qui a échangé quoi contre quoi, qui a acheté quoi et pour combien. Tout est là, ligne après ligne, soigneusement consigné, le commerce révélant l’aspect impitoyable de l’époque. Un pêcheur qui avait trimé dur toute la journée rentrait chez lui avec un quart de livre de viande. C’était ainsi. »

 

Et le musée Le Chafaud ?

 

Initialement, Michel Guité réservera l’usage des deux édifices à sa famille. Or, comme l’a rapporté Le Devoir, le musée Le Chafaud espérait pouvoir se reloger dans le Bell House, un scénario exclu pour l’instant. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, le directeur de l’établissement a déclaré : « Les deux bâtiments sont sauvés, seront restaurés de brillante façon sans doute, ce qui contribuera à rehausser le charme perdu de l’architecture de ce site patrimonial. »

 

Cela étant, Michel Guité aimerait à terme faire don de ses deux récentes acquisitions, le scénario idéal étant que Percé soit inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. « Le paysage là-bas est d’une beauté indescriptible », conclut-il.