Vitrine d’art en haut du mont Royal

Chloë Baril-Chassé, 19 ans, expose sa sculpture pour la première fois. La réaction des gens devant sa Maison mobile l’amuse. Cette maison est un mannequin de vitrine au buste enveloppé dans une boîte en bois.
Photo: David Paour Chloë Baril-Chassé, 19 ans, expose sa sculpture pour la première fois. La réaction des gens devant sa Maison mobile l’amuse. Cette maison est un mannequin de vitrine au buste enveloppé dans une boîte en bois.

Interactivité. Le mot était sur toutes les lèvres à l’ouverture officielle de la 5e édition de Chromatic, samedi soir. Ce jeune festival d’art interdisciplinaire, mêlant peinture, photographie, installations et concerts, cherche la rencontre entre une oeuvre et son public, mais aussi, et surtout, entre les créateurs et les mécènes. Mené par Philippe Demers, directeur général du festival et étudiant à la maîtrise à HEC Montréal, l’événement, logé pour la première fois au Chalet du Mont-Royal, se déployait sur le thème de l’habitat.

 

À l’intérieur et autour du Chalet, près de 90 artistes exposés offrent autant de propositions différentes. Chloë Baril-Chassé, 22 ans, étudiante au baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’UQAM, y expose sa sculpture pour la première fois. La réaction des gens devant sa Maison mobile l’amuse. Cette maison est un moulage de corps en plâtre avec une structure en métal. Le drôle d’escargot — profond et impénétrable — intrigue en effet les visiteurs. Et il n’est pas le seul. Parade, l’installation du céramiste Laurent Craste, réalisée en collaboration avec l’agence de création numérique DPT, attire les curieux. Dans une structure semblable à un théâtre de marionnettes, une lampe est suspendue par un fil devant des vases d’apparence humaine. Quand on agite la lampe, les ombres des vases se mettent à danser ensemble. Le spectacle est aussi charmant qu’incompréhensible, à moins de s’y connaître en technologie numérique.

 

Festival lancé en 2010 par l’organisme MASSIVart (« amplificateur d’événements culturels », consulting, branding et autres services en -ing), Chromatic se donne pour mission de faire valoir l’art contemporain montréalais sous toutes ses coutures, exposant aussi bien la relève que la garde installée.

 

Pour son directeur, l’événement est « un 360° sur la créativité », une vitrine pour le public. Et pour les gens d’affaires, qui découvrent les oeuvres lors d’un immense cocktail, événement clé de cette édition. Quatre cents entrepreneurs invités, une centaine d’artistes. Le dialogue et les liens à long terme se feront-ils, comme le veut le directeur, dans une relation la plus « bilatérale » possible ? À suivre, puisque l’événement est en préouverture du nouveau rendez-vous des affaires et de la créativité, C2MTL.

 

Après le lancement au Chalet, les activités du festival se prolongent à l’espace MASSIVart, dans le Vieux-Port, jusqu’au 30 mai. En ce printemps du numérique, chacun y va de son inventivité pour capter l’attention du public, des gens d’affaires ou des simples festivaliers. Cette réflexion est au coeur du fonctionnement de l’ambitieux Chromatic et de sa volonté de « faire de Montréal la capitale du numérique, mais aussi en général la capitale de la créativité ».
 

Chromatic 5e édition from massivart on Vimeo.