Art public - Projet Montréal s’oppose au déménagement de L’homme de Calder

L’idée de déplacer la monumentale sculpture L’homme, d’Alexander Calder, du parc Jean-Drapeau vers le centre-ville de Montréal continue de faire débat.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’idée de déplacer la monumentale sculpture L’homme, d’Alexander Calder, du parc Jean-Drapeau vers le centre-ville de Montréal continue de faire débat.

Déménagera ou pas ? L’idée de déplacer la monumentale sculpture L’homme, d’Alexander Calder, du parc Jean-Drapeau vers le centre-ville de Montréal continue de faire débat. Projet Montréal déposera une motion au prochain conseil municipal afin de demander que l’oeuvre reste où elle est, sur l’île Sainte-Hélène.


Projet Montréal proposera au conseil du 28 janvier que la Ville « affirme son intention de laisser L’homme de Calder à sa place ». La motion invite le comité-conseil pour le développement et la promotion de l’art public « à orienter son travail sur l’identification des sites et l’acquisition de nouvelles oeuvres d’art public par commande à des artistes de renommée internationale », tels qu’Olafur Eliasson, Jaume Plensa, Anish Kapoor, Ai Weiwei, ou, d’ici, David Altmejd, par exemple.


Le maire de l’arrondissement Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, est porteur du dossier. Sortir L’homme de l’île Sainte-Hélène serait pour lui un détournement du « sens historique de l’oeuvre », qui a trouvé sa place « à une époque particulière [Expo 67] où Montréal était au diapason de l’universel et de la paix ». Le lieu même lui semble participer de la symbolique de la sculpture et « du moment exceptionnel, dans l’histoire du XXe siècle et de Montréal » où elle a été donnée à la ville.


Projet Montréal préférerait que l’investissement nécessaire au déménagement du Calder serve soit à mettre en valeur son site actuel - « en enlevant les 500 places de stationnement qui sont juste à côté, par exemple » - soit à acheter, pour le centre-ville, l’oeuvre d’un jeune artiste prometteur.


« Le Calder ne valait pas 40 millions de dollars quand on l’a reçu, rappelle Luc Ferrandez. La prise de risque qui vient avec le fait d’investir dans un nouvel artiste, pour le centre-ville, c’est ce à quoi on est en droit de s’attendre d’un conservateur en développement d’art public », poursuit le maire d’arrondissement.


Car le déménagement du joyau de la collection d’art public de Montréal est un des projets chouchous d’Alexandre Taillefer, nouveau président du comité-conseil pour le développement et la promotion de l’art public de la Ville de Montréal. « C’est une des dix oeuvres les plus importantes du XXe siècle. Elle doit être vue par plus de Montréalais », estime celui qui est aussi président du Conseil du Musée d’art contemporain de Montréal. Parmi la demi-douzaine de lieux envisagés pour servir de nouvel écrin à L’homme, Taillefer privilégie le Vieux-Montréal, à la fois pour simplifier le déménagement, par bateau, et parce que le stabile resterait alors en dialogue avec son ancien emplacement.


Élaine Ayotte, conseillère municipale de Vision Montréal et porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture et patrimoine, s’était déjà prononcée pour sa part en faveur du déménagement.


 

Avec Frédérique Doyon

10 commentaires
  • Vincent Bussière - Inscrit 25 janvier 2013 04 h 35

    La phobie de Ferrandez

    Retenez de Ferrandez ces seuls mots: ''en enlevant les 500 places de stationnement'' Ferrandez règle tous les problèmes en enlevant des stationnements, il en veut au chars et souhaite un retour vers le cheval l'homme de Calder doit rester sur l'ile et donnez lui un cheval!

  • France Marcotte - Inscrite 25 janvier 2013 08 h 03

    Si la citoyenne y pense aussi...

    «...Taillefer privilégie le Vieux-Montréal, à la fois pour simplifier le déménagement, par bateau, et parce que le stabile resterait alors en dialogue avec son ancien emplacement.»

    Magnifique.

    Comme Montréalaise, c'est là que je la voyais aussi, dans le Vieux port parmi le monde, juste devant la Place Jacques Cartier.

    • France Marcotte - Inscrite 25 janvier 2013 09 h 05

      ...à défaut toutefois de l'avoir coin Peel et Ste-Catherine.

      Mais, voitures obligent et conditionnent encore tout!

  • Bernard Terreault - Abonné 25 janvier 2013 10 h 43

    Pour le carrefour Du Parc-Des Pins

    Pour mettre cette oeuvre pleinement en valeur rien de mieux que le carrefour des avenues du Parc et Des Pins. Il y a là une perspective qui permettrait de l'apercevoir à des kilomètres de distance et où passent tous les jours au moins cent mille Montréalais (et je ne prêche pas pour ma paroisse, je suis Longueuillois).

    • Claude Lachance - Inscrite 27 janvier 2013 15 h 42

      On pourrait aussi le suspendre après la lune. Il serait vu partout dans l'univers.

  • France Marcotte - Inscrite 25 janvier 2013 11 h 30

    L'Homme de Terre des hommes

    ...n'a pas dit son dernier mot tant que la place des humains sur Terre sera confinée par des impératifs qui n'ont rien d'humains.

    C'est un symbole très fort que de faire à nouveau parler cet Homme, cet humain, en lui faisant prendre place, tel un cheval de Troie, autant que possible en un lieu où les humains se sentent amoindris, déclassés, pour bien marquer qu'il y a une avancée de l'humain sur ce que la ville a d'inhumain.

  • France Marcotte - Inscrite 25 janvier 2013 12 h 47

    Un petit pas pour L'homme...

    et un grand pas pour Montréal.

    Il pourrait avancer comme ça d'une génération à l'autre, une sculpture mouvante.

    Prochain arrêt: coin St-Denis-Sherbrooke, en haut du quartier latin historique. Amen.