Le patrimoine de la francophonie bientôt accessible sur Internet

Québec- Les données numériques du patrimoine des bibliothèques d'au moins 14 pays francophones seront bientôt disponibles en ligne partout dans le monde.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec présente en effet aujourd'hui, au Congrès mondial des bibliothèques de l'information qui se déroule à Québec, le prototype d'un portail qui réunira ces données.

L'expertise ayant servi à la mise au point de ce portail, le premier du genre à être conçu en français, est en effet québécoise.

«Parce que nous sommes en avance dans le domaine», dit Lise Bissonnette, présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, qui se réjouit par ailleurs que l'ensemble de la presse québécoise du XIXe siècle soit désormais offert en format numérique.

À travers ce portail, les bibliothèques du Québec, de France, de Belgique, de Suisse, du Luxembourg, d'Haïti, du Cambodge, du Madagascar, du Maroc, d'Égypte, du Sénégal, de Tunisie, du Mali et du Vietnam mettront en ligne différentes collections de journaux, de revues, de cartes et de livres.

La version finale du portail du Regroupement francophone des bibliothèques nationales numériques (RFBNN) sera pour sa part mise à la disposition des usagers au moment du sommet de la Francophonie, qui doit se dérouler à Québec en octobre. Mais, à l'adresse Internet www.rfbnn.org, on peut déjà consulter, sur le prototype, un exemplaire du Cancanier d'Haïti, par exemple, datant de 1841, des textes du journal L'Indépendance belge, de 1914, ou encore un exemplaire de La Patrie, publiée au Québec en 1884.

«L'accent est mis sur les journaux», explique Carole Payen, conseillère aux affaires internationales pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Les pays participants au portail se sont en effet concentrés jusqu'à présent sur les journaux publiés entre 1850 et 1950, même si on trouvera aussi sur le site des revues, des cartes et des livres. Un logiciel permettra éventuellement de tourner les pages des journaux, des revues et des livres consultés.

La numérisation des oeuvres peut avoir un effet protecteur sur les originaux, puisqu'elle permet au public de les consulter sans abîmer les versions papier.

En Tunisie, par exemple, explique Mme Payen, certains journaux étaient en si mauvais état qu'il n'était tout simplement plus possible de les consulter.

Accessibilité

Le regroupement francophone des bibliothèques nationales numériques s'est également donné pour mandat d'inclure les pays en voie de développement, qui ont un accès restreint aux technologies de l'information. Des stages de formation ont donc été organisés pour permettre aux bibliothécaires de ces pays de procéder à la numérisation de leur patrimoine.

«Dans les pays moins favorisés, la bibliothèque est souvent le seul point d'accès à Internet», et donc à ces données, souligne Claude Connelly, ancien directeur de la bibliothèque de l'Université Laval.

La numérisation, comme le multilinguisme d'ailleurs, est au coeur de ce 74e congrès de l'IFLA (Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des institutions), qui réunit quelque 4000 délégués à Québec, et ce, jusqu'à vendredi. Dans les nombreux ateliers qui se tiennent au Centre des Congrès de Québec, on discute autant de conservation de manuscrits d'explorateurs norvégiens ou d'alphabétisation en Namibie que de bibliothèques en langues autochtones, par exemple. Car on vise désormais à conserver l'ensemble des manifestations culturelles partout dans le monde, que celles-ci relèvent de la tradition orale ou de la tradition écrite.

«C'est une tendance relativement nouvelle», précise à ce sujet Claude Connelly.

C'est la deuxième fois seulement que cet important congrès de l'IFLA se tient au Canada depuis la fondation de l'organisme, en 1927.

«C'est comme recevoir les Jeux olympiques des bibliothécaires», a dit hier Lise Bissonnette, fière d'accueillir ce rassemblement au Québec.
2 commentaires
  • Jean-Guy Dagenais - Inscrit 12 août 2008 07 h 40

    La numérisation oui, la qualité ???

    Quel plaisir de pouvoir, parfois, aller directement chercher l'information à partir de chez soi. L'ennui c'est que le produit numérisé est souvent en piètre état et la lecture en est compromise. Je ne citerai qu'un exemple le journal La Presse. Sur de longues périodes les pages de ce quotidien sont illisibles. Il est évident que lors de la photographie de l'original les équipements utilisés à cet époque sont aujourd'hui tombé en désuétude. Au point qu'il faudrait reprendre la photographie avant que les originaux tombent en poussière. Tout un programme.
    Comment amener les services publics à prendre ce projet en considération ?
    Par exemple, imaginons une étude fixe dans le temps de La Presse, où un chercheur pourrait trouver son information sur un simple clic. Ce qui suppose au préalable un document dont l'état photographique est au mieux. Cela ce fait dans certain pays, comme chez nos voisins avec le N-Y Times par exemple.

  • André Bissonnette - Abonné 12 août 2008 13 h 47

    la Gâzette

    Oui, j'aimerais aussi que les journaux francophobes du Québec, y compris la Presse par moments, soient numérisés pour qu'on voit pleinement tout ce Québec Bashing et qu'on en tire les conclusions qui s'imposent. (surtout la période pré et post référendaire de 1995)