Inquiétudes à propos de la vente de l'édifice Saint-Sulpice

Des voix s'élèvent pour éviter la vente de l'ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, intrinsèquement liée à l'histoire culturelle du Québec, à des intérêts privés. Même si ceux-ci comptent y installer une librairie.

«Tout le monde est inquiet, affirme Pierre Lavoie, directeur de l'Union des écrivaines et écrivains du Québec (UNEQ). Si [le projet] est insatisfaisant ou irrespectueux du lieu, on sera plusieurs, dont l'UNEQ, à réagir.»

«On s'oppose à toute transaction qui sortirait l'édifice du domaine public», clame Georges Leroux, auteur et professeur associé au département de philosophie de l'UQAM, qui se fait le porte-parole des universitaires et gens de lettres et tient à préserver l'esprit du lieu.

Le Devoir révélait la semaine dernière que l'UQAM avait reçu une offre d'achat d'un groupe d'investisseurs dont les noms demeurent pour l'instant inconnus. Il ne s'agit ni de la chaîne Renaud-Bray ni du groupe Archambault. L'offre, qui s'élève à environ quatre millions de dollars, doit être entérinée par l'assemblée des gouverneurs de l'UQAM (convoquée le 12 décembre prochain) et par le ministère de la Culture du Québec, qui peut exercer son droit de premier acheteur à cause du classement patrimonial de l'édifice.



Chromosome de Montréal

Ce classement engage d'ailleurs l'acheteur à réaliser des travaux de mise aux normes de quelque 2,5 millions de dollars. Au total, il s'agit donc d'un investissement énorme pour un édifice dont la majorité des installations (notamment la salle de lecture principale) sont protégées, donc théoriquement intouchables.

Héritage Montréal craint que la mainmise du privé, même si elle peut déboucher sur d'excellents projets, ne fasse fi des décrets de ce classement, comme on l'a vu souvent par le passé.

«Ce serait bien de considérer que ce lieu-là, loin d'être juste un bien immobilier, fait un peu partie des chromosomes de Montréal», note le directeur Dinu Bumbaru, qui souhaite voir la ministre exercer son droit de préemption, geste «conséquent à la suite du Rendez-vous [Montréal, métropole culturelle] 2007».

Même son de cloche du côté de la présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), qui a multiplié les projets pour occuper le bâtiment, berceau de son institution actuelle.

«On a demandé à la ministre [St-Pierre] d'examiner la possibilité d'utiliser son droit de préemption, indique Lise Bissonnette, qui tient au «caractère public, patrimonial culturel de cet édifice». Quand l'UQAM l'a remis en vente, deux ans après l'avoir acquis de la Société immobilière du Québec, afin d'alléger son bourbier financier, Mme Bissonnette a d'ailleurs relancé le projet d'y installer une bibliothèque-musée des arts vivants, comme il en existe ailleurs dans le monde.

«Le dossier est sérieusement à l'étude», indique Marie-Hélène Paradis, attachée de la ministre St-Pierre, qui a jusqu'au 31 décembre pour exercer son droit de préemption. «On ne laissera pas traîner les choses.»

Construit en 1914 par l'architecte Eugène Payette, l'édifice de style beaux-arts a été classé bien patrimonial en 1988. Il a toujours eu une vocation culturelle et publique.
1 commentaire
  • Nicole Duchemin - Inscrite 1 décembre 2007 07 h 04

    Audition

    AUDITION à la Commmission des Biens culturels du Québec (CBCQ) mercredi le 12 décembre 07 à 13:00 hre,
    dans les bureaux du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, situés au 480 bld St-Laurent, Montréal. La rencontre se tiendra à la salle Anne Hébert.

    Les membres du Comité d'audition de la CBCQ pourraient vous entendre le 20 décembre, à compter de 13 heures. Toutes les personnes et représentants d'organismes culturels et/ou en patrimoine historique peuvent s'incrire afin de participer à cette audition. Les personnes intéressées doivent s'inscrire sur la Liste des participants avant le 19 déc 07 prochain. Veuillez contacter Nicole Duchemin, au téléphone(514)543-6584.

    La ''Coalition pour la vocation culturelle publique de l'Édifice Saint-Sulpice'' de l'UQAM a demandé un ''Moratoire pour la cessation du processus de vente aux promoteurs privés'', qui fut soumise à madame la ministre Christine Saint-Pierre MCC, le 30 octobre 07 dernier. Celle-ci n'a pas donné suite, sauf par un accusé réception le 14 novembre 07. La ministre MCC a le pouvoir d'intervenir par un Moratoire nécessaire, afin d'empêcher l'UQAM d'approuver l'offre d'achat par un groupe d'acheteurs privés (d'activités économiques commerciales). ELle n'a pas agit pour intervenir afin d'imposer un Moratoire jusqu'à maintenant. Elle semble attendre l'AVIS de la Commission pour prendre sa décision qui l'autoriserait à exercer son droit de refus de la vente de l'Édifice. Un délai de (60) soixante jours est prévu avant de rendre une décision.

    Toutes les personnes et organisations qui veulent manifester
    leur APPUI à la Coalition et souhaitent participer à la Commission CBCQ doivent communiquer avec Nicole Duchemin sans plus tarder. L'heure est à la Mobilisatiton citoyenne pour sauver la vocation culturelle et publique de l'Édifice Saint-Sulpice. L'Édifice de la bibliothèque Saint-Sulpice a ouvert ses portes en 1915, et cet immeuble historique fut créée initialement à vocation culturelle.
    Historiquement,l'Édifice Saint-Sulpice fut toujours un espace ouvert public. Il fut vendu par les prêtres de Saint-Sulpice de Mtl. à la Société Immobilière du Québec-SIQ)
    (gouvernemental) vers les années 1960. La SIQ a vendu cet immeuble à l'UQAM en 2005. Cet immeuble historique fut vendu à prix d'ami en passant de main à main. Le Ministère de la culture et des communications fit la promesse, lors de la vente de l'immeuble à l'UQAM, de ne jamais vendre cet immeuble historique aux promoteurs privés. Cet immeuble est protégé par une Loi sur les monuments historiques et une une LOi sur les biens culturels classés. Le gouvernement actuel n'est pas vigilent ni trop pressé de respecter la promesse du ministère.

    La Bibliothèque Saint-Sulpice ouvre ses portes en septembre 1915 comme bibliothèque publique universitaire, à l'exemple de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, qui en est en quelque sorte le modèle jusque dans le choix de son emplacement en plein Quartier latin. Conçue au départ comme complexe culturel, la Bibliothèque a su garder ses fonctions actives tout au long de son histoire.

    Sauvons notre patrimoine de l'Édifice Saint--Sulpice et sa mission culturelle publique. La BANQ et la ''Coalition pour la vocation culturelle publique de l'Édifice Saint-Sulpice'' demandent conjointement à la ministre de la Culture d'exercer son droit de préemption.