50 ans de l’UQAM: Le succès en tête

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On les reconnaît à leur audace, à leur esprit d’innovation, à leur sens de l’engagement. Dix têtes d’affiche qui rayonnent dans leurs sphères d’activités, au Québec comme à l’international, retracent leur passage à l’UQAM.



DENIS VILLENEUVE
Le cinéaste de l’heure

Sacré « cinéaste de la décennie » par la Hollywood Critics Association en janvier dernier, Denis Villeneuve (baccalauréat en communication, 1992) peut se passer de présentations. Celui qui a démarré sa carrière en remportant à 23 ans la Course Europe-Asie de Radio-Canada s’est vite imposé dans le milieu du cinéma avec Polytechnique et, surtout, Incendies, qui l’a propulsé sur la scène internationale avec une nomination pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Très vite, il a enchaîné Prisoners, Enemy, Sicario, Arrival et Blade Runner 2049, qui lui ont valu des critiques élogieuses et d’autres nominations aux Oscars. On attend avec impatience Dune, dont la sortie est prévue en 2020.

Quel genre d’étudiant étiez-vous ? Nerd de sciences pures.

Que rêviez-vous de devenir ? Cinéaste.

Quelle tendance a marqué l’époque dans votre domaine d’études ? J’étais déconnecté de toute forme de mode, donc je ne saurais dire.

Nommez un professeur, une phrase ou un cours qui vous a influencé. J’ai été transformé artistiquement et politiquement par mon passage à l’UQAM. Plusieurs professeurs m’ont marqué durant ces trois années.



SUZANNE LAREAU La PDG à vélo

Elle a tout juste 20 ans lorsqu’elle frappe pour la première fois à la porte de Vélo Québec. En 1985, Suzanne Lareau (baccalauréat en enseignement de l’activité physique, 1983) participe au lancement du Tour de l’île, événement mobilisateur qui a donné un sérieux coup de pédale à la pratique du vélo à Montréal – et ailleurs au Québec ! Déterminée à promouvoir le vélo comme sport, comme transport et comme loisir, elle grimpe les échelons de la société et en devient la PDG en 2001. Tout au long de sa carrière, Suzanne Lareau est montée au front chaque fois qu’il a été question de construire une piste cyclable, de favoriser la sécurité des cyclistes ou d’investir dans des programmes de transport actif. Son engagement exceptionnel a contribué à faire de Montréal la capitale du cyclisme en Amérique du Nord.

Que rêviez-vous de devenir ? J’ai réalisé très tôt que je ne deviendrais pas prof d’éducation physique. Cela m’intéressait de faire bouger les gens, mais autrement. Je me suis beaucoup impliquée dans le Tour de l’île, un événement qui a eu un effet déclencheur sur la pratique du vélo. Je me suis réalisée à travers cet engagement.

Que souhaitez-vous à l’UQAM pour ses 50 ans ? D’être avant-gardiste dans tout ce qui regarde les études urbaines, la vie en ville et la ville à échelle humaine. Il y a beaucoup de recherches à faire et à partager avec les autorités municipales pour que nos villes deviennent des milieux de vie de qualité, favorables à la socialisation.


ÉRIC FOURNIER 
Le pilier de Moment Factory

Après des passages remarqués au Cirque du Soleil, où il a été membre du comité exécutif, et chez Bombardier, où il a participé à l’expansion de l’entreprise comme leader mondial en fabrication d’équipement ferroviaire, Éric Fournier (baccalauréat en administration, 1986) se joint à Moment Factory en 2008 à titre d’associé et producteur exécutif. Grâce à sa stratégie misant sur la créativité et l’innovation technologique, la firme montréalaise devient un leader mondial en divertissement multimédia. Moment Factory, qui compte parmi ses clients Arcade Fire, Madonna, Jay Z, Microsoft et Sony, voit ses effectifs passer de 15 à 400 employés, ouvre cinq bureaux à l’étranger et produit des centaines de représentations et d’installations immersives. Parmi celles-ci, on compte le spectacle son et lumière de la Sagrada Familia, à Barcelone, et la mise en lumière du pont Jacques-Cartier pour le 375e anniversaire de Montréal.

Quel genre d’étudiant étiez-vous ? Étant fondateur d’un club de ski, j’étais déjà entrepreneur. Le jour, j’allais à mes cours et j’apprenais la théorie entrepreneuriale. Le soir, j’organisais des voyages de ski. Je mettais ainsi en pratique la théorie apprise pendant les cours. Dans mon appartement situé à deux pas de l’UQAM, j’avais aménagé un bureau qui servait aussi de lieu de rencontre pour y effectuer des travaux d’équipe, lesquels portaient, la plupart du temps, sur mon club de ski. Bref, on vivait en symbiose !

Quelle tendance a marqué l’époque dans votre domaine d’études ? L’idée voulant que l’on soit « maîtres chez nous » et que l’on puisse brasser des affaires au Québec en français, avec succès et de manière respectable. Il y avait une réelle effervescence autour de l’entrepreneuriat québécois.



CATHY WONG La présidente du Conseil municipal de Montréal

Pendant son passage à l’UQAM, Cathy Wong (baccalauréat en droit, 2008) milite pour de nombreuses causes, travaille pro bono, signe des articles dans le journal étudiant et participe à des débats oratoires. Diplôme en poche, elle s’implique dans la reconstruction du YMCA de Port-au-Prince, qui a été détruit par le tremblement de terre, puis elle préside le Jeune Conseil de Montréal et le Forum jeunesse de l’Île de Montréal. Une chose est claire: l’engagement social est le moteur de sa carrière. Élue en 2017 comme conseillère de ville, Cathy Wong est nommée présidente du Conseil municipal de Montréal. Une victoire pour celle qui milite depuis toujours pour la cause féministe, car elle est la première femme à occuper ce poste.

Quel était l’endroit préféré des étudiants pour se réunir? L’Agora du pavillon Judith- Jasmin. Pour moi, c’était le cœur de l’UQAM, là où les étudiants passaient, où les idées circulaient… Nous passions des soirées assis sur les bancs de béton à discuter, à lancer des projets. J’y suis retournée à plusieurs reprises pour participer à des conférences ou à d’autres activités.

Que souhaitez-vous à l’UQAM pour ses 50 ans? Que l’UQAM demeure un laboratoire d’esprits engagés où l’on ose essayer de nouvelles choses. Que l’UQAM continue à nourrir les esprits critiques, car j’ai aimé qu’on nous apprenne à être critiques par rapport aux enseignements. Et que l’UQAM soit un exemple, à l’international, d’une université engagée, connectée à sa société et à son monde.



GUY BERTHIAUME L’historien à la défense de la culture et du savoir

La prolifique et très diversifiée carrière de Guy Berthiaume (baccalauréat en histoire, 1972) a pour dénominateur commun un engagement indéfectible envers l’université, la culture et la recherche. Après son passage à l’UQAM, qui venait tout juste d’ouvrir ses portes, l’historien a obtenu un doctorat de l’Université Paris VIII. Par la suite, il devient administrateur universitaire, professeur au Département d’histoire, directeur général de la Maison des étudiants canadiens à Paris, vice-recteur à l’UdeM, puis à l’UQAM, ainsi que président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). En 2014, il fait le saut à Ottawa pour devenir le grand patron de Bibliothèque et Archives du Canada, dont il est, depuis sa retraite en juin dernier, le Bibliothécaire et archiviste du Canada émérite. Guy Berthiaume a également siégé à de nombreux comités, ici et à l’international, il a agi comme mentor pour la Fondation Pierre Elliott Trudeau et il a remporté d’innombrables prix récompensant sa remarquable carrière.

Quel genre d’étudiant étiez-vous ? Plus parascolaire que scolaire. L’UQAM, à son ouverture, en 1969, offrait beaucoup de latitude à ses étudiants. C’est ainsi qu’en m’inscrivant à des cours d’animation culturelle, en plus des cours d’histoire, j’ai pu participer à l’élaboration de deux spectacles de la troupe La Quenouille bleue avec mes amis Jean-Pierre Plante, Michel Rivard, Serge Thériault, Michel Hinton et autres marxistes tendance Groucho. Les descendants de La Quenouille bleue ne se comptent plus, de Beau Dommage à Ding et Dong, en passant par Broue et Piment Fort.

Quelle expression ou quelle tendance a marqué l’époque dans votre domaine d’études ? En général : cool et heavy, deux expressions qui ont toujours cours 50 ans plus tard. Au Département d’histoire : marxisme et structuralisme, deux concepts dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’ont plus la cote aujourd’hui.



MANON BARBEAU La cinéaste des laissés-pour-compte

Détentrice d’un diplôme en animation culturelle, une formation avant-gardiste créée aux tout débuts de l’UQAM, la documentariste prend le parti pris, dès ses débuts en cinéma, de donner la parole aux exclus et aux marginaux. Le chemin était donc tout tracé pour la création de Wapikoni mobile, que Manon Barbeau (baccalauréat en histoire, 1972) fonde en 2004. Destiné tout d’abord aux membres des Premières Nations, ce studio ambulant part à la rencontre des jeunes dans leurs communautés pour leur faire vivre des expériences culturelles valorisantes. Le projet s’étend d’un océan à l’autre, puis à l’international, notamment en Bolivie, au Pérou, en Colombie, en Turquie et dans les territoires palestiniens. Depuis sa création, Wapikoni mobile a généré 1000 courts métrages et 750 créations musicales qui ont remporté près de 200 prix, rien de moins!

Qu’avez-vous retenu de votre formation à l’UQAM ? Tout m’a été utile, comme je l’ai réalisé récemment. Les notions en cinéma, bien sûr, mais aussi les techniques d’animation développées lors des stages offerts par l’université. Le Wapikoni mobile est un projet d’intervention sociale par le biais du cinéma qui profite beaucoup de ce que j’ai acquis dans les cours d’animation culturelle de l’UQAM.

Quelle tendance a marqué l’époque dans votre domaine d’études ? Le maoïsme et le marxisme faisaient partie des courants d’idées à la mode en animation culturelle. Je me sentais un peu comme un OVNI dans cet univers. Heureusement, il y avait le cinéma!

Que souhaitez-vous à l’UQAM pour ses 50 ans ? Je lui souhaite d’avoir des ramifications un peu partout dans le monde pour permettre aux étudiants d’explorer d’autres univers, de s’ouvrir l’esprit et le cœur et de s’enrichir intellectuellement et spirituellement. Et puis, je lui souhaite de continuer à former des êtres humains sensibles et passionnés.



PHILIPPE MEUNIER Le créateur d’idées, de Diesel à Sid Lee

Une année à peine après avoir décroché son diplôme en design graphique à l’UQAM, Philippe Meunier (baccalauréat en design graphique, 1992) fonde la boîte de publicité Diesel avec son ami Jean-François Bouchard. En 1996, l’agence en plein essor et en pleine transformation devient Sid Lee (une nouvelle identité qui est l’anagramme de Diesel), cumule les succès, remporte des prix prestigieux et collectionne les clients de premier plan tels que Cirque du Soleil, Absolut et Adidas. Reconnue mondialement, Sid Lee, qui ouvre des antennes à New York, Los Angeles et Paris et imagine C2 Montréal, compte aujourd’hui quelque 600 employés. Aux commandes de la création, fer de lance de l’agence, Philippe Meunier fait sa marque avec une approche multidisciplinaire unique misant sur la collaboration et l’innovation. Adepte du surf et du yoga, ce leader pas comme les autres est convaincu que ce sont les gens heureux qui travaillent le mieux.

Quel genre d’étudiant étiez-vous ? J’étais un peu le mouton noir de ma cohorte. J’avais étudié en sciences biologiques alors que la plupart des étudiants en design avaient une formation en arts ou en techniques de graphisme. Je savais dessiner, mais je n’avais ni formation technique ni bagage artistique. La beauté de la chose, c’est que l’UQAM accepte plusieurs profils d’étudiants.

Nommez un professeur, une phrase ou un cours qui vous a influencé. Le regretté professeur Frédéric Metz. Il donnait le cours Introduction au design et, chaque semaine, nous avions droit à une séance ouverte sur le monde, riche en contenu et en expériences. Frédéric Metz a été très proche de Sid Lee.

Que souhaitez-vous à l’UQAM pour ses 50 ans ? Qu’elle puisse assumer son originalité. L’UQAM forme énormément de personnalités originales qui savent innover dans leurs domaines. J’embauche beaucoup d’esprits créatifs qui y ont été formés. On se reconnaît entre nous! L’UQAM reste encore une institution méconnue et sous-estimée, et cela doit changer.


YUKARI COUSINEAU Le violon solo de l’Orchestre Métropolitain

Plongée dans la musique depuis son plus jeune âge, violoniste précoce débordant de talent, Yukari Cousineau (baccalauréat en musique, 1996) n’a que 12 ans lorsqu’elle part en tournée québécoise pour interpréter, en soliste, l’intégrale des Quatre Saisons de Vivaldi. Aussi à l’aise dans le répertoire de Mozart que dans celui de Prokofiev ou d’Eugène Ysaÿe, elle ne fait qu’un avec son violon. Fille du compositeur Jean Cousineau, le fondateur de l’école Les Petits Violons, nièce des musiciens François et Luc Cousineau, elle est tombée dans la marmite musicale toute petite, comme elle s’amuse elle-même à le dire. Membre de l’Orchestre Métropolitain depuis plus de 20 ans, elle a été nommée violon solo en 2009. Sa dextérité, sa vivacité et sa précision de mouvement comblent les mélomanes les plus exigeants.

Nommez un professeur, une phrase ou un cours qui vous a influencée. Martin Foster, mon professeur de violon. Quand je prends mon violon, je pense à mon père, mon premier professeur, et je pense à Martin Foster. Il a été capable de me prendre là où j’étais rendue dans mon cheminement musical et de me pousser dans la bonne direction. Il s’adaptait à chaque étudiant, ce qui fait que nous avions tous, avec lui, un cours différent. Il était excellent pour nous aider à nous construire comme musiciens, mais aussi comme personnes.

Que souhaitez-vous à l’UQAM pour ses 50 ans ? Que l’UQAM conserve son esprit ouvert, innovateur. Il est facile de perdre cet esprit d’ouverture. Il ne le faut pas. C’est tellement important pour les étudiants de pouvoir rencontrer sur leur chemin des gens ouverts, animés par une grande liberté pédagogique. Je souhaite que cela continue à l’UQAM.



PASCAL YIACOUVAKIS Le météorologue des ondes

C’est la crise du verglas, en 1998, qui a fait du météorologue Pascal Yiacouvakis (baccalauréat en géographie physique, 1985 ; maîtrise en sciences de l’atmosphère, 1994) une véritable star du petit écran, celui de Radio-Canada. Il faut dire qu’Internet en était à ses tout débuts à l’époque, et que la population devait se fier à la radio et à la télévision pour se tenir informée ! Tout comme la regrettée Jocelyne Blouin (baccalauréat en sciences physiques, 1974), Pascal Yiacouvakis a décroché son diplôme à l’UQAM, qui est la seule université en Amérique du Nord à former des météorologues en langue française. En 2002, neuf ans après sa collègue, il a été lauréat du prix Alcide-Ouellet, décerné par l’Association canadienne de météorologie et d’océanographie. Le secret de son succès ? « Il faut aimer les défis et avoir une bonne résistance au stress. Anxieux, s’abstenir ! »

Quel genre d’étudiant étiez-vous ? Curieux et intéressé.

Que vouliez-vous devenir ? Météorologue.

Nommez un professeur, une phrase ou un cours qui vous a influencé. Le professeur de physique Fernand Trudeau... Il pouvait donner n’importe quel cours, il était tout simplement génial ! Il demeure encore aujourd’hui mon idole.


JOCELYNE ROBERT La pionnière de la sexologie

Au Québec – et aussi en France, en Suisse, en Belgique –, Jocelyne Robert (baccalauréat en sexologie, 1982) est reconnue pour son engagement à combattre les préjugés et à faire progresser, auprès du grand public, les connaissances dans le domaine de la sexualité. Animatrice, chroniqueuse, conférencière, consultante et vulgarisatrice hors pair, celle qui se décrit comme une sexosophe (une contraction, on l’aura compris, de sexologue et philosophe) est l’auteure d’une douzaine de livres portant sur la sexualité des enfants, des adolescents et des adultes, qui ont été traduits en 20 langues. Le souvenir de ses années d’études fait encore sourire la membre fondatrice du Regroupement des sexologues du Québec : « À la fin des années 1970, des rumeurs circulaient disant que nos cours étaient des laboratoires où on expérimentait des choses pas très catholiques ! »

Que rêviez-vous de devenir ? Je voulais faire de la vulgarisation dans le domaine de la sexologie et de l’éducation à la sexualité: déboulonner des mythes, remettre en cause les idées reçues, informer avec justesse et rassurer. Je me disais que j’apporterais ma petite contribution pour aider la sexologie à acquérir ses lettres de noblesse.

Que souhaitez-vous à l’UQAM pour ses 50 ans ? De l’audace. De continuer d’innover et de rendre le savoir accessible. De résister à la tendance selon laquelle il n’est plus possible de débattre des idéologies et de les critiquer sans se faire traiter d’antiprogressiste.

Pour découvrir d’autres personnalités remarquables qui ont étudié à l’UQAM et qui ont fait leur marque dans plusieurs secteurs d’activités, rendez-vous dans la section L’esprit UQAM du très beau site consacré au 50e anniversaire.
50ans.uqam.ca

Montage de photos d’époque
Dans le sens des aiguilles d’une montre, en commençant en haut à gauche : Pascal Yiacouvakis, Éric Fournier, Manon Barbeau, Jocelyne Robert, Guy Berthiaume, Cathy Wong, Philippe Meunier, Yukari Cousineau, Suzanne Lareau et Denis Villeneuve.


Créée en 1969 avec la mission de démocratiser l’accès aux études supérieures, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) est une université publique dont le rayonnement est international. L’originalité et les caractéristiques propres de ses quelque 300 programmes, sa recherche de pointe ancrée dans les préoccupations sociales ainsi que ses innovations en création ont contribué à bâtir sa renommée.

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