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    Dix ans après

    Jean Dion
    13 août 2015 |Jean Dion | Tennis | Chroniques

    Était-ce bien il y a 10 ans ? Vraiment ? Déjà ? Pourtant, c’est clair, les archives ne trompent pas : 2005 marque la première présence de Rafael Nadal à la Coupe Rogers à Montréal, lui qui s’était fait montrer la sortie au premier tour par Lleyton Hewitt l’année précédente à Toronto. Et qu’est-ce qu’on l’attendait : il avait déjà remporté huit tournois cette année-là, dont Roland-Garros, en route vers une récolte de onze. Il avait amorcé la saison au 50e rang mondial, et il occupait la 2e place à son arrivée au parc Jarry. Il avait mis la main sur le titre, son premier sur surface dure, en battant en finale Andre Agassi, ce qui ne nous rajeunit pas particulièrement.

     

    Je me souviens parfaitement de l’engouement qu’il suscitait, ce grand gars de 19 ans qui portait un maillot avec pas de manches, un bandeau autour de la tête et un pantalon descendant en bas des genoux, qui frappait des balles de feu et qui s’évertuait, dans ses conférences de presse, à parler en anglais bien qu’il se révélât relativement incompréhensible et qu’on mît à sa disposition un interprète hispanophone. Il n’y avait rien à faire, il assurait qu’il était polyglotte.

     

    Pour expliquer son ascension fulgurante à ce moment, il avait dit qu’il était devenu sérieux au cours des mois précédents, tant à l’entraînement que dans sa vie sociale. Remarquons que cela l’a plutôt bien servi : 67 titres en carrière dont 14 du Grand Chelem, 745 victoires et quelques millions de beaux dollars au passage. Message implicite : il arrive que cela paie de ne pas trop faire le zouave.

     

    Et que dire de neuf championnats en dix ans aux Internationaux de France ? Ceci : qu’à Paris, il n’y a pas que la terre qui soit battue, les adversaires du Majorquin aussi. À Paris ou ailleurs, du reste, il montre un rendement de 344-30 sur cette surface.

     

    Cela fait dix ans, mais le temps passe-t-il si vite que cela ? Pas sûr. Il suffit de jeter un coup d’oeil au tableau principal du tournoi de l’époque pour voir le nom de quelques vétérans qui sont toujours dans le décor certes, Roger Federer ou David Ferrer ou Richard Gasquet ou Tomas Berdych ou Tommy Robredo (Stanislas Wawrinka y était aussi, mais il avait dû passer par les qualifications !), mais plusieurs autres ont sombré dans l’oubli. Et pour mettre un peu de perspective sur l’ampleur de l’intervalle, on relèvera qu’à ce moment, un dénommé Novak Djokovic, 18 ans, était classé 98e et avait perdu en qualifs.

     

    Et puis encore, ce n’était que la deuxième année que le stade accueillant le tournoi portait le nom d’Uniprix. Avant, c’était du Maurier…

     

    Ces derniers mois, Nadal a connu des ennuis de santé — il a notamment dû subir une appendicectomie en novembre, et il reconnaît qu’il traverse sa pire saison, mais qu'« elle n’est pas finie » — qui l’ont relégué au 10e rang mondial, et il est présentement 9e après avoir remporté le tournoi de Hambourg il y a une dizaine de jours. Mais malgré ces quelques revers de fortune, « la vie est belle et je suis chanceux », a-t-il dit ce week-end.

     

    Jeudi, le principal intéressé a fait son entrée en affrontant l’Ukrainien Sergiy Stakhovsky, 60e au classement ATP. Il a maintenant des manches et un pantalon et les cheveux plus courts. Il l’a remporté au compte de 7-6 (4) et 6-3, alors que son jeu a pris du mordant à mesure que le match avançait et qu’il parvenait magnifiquement à frôler les lignes de côté. À la fin, il a brandi le poing gauche avec une énergie et une satisfaction qui donnaient à croire qu’il s’agissait de sa première victoire en carrière.

     

    C’était plutôt sa 746e, mais des sources racontent qu’on ne se lasse jamais de gagner. Même quand on le fait depuis plus du tiers de sa vie.













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