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    Jean Dion
    12 août 2015 |Jean Dion | Tennis | Chroniques
    Certains voient en Nick Kyrgios enfin du nouveau, un vent de fraîcheur divertissant dans un univers engoncé dans ses traditions parfois vétustes.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Certains voient en Nick Kyrgios enfin du nouveau, un vent de fraîcheur divertissant dans un univers engoncé dans ses traditions parfois vétustes.

    Nick Kyrgios n’a que 20 ans, mais il a déjà eu le temps de se forger une certaine réputation de mauvais garçon. Dans un même match à Wimbledon contre Richard Gasquet il y a quelques semaines, il a lancé sa raquette dans les gradins par dépit, s’est engueulé avec l’arbitre à propos du temps qu’il mettait à changer de chaussettes, a reçu un avertissement pour avoir proféré une « obscénité audible » — éminemment plus grave qu’une obscénité inaudible, qui ne confronte le joueur de tennis professionnel qu’à sa seule propre conscience — et a été mis à l’amende pour avoir paru cesser de jouer pendant un moment en envoyant systématiquement la balle dans le filet parce qu’il voulait protester contre quelque chose, ce qui a provoqué les huées de la foule. Il est, comment dire, plutôt démonstratif sur un court, ce qui n’est pas toujours apprécié, particulièrement au All England Club, où il faut s’habiller en blanc, fermer sa gueule et marcher droit.

     

    Quand il rate un coup de près, mettons qu’il ne garde pas ça en dedans. À l’occasion d’une rencontre chaudement disputée de Coupe Davis entre l’Australie et le Kazakhstan en juillet, on l’a entendu crier « je ne veux pas être ici », ce qui n’est toutefois apparemment pas une obscénité audible. Kyrgios a perdu ce match, mais l’Australie a gagné l’affrontement, grâce notamment à Lleyton Hewitt, depuis devenu le conseiller et le partenaire en double de Kyrgios.

     

    Certains voient en Kyrgios enfin du nouveau, un vent de fraîcheur divertissant dans un univers engoncé dans ses traditions parfois vétustes, successeur par-delà les décennies des enfants terribles que furent Ilie Nastase, Jimmy Connors et John McEnroe. D’autres considèrent avoir plutôt affaire à un jeune homme indiscipliné qui se croit tout permis et devra apprendre à se conformer au code.

     

    En ce mardi après-midi détrempé au ciel bas, si sombre qu’on l’aurait cru sorti d’un récit à quatre mains d’Edgar Allan Poe et Georges Simenon (rassurez-vous, ça s’est arrangé en début de soirée), Kyrgios, 41e au classement ATP, a fait étalage de sa puissance, mais aussi d’une certaine irrégularité — cela vient avec le tempérament, faut-il croire — dans une victoire de 6-3, 4-6 et 6-4 contre l’Espagnol Fernando Verdasco, 38e, au premier tour de la Coupe Rogers. Et si le match s’est révélé un peu plus long qu’il l’aurait espéré en raison d’une petite baisse de régime au deuxième set, on peut dire qu’avec lui, les choses ne traînent pas : pas de tataouinage, allez, on joue, pas question de faire bondir la balle 48 fois avant de servir. On pourra lui reprocher toutes sortes de choses, mais certainement pas de retarder la partie. Ni d’ailleurs de ne pas tenter des affaires en matière de coiffure : il est arrivé à Montréal avec une coupe mohawk trois couleurs, noir, rouge et jaune.

     

    Kyrgios n’aura pas la tâche facile la prochaine fois — de toute manière, demandez-le à qui vous voudrez, aucun match n’est facile, il faut travailler fort dans les coins, rester concentré, ne rien tenir pour acquis, tous les adversaires sont dangereux, etc. —, puisqu’il affrontera Stanislas Wawrinka, 3e tête de série. Le Suisse connaît beaucoup de succès depuis qu’il a remporté les Internationaux d’Australie en 2014. Il a gagné Roland-Garros plus tôt cette année. « Je vais seulement jouer mon jeu et on verra bien », a sagement analysé Kyrgios. En tant qu’homme qui déteste qu’on lui demande de faire des prédictions, je réponds toujours ceci : on verra bien. Pourquoi faire semblant qu’on connaît l’avenir, hein, pourquoi ?













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