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    Tour d’Espagne

    Froome scelle un rare doublé Tour-Vuelta

    11 septembre 2017 | Jean Decotte - Agence France-Presse à Madrid | Actualités sportives
    Le britannique Chris Froome célèbre sur le podium après avoir remporté la Vuelta.
    Photo: Francisco Seco Associated Press Le britannique Chris Froome célèbre sur le podium après avoir remporté la Vuelta.

    Chris Froome a écrit un exploit en lettres majuscules en remportant la première Vuelta de sa carrière et en scellant en l’espace de deux mois un somptueux doublé Tour de France-Tour d’Espagne, inédit la même saison depuis 1978.

     

    Vainqueur en juillet de son quatrième Tour de France, le longiligne leader de l’équipe Sky est remonté sur son vélo moins d’un mois plus tard pour dominer enfin l’épreuve espagnole, où il avait fini trois fois à la deuxième place (2011, 2014, 2016).

     

    « Ces trois derniers mois ont été un tourbillon », a reconnu Froome en recevant un trophée commémoratif de ce doublé sur le podium dressé place de Cibeles, à Madrid. « Merci à tous ceux qui ont fait partie de cette aventure. »

     

    Froome est le premier Britannique à inscrire son nom au palmarès de la Vuelta, où il succède au Colombien Nairo Quintana, vainqueur en 2016.

     

    Un géant britannique

     

    Surtout, « Froomey » inscrit son nom parmi les géants de son sport : il a égalé les Français Jacques Anquetil (1963) et Bernard Hinault (1978), les deux seuls coureurs avant lui à avoir remporté ces deux Grands Tours la même année.

     

    Le natif de Nairobi (Kenya) est le premier à réussir le doublé Tour-Vuelta dans cet ordre depuis le repositionnement à la fin de l’été de la course espagnole, disputée au printemps avant 1995.

     

    Ce qui en dit long sur les capacités de résistance de Froome : le 23 juillet, revêtu du maillot jaune, il levait les bras sur les Champs-Élysées à Paris et, moins d’un mois plus tard, le 21 août, il endossait le maillot rouge de leader de la Vuelta lors de la 3e étape en Andorre.

     

    Malgré une rude opposition et une course débridée, Froome est parvenu à garder sa tunique jusqu’au Paseo del Prado dimanche à Madrid, où l’Italien Matteo Trentin (Quickstep) s’est imposé au sprint pour remporter sa quatrième victoire d’étape dans cette édition.

     

    Le coureur britannique a modestement expliqué qu’il avait abordé la Grande Boucle un peu moins en forme que d’habitude, afin de garder de la fraîcheur pour son grand pari : remporter enfin la Vuelta, cette épreuve qui lui tenait à coeur parce qu’il s’y était révélé en 2011 et pour laquelle il a pleuré à chaudes larmes samedi, une fois sa victoire assurée.

     

    En ramenant le maillot rouge à Madrid, Froome donne tort à ceux qui ne voyaient en lui qu’un coureur programmé pour briller en juillet. Et il offre à Sky une première victoire sur une autre course de trois semaines que le Tour de France, apportant un peu de réconfort à une formation visée par une enquête au Royaume-Uni, notamment sur l’utilisation des autorisations à usage thérapeutique (AUT).

     

    L’Italien Vincenzo Nibali (Bahreïn), deuxième, et le Russe Ilnur Zakarin (Katusha), pour la première fois sur le podium d’un Grand Tour, ont complété le trio de tête final.

     

    Le Pistolero tire sa révérence

     

    Quant à l’Espagnol Alberto Contador (Trek), dont c’était la dernière course avant de prendre sa retraite à 34 ans, il a fini 5e du classement général, non sans avoir fêté ses adieux en remportant samedi l’étape-reine au sommet du mythique col de l’Angliru.

     

    Le peloton a d’ailleurs laissé le champion madrilène pénétrer seul en tête dans les rues de la capitale espagnole, comme un hommage à sa longue et fructueuse carrière : le « Pistolero », triple lauréat de la Vuelta, restera comme l’un des six coureurs à avoir remporté les trois Grands Tours (France, Italie, Espagne), malgré les retraits du Tour de France 2010 et du Giro 2011 pour dopage.

     

    « Je crois que c’est le moment de laisser la place à d’autres coureurs. J’ai toujours voulu tirer ma révérence au plus haut niveau », a réagi Contador, qui a été longuement applaudi sur le podium en venant recevoir son prix de super combatif.

     

    Rejoindre ce cercle très fermé des collectionneurs de Grands Tours est le nouveau défi qui s’offre à Froome, qui n’a plus que le Tour d’Italie à conquérir.

     

    Mais avant de viser le maillot rose du Giro, le Britannique a fait le plein de tuniques dimanche : outre le maillot rouge du classement général, il a aussi gagné le maillot blanc du combiné et participé au sprint massif pour préserver son maillot vert du classement par points menacé par Trentin. Quant au maillot du meilleur grimpeur, il a été décroché par l’Italien Davide Villella (Cannondale).













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