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    Maryam Mirzakhani, la première femme «Nobel» de mathématiques, est décédée

    15 juillet 2017 15h24 | Élodie Cuzin - Agence France-Presse à Washington | Science et technologie
    Maryam Mirzakhani était devenue en 2014 la première femme lauréate de la plus prestigieuse récompense en mathématiques, la médaille Fields, considérée comme le «prix Nobel» de la discipline.
    Photo: STR / The Seoul ICM 2014 / Agence France-Presse Maryam Mirzakhani était devenue en 2014 la première femme lauréate de la plus prestigieuse récompense en mathématiques, la médaille Fields, considérée comme le «prix Nobel» de la discipline.

    Maryam Mirzakhani, mathématicienne iranienne et première femme lauréate de la médaille Fields, la plus prestigieuse récompense dans cette discipline, est décédée samedi aux États-Unis d’un cancer à l’âge de 40 ans, une disparition déplorée par les autorités iraniennes et ses pairs.
     

    D’après son université de Stanford, Maryam Mirzakhani est morte « après une longue bataille contre le cancer ». Elle est décédée dans un hôpital américain, ont précisé des médias iraniens dont l’agence Mehr.

     

    « Maryam est partie bien trop tôt mais son influence restera vivante à travers les milliers de femmes qu’elle a encouragées sur la voie des maths et des sciences », a déclaré le président de Stanford, Marc Tessier-Lavigne. Le journal de l’université californienne, le Stanford News, a salué la mémoire d’une mathématicienne « ambitieuse, déterminée et intrépide face aux problèmes auxquels d’autres ne voulaient pas, ou ne pouvaient pas, s’attaquer ».

     

    En Iran, le président Hassan Rohani a déploré sa « triste disparition », selon le site en anglais de la télévision iranienne PressTV.

     

    Il a salué « le génie inédit de cette scientifique créative » et sa modestie. D’après le chef de l’État iranien, Mme Mirzakhani a « fait résonner le nom de l’Iran dans les sphères scientifiques du monde entier et marqué un tournant pour montrer que les femmes iraniennes et les jeunes veulent parvenir aux sommets de la gloire ».

     

    Son chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif a présenté sur Instagram ses condoléances.

     

    « Une lumière s’est éteinte aujourd’hui. Cela me brise le coeur… partie bien trop tôt », a écrit Firouz Michael Naderi, scientifique américano-iranien et ancien de la NASA, sur Twitter et Instagram au petit matin samedi.

     

    « Un génie ? Oui, mais aussi une fille, une mère et une épouse », a-t-il poursuivi dans un autre message accompagné d’une photo en noir et blanc de Maryam Mirzakhani, coupe courte et regard clair fixé vers l’objectif.

     


    Thèse « chef-d’œuvre »

     

    Née en 1977, Maryam Mirzakhani était devenue en août 2014 la première femme lauréate de la plus prestigieuse récompense en mathématiques, la médaille Fields, considérée comme le « prix Nobel » de la discipline.

     

    Cette spécialiste de la géométrie des formes inhabituelles avait découvert de nouvelles façons de calculer les volumes d’objets avec des surfaces hyperboliques, comme par exemple une selle de cheval.

     

    « Malgré la nature hautement théorique de son travail, il a des applications en physique, mécanique quantique et d’autres disciplines hors des mathématiques », souligne le Stanford News.

     

    Enfant, Maryam Mirzakhani rêvait d’être écrivain mais la fièvre des chiffres et des équations la prend au collège, pour ne plus la quitter.

     

    « C’est amusant, c’est comme faire un puzzle ou résoudre une énigme policière », assurait celle qui se fit remarquer lorsque, adolescente, elle remporta les olympiades internationales des mathématiques deux années de suite, en 1994 et 1995, avec un score parfait à l’issue de la seconde édition.

     

    Alors que l’Iran et les États-Unis ont rompu en 1980 leurs relations diplomatiques, Maryam Mirzakhani quitte son pays pour l’université américaine de Harvard. Elle y décroche un doctorat en 2004 avec une thèse qualifiée de « chef-d’œuvre » par le Stanford News.

     

    « La plupart des mathématiciens ne produiront jamais quelque chose d’aussi bon […] Et elle l’a fait dès sa thèse », avait salué à l’époque un professeur de mathématiques de l’université de Chicago, Benson Farb, cité par le Stanford News.

     

    « Elle peignait »

     

    Elle était ensuite partie enseigner à l’université de Princeton avant de rejoindre Stanford.

     

    Maryam Mirzakhani reste à ce jour la seule femme à avoir décroché la médaille Fields, attribuée depuis 1936 à des mathématiciens de moins de 40 ans.

     

    « Dotée d’une parfaite connaissance d’un éventail très divers de techniques mathématiques et de cultures mathématiques disparates, elle maîtrise une rare combinaison de capacités techniques, d’ambition audacieuse et une profonde curiosité », écrivait le Congrès international des mathématiciens (ICM) en annonçant sa récompense.

     

    « C’est un grand honneur et je serai heureuse si cela encourage de jeunes femmes scientifiques et mathématiciennes », avait alors réagi Maryam Mirzakhani. « Je suis convaincue que de nombreuses autres femmes recevront ce type de récompense dans les prochaines années. »

     

    Selon le Stanford News, « sa méthode de travail préférée pour résoudre un problème était de griffonner sur de grandes feuilles de papier blanc, en annotant ses formules autour de ses dessins. Sa petite fille décrivait sa mère au travail en disant qu’elle “peignait” ».













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