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    Étude

    Le type d’évolution des symptômes permettrait de prédire l’émergence de l’Alzheimer

    19 septembre 2015 |Pauline Gravel | Science et technologie
    Les résultats de cette étude seront d’une grande utilité pour les médecins qui suivent des patients se plaignant de pertes de mémoire.
    Photo: Evan Vucci Associated Press Les résultats de cette étude seront d’une grande utilité pour les médecins qui suivent des patients se plaignant de pertes de mémoire.

    Comment savoir si les problèmes de mémoire dont se plaignent certaines personnes aboutiront au développement de la maladie d’Alzheimer ou s’ils demeureront bénins ? Une étude clinique effectuée à Montréal a montré que c’est le type d’évolution que connaîtront ces premiers symptômes, au cours des nombreuses années précédant le diagnostic d’une démence, qui permettra d’en prédire l’émergence.

     

    L’équipe de chercheurs de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM), de l’Université McGill et de l’Université de Montréal a évalué annuellement les fonctions cognitives de 121 personnes qui, au début de l’étude, présentaient un léger trouble de la cognition. Après avoir observé que 47 de ces personnes ont développé la maladie d’Alzheimer, les neuropsychologues ont cherché à savoir ce qui distinguait leur parcours de celui des autres individus dont l’état cognitif était demeuré stable.

     

    Ils ont notamment découvert que, chez les personnes frappées par la démence, la mémoire verbale — des listes de mots, par exemple — et la mémoire de travail — qui requiert une plus grande attention et une capacité d’inhibition de notre pilote automatique ou des informations non pertinentes pour l’accomplissement d’une tâche — déclinent progressivement, mais très doucement, pendant plusieurs années, avant de se dégrader radicalement et très rapidement deux ans avant le diagnostic. « Le déclin très graduel qui survient pendant plusieurs années indique peut-être que le cerveau compense, qu’il existe des processus naturels de compensation qui permettent au cerveau de maintenir [une activité quasi normale]. Mais, au moment où ces processus de compensation sont eux-mêmes atteints, tout s’effondre », explique la directrice de l’IUGM, Sylvie Belleville, qui a dirigé l’étude. Par contre, l’état des individus qui, au début de l’étude, se plaignaient de problèmes de mémoire, et avec raison, mais qui ont échappé à la maladie d’Alzheimer, est demeuré « totalement stable ». « Ce qui indique que ce n’est pas tant d’avoir un problème de mémoire, mais la progression de ces symptômes qui est un signe de la maladie », souligne Mme Belleville.

     

    Le langage, quant à lui, est préservé pendant la « phase balbutiante » de la maladie, qui peut s’étaler sur plus de 15 ans. Il ne se dégrade qu’après que le diagnostic a été posé.

     

    Un léger trouble de la cognition qui n’aboutit pas à la maladie d’Alzheimer peut découler de problèmes vasculaires au niveau du cerveau, mais aussi d’une apnée du sommeil, d’un manque de sommeil, d’une accumulation de stress, d’une dépression ou d’une plus grande sensibilité aux effets du vieillissement, prévient Mme Belleville.

     

    Selon la chercheuse, les résultats de cette étude, qui sont publiés dans le Journal of Alzheimer’s Disease, seront d’une grande utilité pour les médecins qui suivent des patients se plaignant de pertes de mémoire. Ils serviront aussi de précieux « indicateurs précoces » de la maladie quand un médicament aura été mis au point. Car « il faudra administrer ce médicament le plus tôt possible, avant que le cerveau n’ait perdu un trop grand nombre de neurones, soit bien avant le moment du diagnostic ». Ces indicateurs précoces pourront aussi « motiver les patients en voie de développer une démence à prévenir l’apparition de la maladie en contrôlant mieux leurs facteurs de risque, comme l’hypertension, et en adoptant un meilleur mode de vie », qui inclura une saine alimentation, la pratique d’activités physiques et intellectuelles, la réduction du stress et un bon réseau social.













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