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    Près de la moitié des avortements dans le monde ne seraient pas assez sûrs

    L’OMS s’inquiète du manque de personnel compétent et du recours à des méthodes désuètes

    27 septembre 2017 20h22 |Agence France-Presse | Santé
    <p>Une manifestation pro-avortement à Santiago, au Chili, en juillet dernier. Le pays a dépénalisé l'avortement thérapeutique deux mois plus tard, le 14 septembre. </p>
    Photo: Martin Bernetti Agence France-Presse

    Une manifestation pro-avortement à Santiago, au Chili, en juillet dernier. Le pays a dépénalisé l'avortement thérapeutique deux mois plus tard, le 14 septembre. 

    Paris — Près de la moitié des avortements réalisés chaque année dans le monde (25,5 millions sur un total de 55,7) ne se déroule pas dans des conditions de sécurité suffisantes, s’alarme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans une étude publiée jeudi.

     

    Parue dans la revue The Lancet, cette étude « souligne le besoin de garantir un accès sûr à l’avortement tel que la loi le permet [selon les pays], en particulier dans les pays à faible revenu, et la nécessité de remplacer les méthodes peu sûres par des méthodes sûres », selon ses auteurs.

     

    L’étude a été menée par l’OMS en partenariat avec l’institut américain Guttmacher, spécialisé dans le contrôle des naissances.

     

    Trois niveaux

     

    Les auteurs de l’étude ont utilisé une échelle de trois niveaux pour évaluer le plus finement possible les pratiques d’avortement : « sûres », « moins sûres » et « les moins sûres ».

     

    Quelque 55 % (30,6 millions) des avortements pratiqués entre 2010 et 2014 dans le monde sont considérés comme sûrs, c’est-à-dire réalisés par un personnel formé et selon une méthode recommandée par l’OMS (administration de médicaments, aspiration, etc.).

     

    Quelque 30,7 % (17,1 millions) des avortements sont considérés comme « moins sûrs ». C’est le cas s’ils sont réalisés par un personnel formé, mais avec une méthode datée (comme le curetage), ou à l’inverse avec des moyens sûrs (dont l’usage du misoprostol, un médicament largement utilisé) mais en l’absence de personnel compétent.

     

    Au bas de l’échelle, on trouve les avortements « les moins sûrs » (14,4 %, soit 8 millions), car réalisés par des gens qui ne sont pas formés et utilisent des méthodes dangereuses et/ou invasives (ingestion de substances caustiques, insertion de corps étrangers, utilisation de breuvages traditionnels).

     

    Lois et infrastructures

     

    La proportion d’avortements « sûrs » est de 25 % ou moins dans la plupart des régions d’Afrique et d’Amérique Latine.

     

    Cependant, en Amérique Latine, la plupart des avortements considérés comme n’étant pas suffisamment sûrs figurent dans la catégorie « moins sûrs », et non « les moins sûrs », contrairement à l’Afrique.

     

    Dans les pays développés, 87,5 % des avortements sont considérés comme « sûrs ».

     

    L’exception notable est l’Europe de l’Est, où la proportion des avortements considérés comme pas suffisamment sûrs est plus élevée qu’en Europe de l’Ouest (14,2 % contre 6,5 %), « sans doute en raison de la persistance de pratiques médicales datées comme le curetage ».

     

    « La plus haute proportion d’avortements sûrs est observée dans les pays où les lois sont les moins restrictives, qui ont un haut niveau de développement économique et des infrastructures de santé développées », note l’auteur principal de l’étude, le docteur Bela Ganatra de l’OMS.













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