Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Forte augmentation des prescriptions de médicaments pour le TDAH

    28 septembre 2017 |Isabelle Paré | Santé
    Le nombre de prescriptions chez les jeunes est passé de plus de 24 000 en 2006-2007 à plus de 47 000 en 2014-2015.
    Photo: Vasiliki Varvaki Getty Images Le nombre de prescriptions chez les jeunes est passé de plus de 24 000 en 2006-2007 à plus de 47 000 en 2014-2015.

    Le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) aurait touché 6 % des jeunes de 0 à 25 ans inscrits au régime public d’assurance médicaments en 2014-2015, soit près de trois fois plus que ce qui a été observé ailleurs dans le reste du Canada.

     

    Selon une analyse des données provenant de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), la prévalence de l’usage des médicaments spécifiques au TDAH chez les enfants et les jeunes adultes a atteint 6,4 %, au Québec en 2014-2015 alors qu’elle était de 2,4 % ailleurs au pays.

     

    Ces données sont tirées d’un portrait de la situation que vient de dresser l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) en prévision des recommandations que l’organisme-conseil doit livrer en 2018 sur le traitement des enfants et jeunes adultes atteints de TDAH. L’INESSS avait été saisi de cette question par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à la suite des préoccupations soulevées par l’augmentation en flèche des médicaments prescrits pour traiter les symptômes de cette condition.

     

    Le portrait qu’a dressé l’INESSS permet d’estimer qu’environ un jeune âgé de 0 à 25 ans sur vingt serait atteint de ce trouble neurologique qui touche deux à quatre fois plus de garçons que de filles. L’étude se base sur la consommation de ces médicaments spécifiques, et sur les diagnostics médicaux enregistrés auprès de la RAMQ.

     

    Selon les données obtenues de la RAMQ, l’usage de médicaments spécifiques au TDAH a augmenté dans tous les groupes d’âge au cours des trois dernières années et le nombre de prescriptions chez les jeunes est passé de plus de 24 000 en 2006-2007 à plus de 47 000 en 2014-2015. La prévalence de l’usage de ces médicaments chez les jeunes âgés de 0 à 25 ans couverts par le régime public d’assurance médicaments est passée de 2,7 % en 2006-2007 à 4,9 % en 2012-2013, 5,3 % en 2013-2014 puis 5,8 % en 2014-2015.

      

    Hausse des nouveaux diagnostics

     

    Pour la seule année 2014-2015, pas moins de 5052 nouveaux usagers, diagnostiqués d’un trouble de l’attention, ont été ajoutés aux données de la RAMQ. Le tour d’horizon dressé par l’INESSS révèle de fortes différences dans l’évolution de l’usage de ces médicaments selon les groupes d’âge et les régions. Si la proportion d’usagers chez les enfants de 6 à 12 ans tend à régresser, la population des 13 à 25 ans compte désormais plus de la moitié des jeunes auxquels sont prescrits ces médicaments psychoactifs.

     

    Les régions de Montréal et de la Montérégie sont celles qui comptent aussi la plus forte proportion d’usagers recevant un traitement pharmacologique pour le TDAH.

      

    Nés en été

     

    Autre constat surprenant, les données ont permis d’observer que les diagnostics de TDAH étaient plus fréquents chez les enfants nés en été — au cours des mois de juin, de juillet et d’août — qui ont fait leur entrée à l’école à un âge plus précoce que leurs camarades de classe. Ces observations confirment celles déjà faites par des chercheurs de l’ouest du pays qui avaient comparé la prévalence du TDAH chez des enfants de mêmes niveaux scolaires, mais d’âges différents. À cet égard, le regard et la perception des enseignants joueraient un rôle non négligeable dans le jugement porté sur les comportements adéquats ou non des enfants.

     

    Un avis à venir

     

    Une multitude d’études antérieures avaient observé une hausse importante de la proportion de jeunes consommateurs de médicaments psychoactifs au Québec. Le phénomène est aussi en croissance chez les adultes, qui consomment désormais environ 40 % des psychostimulants prescrits. Quant à l’écart qui sépare le Québec du reste du Canada, l’INESSS rappelle que plusieurs études attribuent en partie ce fossé à l’existence du régime public d’assurance médicaments au Québec, qui rend plus facile l’accès aux psychostimulants pour les familles de tous revenus. Pour l’instant, le rapport de l’INESSS s’est limité à chiffrer l’ampleur du problème au Québec, mais un avis sur les mesures à envisager sera remis au ministre de la Santé au cours de l’année 2018.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.