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    Faubourg Contrecoeur: Frank Zampino défend son amitié avec Paolo Catania

    6 septembre 2017 |Jeanne Corriveau | Justice
    Les bouteilles de vin et les voyages ne l’ont pas influencé, dit l’ex-numéro 2 de la Ville.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les bouteilles de vin et les voyages ne l’ont pas influencé, dit l’ex-numéro 2 de la Ville.

    Frank Zampino a reçu des bouteilles de vin de Paolo Catania, partagé des repas et voyagé avec l’entrepreneur qui a obtenu le contrat du Faubourg Contrecoeur. Mais lors de son témoignage mardi, l’ex-numéro 2 de la Ville de Montréal a assuré que les liens d’amitié qu’il a développés avec Paolo Catania n’ont pas influencé les décisions qu’il a prises alors qu’il dirigeait le comité exécutif.

     

    Au milieu des années 2000, il était commun que les élus reçoivent des « marques d’hospitalité » de la part des fournisseurs et entrepreneurs. C’était une « tradition », a expliqué Frank Zampino au cinquième jour de son témoignage dans le cadre du procès du Faubourg Contrecoeur.

     

    À l’époque, il n’y avait pas de code d’éthique en vigueur à la Ville de Montréal, a-t-il fait valoir. Outre les bouteilles de vin données par des entrepreneurs à Noël, les élus recevaient des billets pour des matchs de hockey, étaient invités dans les loges du Centre Bell ou avaient droit à divers petits cadeaux.

     

    Pendant deux ou trois ans, Paolo Catania a fait livrer des bouteilles de vin à la résidence de Frank Zampino, à l’occasion des Fêtes. « C’était accepté à l’époque. Je n’ai jamais pensé que c’était une compensation pour quelque chose que j’avais fait », a déclaré M. Zampino à la cour.

     

    Les invitations de Paolo Catania

     

    L’ancien numéro 2 de la Ville de Montréal a raconté qu’il avait fait la connaissance de Paolo Catania en octobre 2005. M. Catania avait demandé un rendez-vous avec lui pour l’inviter, à titre de maire de Saint-Léonard, à une fête en l’honneur de son père, Frank Catania, qui prenait sa retraite. Frank Zampino et son épouse ont accepté l’offre. La fête a eu lieu le mois suivant dans un hôtel du centre-ville.

     

    Frank Zampino a confirmé qu’il a rencontré à une douzaine de reprises l’entrepreneur Paolo Catania entre 2005 et 2008. Les discussions ne portaient pas seulement sur le Faubourg Contrecoeur, mais aussi sur d’autres projets de la Ville qui intéressaient l’entrepreneur, comme le CUSM au site Glen, la gare de triage Outremont ou le Quartier des spectacles.

     

    Écouter ce que les gens d’affaires et les promoteurs ont à dire ne signifie pas qu’on échange de l’information privilégiée ou confidentielle, a souligné Frank Zampino.

     

    Il a également participé à des événements privés à l’invitation de Paolo Catania. En octobre 2006, il s’était ainsi rendu avec son épouse à une fête pour l’une des filles de Paolo Catania à son chalet de Piedmont. Puis, en février 2008, le couple a partagé un repas chez M. Catania.

     

    Les voyages

     

    Frank Zampino estime normal de développer des liens d’amitié dans la vie professionnelle. « Ce ne sont pas des activités où il y a une intention de discuter de dossiers en lien avec la Ville », a-t-il dit en affirmant avoir toujours été en mesure de tracer une ligne entre ses relations d’amitié et ses décisions à titre d’élu.

     

    L’ex-élu a aussi participé à des voyages en compagnie de Paolo Catania. Il a notamment effectué un voyage à la Barbade en mai 2007 et sa femme a payé les frais de ce périple. « C’était à l’invitation d’un couple dont on appréciait la compagnie », a expliqué M. Zampino pour justifier ce voyage.

     

    Il s’est également rendu avec sa famille en Floride en mars 2008, à la recherche d’un condo. L’ancien collecteur de fonds d’Union Montréal, Bernard Trépanier, lui avait offert de prendre à sa charge les billets d’avion. À la divulgation de la preuve en prévision de son témoignage de la commission Charbonneau, Frank Zampino a cependant appris que, dans les faits, les billets avaient été payés par Paolo Catania. « J’ai été choqué », a-t-il dit.

     

    Peu après son départ de la Ville en juillet 2008, Frank Zampino a aussi participé, à titre de consultant pour Construction F. Catania, à deux missions au Maroc.

     

    Le contre-interrogatoire de Frank Zampino, qui a commencé en fin d’après-midi mardi, se poursuivra jeudi.

     

    Rappelons que l’ex-bras droit de Gérald Tremblay fait face à des accusations de fraude, d’abus de confiance et de complot. Paolo Catania et quatre employés de Construction F. Catania sont aussi accusés dans cette affaire.













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