Climat: 5 % de chances de limiter le réchauffement à 2°C

<p>Les calculs des chercheurs intègrent des efforts pour limiter l’utilisation des énergies fossiles.</p>
Photo: Johannes Eisele Agence France-Presse

Les calculs des chercheurs intègrent des efforts pour limiter l’utilisation des énergies fossiles.

Paris — Il y a 5 % de chances de limiter le réchauffement climatique à 2°C, l’objectif fixé par l’accord de Paris scellé par la communauté internationale en 2015, selon des chercheurs.

 

Les chances d’atteindre l’objectif de 1,5°C, également contenu dans l’accord, ne sont que d’1 %, estiment-ils dans une étude parue lundi dans la revue Nature Climate Change.

 

Une équipe de scientifiques basée aux États-Unis a utilisé des projections de croissance de la population pour estimer la production future et les émissions de carbone dues à l’utilisation d’énergies fossiles qu’elle entraîne.

 

Sur la base de ces données, « l’augmentation de la température est probablement de 2°C à 4,9° C, avec une valeur médiane de 3,2°C et 5 % de chances qu’elle soit inférieure à 2°C », écrivent les chercheurs.

 

Scénario optimiste

 

Leurs calculs ne sont pas basés sur le pire scénario, avec une consommation d’énergie toujours aussi intense, mais intègrent des efforts pour limiter l’utilisation des énergies fossiles, précisent-ils.

 

Ils ne prévoient pas en revanche la possibilité d’un basculement massif et soudain vers les énergies renouvelables.

 

« Atteindre l’objectif d’un réchauffement inférieur à 1,5°C suppose que l’intensité en carbone baisse bien plus vite que dans le passé récent », relèvent les chercheurs.

 

Dans l’accord de Paris, la communauté internationale s’est engagée à limiter la hausse de la température mondiale « bien en deçà de 2°C » et à « poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C », par rapport au niveau d’avant la Révolution industrielle, afin d’éviter les conséquences dévastatrices du changement climatique (sécheresses, hausse du niveau des océans, tempêtes…).

 

Les experts ont averti depuis longtemps que même l’objectif des 2°C serait difficile à atteindre.

 

Le GIEC, le groupe d’experts internationaux dont les travaux font référence sur le climat, recommande de réduire de 40 à 70 % les émissions de gaz à effet de serre provenant des énergies fossiles d’ici à 2050 par rapport à leur niveau de 2010.

 

L’accord de Paris est moins précis, ses signataires se fixant pour objectif que les émissions atteignent leur pic « dès que possible ».

 

Selon les Nations unies, la population mondiale va grimper d’environ 7,5 milliards de personnes actuellement à 11,2 milliards d’ici à 2100, augmentant encore la pression sur les ressources énergétiques.

2 commentaires
  • Jacques Lapointe - Abonné 1 août 2017 01 h 10

    C'est tout un score

    Et pendant ce temps Trudeau va nous dire que le Canada fait un grand effort pour réduire ses rejets de CO2, et ce, en approuvant l’augmentation d’environ 38 % la production de pétrole des sables bitumineux et en autorisant des pipelines. Je crois qu’il pense remplacer le frère André, car lui à ma connaissance il ne fait plus de miracle. À moins qu’il pense à se trouver un job au cirque du soleil. Il semble avoir de bonnes aptitudes pour travailler là.

  • Marc Brullemans - Abonné 1 août 2017 14 h 05

    Les lunettes roses

    James Hansen compte parmi les scientifiques qui ne rosissent pas la situation climatique régnant sur notre planète. Dans son dernier papier (https://www.earth-syst-dynam.net/8/577/2017/esd-8-577-2017.pdf), il répète l'importance de la cible du 350 ppm de gaz carbonique dans l'atmosphère, impliquant nécessairement une humanité capable de stocker durablement du carbone (l'atmosphère en contient présentement 405 ppm: https://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/global.html). Il montre aussi que malgré nos efforts, le taux d'accroissement du forçage radiatif va en augmentant (figure 14). Lorsque l'on compare les constats mis de l'avant par cet article scientifique et les programmes de réduction des GES du Québec et du Canada, nous voyons bien que nos gouvernants possèdent des lentilles cornéennes roses, collées, dirait-on, à demeure sur leur cornée.