Pétrolia veut fusionner avec une entreprise de Calgary

Les forages du projet Haldimand de Pétrolia sont situés à environ 350 mètres d’un secteur résidentiel de Gaspé.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les forages du projet Haldimand de Pétrolia sont situés à environ 350 mètres d’un secteur résidentiel de Gaspé.

L’entreprise québécoise Pétrolia devrait passer sous le contrôle de la société albertaine Pieridae Energy, qui se spécialise dans le développement de projets de gaz naturel liquéfié. Au terme du processus de fusion annoncé lundi, la nouvelle entité détiendra plusieurs permis d’exploration en Gaspésie.

 

En vertu d’un accord conclu le 15 mai et qui doit être approuvé par les actionnaires de Pétrolia et de Pieridae, les deux entreprises devraient former une nouvelle structure sous le nom de Pieridae Energy Limited. La nouvelle entreprise maintiendra des bureaux à Calgary, à Québec et à Halifax. Le réel contrôle sera toutefois exercé depuis l’Alberta, puisque les actionnaires de Pieridae détiendront la majorité des actions de la nouvelle entité.

Selon ce qu’a fait valoir Pétrolia par voie de communiqué, cette nouvelle entité sera surtout spécialisée dans la production et la distribution de gaz naturel liquéfié (GNL). Elle devrait permettre aux actionnaires de Pétrolia, dont Investissement Québec (13 % de l’actionnariat), de « participer à l’industrie du GNL à travers le développement d’une société énergétique pleinement intégrée et permettra une exploitation accélérée des propriétés de Pétrolia tout en offrant un marché à long terme pour toute production gazière ».

 

Port méthanier

 

Pieridae concentre actuellement ses activités autour du développement du terminal méthanier Goldboro, en Nouvelle-Écosse. Ce projet doit permettre de liquéfier du gaz naturel exploité notamment aux États-Unis, en vue de son exportation vers l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Asie.

 

Quant à Pétrolia, elle mise sur le développement du projet Bourque, situé à l’est de Murdochville. Celui-ci pourrait renfermer un important potentiel en gaz naturel, mais aussi possiblement en pétrole. Premier actionnaire de l’entreprise, le gouvernement du Québec a d’ailleurs investi plus de 12 millions de dollars dans le projet Bourque. Des forages exploratoires ont déjà été réalisés, dont deux forages horizontaux achevés en 2016.

 

Pour le moment, le potentiel d’exploitation commerciale d’énergies fossiles reste à préciser. Si le projet de Bourque va de l’avant, il est prévu de construire un gazoduc, puis une usine flottante de liquéfaction de gaz naturel dans la baie de Gaspé, en vue de l’exportation de la ressource.

 

Pétrole à Gaspé

 

Le directeur des affaires publiques de Pétrolia, Jean-François Belleau, a d’ailleurs indiqué lundi que la fusion avec Pieridae Energy devrait permettre à l’entreprise québécoise de « continuer le développement » de ses projets, dont le projet Bourque.

 

Il a aussi précisé que l’entreprise entend conserver ses permis d’exploration pétrolière et gazière, qui recouvrent une bonne partie du territoire de la Gaspésie.

 

La fusion avec une entreprise surtout spécialisée dans le secteur du gaz naturel ne signifie pas que Pétrolia laisser tomber ou retarde le projet pétrolier Haldimand, a indiqué M. Belleau. Un « test de production » réalisé l’an dernier a permis d’extraire 1200 barils de pétrole, peut-on lire dans le rapport annuel de l’entreprise.

 

Pour la suite, Pétrolia travaille sur un programme de « stimulation » qui pourrait inclure des opérations de fracturation. Elle n’a toutefois pas précisé d’échéancier. Le hic, c’est que la Ville de Gaspé s’oppose clairement au projet Haldimand.

 

Anticosti

 

Par ailleurs, Pétrolia assure que ses actionnaires seront compensés si la compagnie réussit à négocier une sortie de contrat avec le gouvernement Couillard. Celui-ci désire mettre fin à une entente qui prévoyait l’exploration des ressources pétrolières sur l’île d’Anticosti.

 

« Si jamais il y a un règlement avec le gouvernement sur Anticosti, un paiement là-dessus, les actionnaires de Pétrolia vont bénéficier. Il y aura 50 % de cet argent qui ira aux actionnaires, l’autre 50 % pour continuer à développer nos projets », a affirmé le président du conseil d’administration de Pétrolia, Myron Tétreault, en entrevue à La Presse canadienne.

3 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 15 mai 2017 17 h 49

    ???

    Qui sont les actionnaires de Petrolia Energy, une firme créée en 2011 ?

  • Daniel Bérubé - Abonné 16 mai 2017 04 h 07

    Tout à fait normal...

    Qui ne savait pas que Petrolia ne ferait qu'un temps, et qu'en fait, son but principal n'était pas de partir une nouvelle pétrolière "Québécoise", mais de faire des recherches et ensuite vendre l'entreprise avec profits souvent plus qu'intéressant pour les actionnaires !

    Projet mis en marche par des Québécois, intéressant ! Mais nous savons tous que quand des découvertes de puits sont faite, c'est la vente de l'entreprise avec ses découvertes, car seule une pétrolière peut entreprendre l'exploitation dû aux investissement requis. C'est un peu comme ouvrir la porte aux pétrolières pour faciliter leur entré au Québec. Mais... ils risquent de frapper un noeud !

    Et pas question de laisser l'ONF CONTINUER le projet Énergie Est, s'ils ne sont plus crédible pour les pipes-lines de l'ouest, ils ne le sont pas plus pour l'est !

  • Daniel Grant - Abonné 16 mai 2017 19 h 33

    Toute une fusion!


    Une à déjà démontré qu’elle pouvait siphonner pratiquement tout le fond souverain de l’Alberta en laissant derrière elle un désastre écologique et Pétrolia aspire à faire de même.

    Ils vont se mettre à deux;
    - pour siphonner les fonds publiques
    - pour obtenir de généreuses subventions
    - pour négocier des réductions de royautés
    - pour négocier de beaux prêts sans droits de regard de la BCD
    - pour exproprier les ‘méchants’ propriétaires qui oseraient s’objecter à la démolition près de chez-eux, sans compensation
    - faire taire ceux qui oseraient s’objecter à la puanteur de l’air (torchères qui brûlent 24/7), à la contamination de leur eau, à la toxicité de leur terre, faune et flore
    - pour payer des communicants bien cravatés pour venir mentir à la population
    - pour dire que ceux qui pensent que la pollution c’est l’affaire de tous, ne sont que des personnes qui souffrent de toutes sortes d’épithètes bien choisies qui finissent souvent en ..istes comme extrémistes de l’écologie (lire Marchands de doute). Mais pas un mots sur les dégâts causés par les extrémistes de l’extraction.
    - pour s’allier avec la police/GRC (SITKA) pour nous protéger de ces méchants propriétaires qui se plaindront de la dévaluation de leur terres causée par les tremblements de terre de la fracturation (appelée ‘stimulation’ avec la bouche en coeur), aux bruits causés par les compresseurs de fracturation et le pourrissement de leur existence
    - pour renforcer leur association avec les vendeurs de canons

    et j’en passe.


    Et si ça ne marche pas?

    Ils pourront toujours blâmer le QC pour faire obstruction à leur entreprise de destruction et Pétrolia connait déjà quelles ficelles tirer pour attirer les pénalités (200$M de nos taxes) que Couillard s’apprête à verser sans sourciller.
    Serait-ce trop sarcastique d’imaginer qu’une partie de cette somme pourrait atterrir dans les coffres du PLQ ou dans les poches de quelques politiciens?

    Bel avenir M. Couillard / Arcand