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    Libre opinion

    La sollicitation téléphonique est une jungle

    13 octobre 2017 | André Racicot - Gatineau | Actualités en société
    Un certain nombre de mesures simples pourraient aider à faire le ménage dans cette jungle qu’est devenue la sollicitation téléphonique, croit l'auteur. 
    Photo: Brian Jackson Getty Images Un certain nombre de mesures simples pourraient aider à faire le ménage dans cette jungle qu’est devenue la sollicitation téléphonique, croit l'auteur. 

    Il y a quelques semaines, j’ai reçu en après-midi un appel d’un numéro affiché, mais dont le détenteur était anonyme. Comme cela arrive trop souvent, il n’y avait personne à l’autre bout du fil. J’ai donc raccroché, pour me rendre compte ensuite que ma ligne était bloquée par ce numéro. J’étais incapable de faire un appel ou d’en recevoir. Cet appel pirate équivaut à un méfait.

     

    Chez Vidéotron, on m’a dit de réinitialiser mon modem. La ligne a été débloquée. Troublant quand même. Le même numéro a rappelé à deux autres reprises, bloquant ma ligne de nouveau.

     

    Toujours chez Vidéotron, on m’a dit qu’on ne pouvait rien faire pour bloquer ce genre d’appel, à moins que je souscrive à un service spécial coûtant dix dollars par mois… Ces appels intrusifs sont faits par des robots qui cherchent à déterminer si votre numéro est valide en prévision d’appels futurs de télémarketing.

     

    Une loi pleine de trous

     

    À la lumière de cette expérience, on voit que le consommateur est laissé sans défense devant les pirates de la téléphonie, même s’il est inscrit comme moi sur la Liste nationale de numéros de télécommunication exclus. Je suis sûr que les autres compagnies de téléphonie s’en lavent aussi les mains.

     

    Certains feront valoir que l’ancien gouvernement a justement fait adopter une loi pour réglementer le télémarketing. Mais elle est pleine de trous. Qu’on en juge : les firmes de sondages, les entreprises de presse, les organismes de charité, les commerces avec qui vous faites affaire, etc. peuvent vous appeler librement, même si votre nom est inscrit sur la liste en question.

     

    Le consommateur qui s’y inscrit constate une baisse importante du nombre d’appels. Pourtant, il est clair que beaucoup d’entreprises font fi de la loi. Depuis des années, des cabinets d’astrologie sévissent en faisant de la sollicitation illégale plusieurs fois par année au même numéro censément exclu ; des entrepreneurs se faisant faussement passer pour des mandataires du gouvernement du Québec tentent de vous vendre des échangeurs d’air ; des cabinets vendant des services financiers vous appellent pour consolider vos dettes, etc. La liste est longue.

     

    Comment tout ce beau monde arrive-t-il à violer ouvertement la loi en contactant des personnes dûment inscrites sur la fameuse liste d’exclusion ? D’après une ancienne députée à qui j’ai fait part de mes doléances, il semblerait que le personnel est insuffisant pour appliquer la loi avec efficacité. Après les entreprises de téléphonie, c’est le gouvernement qui laisse tomber la population.

     

    La majorité des Canadiens serait ravie de voir un gouvernement fédéral mettre enfin ses culottes et prendre la défense du public en interdisant purement et simplement ce fléau qu’est le télémarketing. Mais soyons réalistes, cela ne risque pas d’arriver bientôt.

     

    Des mesures simples

     

    Pourtant, un certain nombre de mesures simples pourraient aider à faire le ménage dans cette jungle qu’est devenue la sollicitation téléphonique.

     

    On pourrait commencer par appliquer la loi sérieusement en sévissant contre toutes ces entreprises qui font de la sollicitation illégale depuis des années, sans coup férir. Donc, embaucher le personnel nécessaire pour que la loi du précédent gouvernement soit plus que symbolique.

     

    Deuxièmement, il faudrait réviser la loi en question et restreindre considérablement le bassin d’entreprises qui peuvent communiquer avec vous, même si vous êtes inscrit sur la liste d’exclusion.

     

    Troisièmement, forcer les entreprises de téléphonie à bloquer les numéros de robots et de tout autre solliciteur dès que celui-ci est identifié par un organisme d’application de la loi. Il va sans dire que ce blocage serait effectué gratuitement. Certains objecteront que plusieurs de ces appels proviennent des États-Unis. Et alors ? Qu’on ne vienne pas me faire croire que Bell, Vidéotron et tous les autres n’ont pas les moyens nécessaires pour les empêcher d’embêter les gens.

     

    Quatrièmement, interdire formellement aux entreprises commerciales et aux organismes de charité d’échanger vos coordonnées avec des tiers, sans vous en demander la permission. Actuellement, elles peuvent le faire librement, à moins que vous ne cochiez une toute petite case sur un formulaire…

     

    Certains diront qu’il n’y a rien à faire. Mais n’oublions pas que la loi effilochée adoptée par le gouvernement précédent est le fruit de pressions constantes exercées par les électeurs sur leur député.













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