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    Menaces sur l’agriculture de proximité

    Des milliers d’hectares autour de Montréal pourraient être perdus, craint l’UPA

    La menace exposée par l’Union des producteurs agricoles serait d’aussi grande ampleur dans les couronnes nord et sud de Montréal.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La menace exposée par l’Union des producteurs agricoles serait d’aussi grande ampleur dans les couronnes nord et sud de Montréal.

    Près de 2000 hectares de terres agricoles sont en péril sur le territoire de la communauté métropolitaine de Montréal (CMM), dénoncera ce jeudi l’Union des producteurs agricoles (UPA) en compagnie de groupes environnementaux.

     

    Les plus récentes données compilées par l’UPA, dont Le Devoir a obtenu copie, indiquent dans un premier temps que 1000 hectares de terres agricoles sont ciblés pour de nouveaux usages non agricoles dans les villes des couronnes nord et sud de Montréal.

     

    Pour arriver à cette estimation, l’UPA a analysé l’ensemble des dossiers traités, en cours de traitement ou traités prochainement par la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) pour des demandes d’usage à des fins autres que l’agriculture.

    2000
    Nombre d’hectares de terres agricoles en péril sur le territoire de la communauté métropolitaine de Montréal, selon l’UPA
     

    La CPTAQ a pour mandat d’accéder ou non à ces demandes en appliquant la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles.

     

    La menace exposée par l’UPA serait d’aussi grande ampleur dans les couronnes nord et sud de Montréal.

     

    Au nord de la métropole, la ville de Mirabel (250 hectares) serait la plus ciblée par des demandes d’usages non agricoles, suivie par la municipalité régionale de comté (MRC) de Deux-Montagnes (140 hectares).

     

    Au sud, les MRC de Marguerite-D’Youville (180 hectares), de La Vallée-du-Richelieu (160 hectares) et de Beauharnois-Salaberry (150 hectares) sont les plus visées.

     

    Impacts supplémentaires

     

    En plus de ces 1000 hectares ciblés par des projets domiciliaires ou des activités économiques en tout genre, l’UPA estime que le projet de loi 85, qui doit notamment permettre l’implantation d’un corridor de développement économique aux abords de l’autoroute 30, met en danger 1000 hectares de terres agricoles supplémentaires.

     

    Ces terres seraient dans le collimateur en raison de l’installation prochaine d’entreprises du domaine de la logistique des transports. L’UPA conclut donc que si rien n’est fait, ce sont plus de 2000 hectares de terres agricoles qui pourraient être convertis pour être utilisés à d’autres fins que l’agriculture.

     

    Le syndicat lancera un « cri d’alarme » ce jeudi, dénonçant la multiplication des projets de dézonage dans la région métropolitaine aux côtés d’Équiterre, de la Fondation David Suzuki et de l’organisme Vivre en ville, qui se spécialise dans les questions d’aménagement du territoire.

     

    Ils feront notamment valoir que plusieurs municipalités de la CMM considèrent les terres agricoles comme une banque de terrains disponibles pour un éventuel développement résidentiel, commercial ou industriel.

     

    Portrait moins sombre

     

    L’inquiétude de l’UPA concernant la protection des terres agricoles ne date pas d’hier.

     

    En 2015, elle avait par exemple organisé une sortie médiatique semblable à celle de jeudi pour éviter l’affaiblissement de la CPTAQ. Depuis des années, elle soutient que les municipalités ouvrent la porte à des dézonages pour augmenter leurs revenus tirés de l’impôt foncier.

     

    Le rapport annuel 2016-2017 de la CPTAQ brosse cependant un portrait moins sombre que celui dépeint par le syndicat agricole : au cours du dernier exercice financier, la Commission a rendu des décisions permettant l’exclusion de 420 hectares de terres agricoles, ce qui constitue la plus petite superficie autorisée en dix ans.

     

    Les plus récentes données de la CPTAQ révèlent par ailleurs que la superficie totale de la zone agricole québécoise a peu varié au cours des dix dernières années. Elle est passée de 6 306 222 hectares en 2007-2008 à plus de 6 307 900 hectares quatre ans plus tard, pour revenir à un niveau semblable par la suite. Elle est aujourd’hui de 6 305 999 hectares.













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