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    Idées

    Financer des stages ou des formations d’appoint, un outil pour mieux intégrer les immigrants

    11 octobre 2017 | Gyslaine Desrosiers - Présidente du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), qui réunit les 46 ordres au Québec | Actualités en société
    Environ 1000 immigrants par an se découragent et abandonnent leur ambition d’obtenir un titre professionnel. Le gouvernement devra cibler le financement des stages et des formations d’appoint comme une priorité immédiate, estime l'auteure. 
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Environ 1000 immigrants par an se découragent et abandonnent leur ambition d’obtenir un titre professionnel. Le gouvernement devra cibler le financement des stages et des formations d’appoint comme une priorité immédiate, estime l'auteure. 

    Le premier ministre Philippe Couillard et six de ses ministres convient les ordres professionnels à une « grande rencontre » le 12 octobre pour faciliter la concertation entre tous les ministères et les ordres afin d’améliorer le parcours des professionnels immigrants et ultimement faciliter leur intégration aux professions réglementées. Cette initiative doit être saluée et nous espérons qu’elle aboutira à des actions concrètes réclamées par le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ).

     

    Le Québec se situe parmi les régions les plus accueillantes du monde : le taux d’immigration y est d’environ 6/1000. Cela est plus élevé qu’en France (2/1000) ou aux États-Unis (3/1000). Ce taux crée énormément de pression sur les mesures d’intégration. Les professions réglementées comptent pour 10 % de l’emploi au Québec. Sur les 50 000 immigrants que reçoit le Québec par année, environ 5000 demandent à être admis dans un des 46 ordres professionnels.

     

    Dans les faits, dix ordres totalisent 84 % des demandes. Plus de 11 000 immigrants ont obtenu un titre professionnel au cours des quatre dernières années, et moins de 500 demandes par an sont refusées par les ordres.

     

    Stages et formations d’appoint : le coeur du défi

     

    Il faut savoir qu’environ 1500 demandeurs obtiennent une équivalence partielle, qui requiert un stage ou un complément de formation. C’est là le coeur du défi, car les stages sont sous la responsabilité des employeurs privés ou publics, qui n’ont pas les ressources ou qui ne voient pas l’intérêt d’engendrer des dépenses pour des stagiaires, surtout s’ils n’ont pas de pénurie d’effectifs. Le CIQ demande en urgence un programme de financement de l’accès aux stages et aux compléments de formation dont l’offre est limitée dans les cégeps et universités. Une autre embûche est la crise de finances personnelles touchant ces demandeurs professionnels durant la période d’analyse du dossier, de stage ou de formation d’appoint. Le programme ACEM (Association communautaire d’emprunt de Montréal) requiert une nouvelle capitalisation et l’aide de Québec à cet effet.

     

    Rappelons que c’est le gouvernement québécois qui fixe le diplôme requis pour être admis à une profession. De plus, en vertu du Code des professions, sur recommandation des ordres, il adopte les règlements d’équivalence de diplôme et de formation de chacun d’eux. Ces règlements d’équivalence s’appliquent aux professionnels immigrants qui font une demande de permis d’exercice. À la suite d’une entente-cadre entre les gouvernements français et québécois, la plupart des ordres ont signé un accord de reconnaissance mutuelle avec leur vis-à-vis de la France, ce qui permet une admission accélérée des Français. L’analyse de l’équivalence repose sur la comparaison avec les personnes qui étudient au Québec. Il n’y a aucune improvisation : l’équité envers les diplômés québécois et la protection du public guident cet exercice complexe d’équivalence. Par ailleurs, les ordres ont révisé leurs processus et plusieurs approches innovantes ont été soutenues par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI). D’autres projets se déploient pour réduire les délais de traitement des dossiers.

     

    Urgence d’agir

     

    Environ 1000 personnes par an se découragent et abandonnent leur ambition d’obtenir un titre professionnel. Beaucoup d’espoirs déçus ! Le gouvernement devra remédier à la situation et cibler le financement des stages et des formations d’appoint comme une priorité immédiate. Le Québec est fier de ses professionnels de réputation mondiale. On ne peut abaisser les normes d’admission aux professions, mais on pourrait grandement faciliter leur atteinte pour les nouveaux arrivants. Il y a urgence d’agir pour ces milliers de personnes qui ont été invitées à contribuer à la vie du Québec.













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