Amir Khadir défend sa liberté de parole

Le députe de Québec solidaire Amir Khadir
Photo: Améli Pineda Le Devoir Le députe de Québec solidaire Amir Khadir

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a confirmé jeudi avoir tenu les propos qui lui sont reprochés par un ancien associé de Tony Accurso qui le poursuit en diffamation, mais l’élu s’est défendu en disant qu’ils sont mal interprétés. Selon lui, il ne s’agit pas d’une « attaque personnelle », mais d’une façon de soulever un questionnement « important au débat public ».

 

M. Khadir est poursuivi pour 300 000 $ en dommages par Marcel Melançon, qui est aussi un ancien collecteur de fonds du Parti québécois, pour des propos qu’il a tenus lors de deux émissions de Dutrizac, sur les ondes du 98,5, en septembre et décembre 2013.

 

« Mais les cocktails de financement où étaient des SNC-Lavalin, où étaient des compagnies pharmaceutiques, des compagnies de construction, organisés par Marcel Melançon, c’était monnaie courante. C’est celui qui donnait le cours 101 de financement illégal à Jean Brault », avait déclaré en septembre 2013 le député.

 

Lors de son témoignage mercredi, M. Melançon a assuré devant la Cour que son implication dans le financement du PQ s’est limitée à l’année 1995, pour le référendum.

 

Le député de Mercier a expliqué qu’il se basait sur des passages du rapport de la commission Moisan, sur le financement illégal, lorsqu’il a fait ces déclarations.

 

Après cette première sortie, le député solidaire s’était rétracté en envoyant une lettre d’excuses à M. Melançon, dans laquelle il disait avoir tenu « des propos trop imprécis et confus ».

  

« J’ai voulu éviter de judiciariser ça », a-t-il dit.

 

Deux semaines plus tard, M. Khadir qualifiait M. Melançon de « bagman » du PQ à la même émission.

 

« Mon intention n’était pas d’insulter quiconque », a-t-il assuré. Il a rappelé qu’à cette époque le PQ était au pouvoir et se tenait la commission Charbonneau. Alors que la question des contributions politiques illégales y avait été soulevée, M. Khadir estimait que le PQ montrait du doigt le Parti libéral seulement.

 

« Je tenais à dire que le problème touche les deux partis », a-t-il souligné, plaidant qu’il se servait du nom de M. Melançon pour illustrer que ça touchait aussi le PQ, puisque dans les années 1990, après avoir aidé au financement du parti, l’entrepreneur aurait obtenu des permis.

 

M. Khadir a répété que, selon lui, cette poursuite vise à le bâillonner. « Ce genre de recours me détourne de mon travail de député et amène des contraintes dans l’exercice de ma liberté de soulever des enjeux d’intérêt public où il est légitime de poser des questions », a-t-il fait valoir.

 

Lorsqu’il a terminé son témoignage mercredi, M. Melançon avait mentionné avoir intenté cette poursuite pour que M. Khadir fasse une prise de conscience. « Je pense que M. Khadir doit faire attention à ne pas attaquer des réputations inutilement et de façon opportuniste », a-t-il dit.

 

Les plaidoiries doivent débuter vendredi.

4 commentaires
  • Colette Richard-Hardy - Abonné 21 avril 2017 09 h 10

    le venin de la liberté

    M. Khadir se croit tout permis même d'affirmer des faussetés pour dit-il réduire ses arguments au fait que les deux partis ont agi de la même manière.

    Comment peut-il nommer une personne sans avoir un fait avéré?

    C'est facile de cracher à tout vent mais ça peut retomber sur son nez!!!

  • Bernard Dupuis - Abonné 21 avril 2017 10 h 16

    Québec solidaire et la confusion par le populisme de gauche

    Il est clair que les propos de M. Kadir ne visaient pas tant M. Melançon, mais le PQ. L’intention était de démontrer que le PQ et les libéraux c’est du pareil au même indépendamment des réalisations, des programmes et des options nationales. Ce n’est pas la première fois que les propos des représentants de Québec solidaire demeurent vagues quant aux différences des « enjeux d’intérêt public » entre le PQ et le PLQ. Ils se gardent toujours de prendre en compte de toutes les considérations en cause pour sauter aux conclusions que PQ et PLQ c’est du pareil au même tout aspect confondu.

    La question que je me pose depuis bon nombre d’années c’est quel est le rapport véritable entre QS et le Parti libéral. On ne peut pas dire que QS ne s’attaque jamais au PLQ, mais cette manie de tout niveler par le bas en masquant les différences fondamentales entre les deux « vieux » partis, surtout sur le plan national, apparaît des plus suspicieuse.

    Quels « enjeux d’intérêt public » dont M. Kadir se targue de se préoccuper dans son travail sont présents dans toute cette affaire? Si M. Kadir croit que cette poursuite le « détourne de son travail de député », pourquoi lui-même passe-t-il son temps à se mettre dans le pétrin avec ce genre de procès d’intentions et d’accusations douteuses? La liberté d’expression n’est-elle pour M. Kadir qu’un moyen de salir le PQ et indirectement son option souverainiste?

    Quels sont les avantages pour QS de rejoindre le populisme de gauche en affirmant que le PLQ et le PQ sont du pareil au même? Veulent-ils montrer que la lutte des Québécois pour la reconnaissance de leur dignité nationale est bien secondaire et qu’elle ne fait aucune différence entre le PQ et le PLQ.

    La principale question est de savoir pourquoi Québec solidaire passe son temps à faire le jeu des libéraux et à les maintenir au pouvoir.

    Bernard Dupuis, 21/04/2017

    • Jean De Julio-Paquin - Abonné 21 avril 2017 11 h 59

      Monsieur Dupuis,
      J'adère entièrement à votre analyse. Le populisme de gauche est un problème. Le fait de QS met sur le même niveau idéologique le PQ et le PLQ, permet à M.Kadhir de s'esquiver d'un véritable débat sur la question nationale.
      D'un autre côté, QS salut la prochaine commission parlementaire sur le racisme systémique faisant dire à Mathieu Bock-Côté que QS et le PLQ sont aussi des alliés invisibles dans leur lutte contre le P.Q.: ce que reflète notamment le débat identitaire actuel. La diabolisation du PQ ne saurait tarder pendant et après cette commission surtout en période pré-électorale.
      J'espère que Gabriel Nadeau-Nadeau Dubois va changer cette culture populiste de gauche au sein de QS et de travailler à la convergence et au ralliement de toutes les forces progressistes et souverainistes au Québec. C'est ce qui est fondamental. Sinon, je ne pourrai plus le croire.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 21 avril 2017 10 h 20

    Liberté de parole

    Pour dire n'importe quoi? Pour médire? Pour insulter?