194e défilé de la Saint-Patrick à Montréal

Photo: Pedro Ruiz Le Devoir

Lutins, trèfles à quatre feuilles et figures de papier mâché à l’effigie du saint patron des Irlandais ont envahi les rues du centre-ville de Montréal dimanche, à l’occasion du traditionnel défilé de la Saint-Patrick. Cet événement incontournable, qui marque à toutes les années depuis 194 ans le retour du printemps, a une fois de plus attiré des foules joyeuses qui ne se sont pas fait prier pour revendiquer leur héritage irlandais, véridique ou prétendu.

Lutins, trèfles à quatre feuilles et figures de papier mâché à l’effigie du saint patron des Irlandais ont envahi les rues du centre-ville de Montréal dimanche, à l’occasion du traditionnel défilé de la Saint-Patrick.

Cet événement incontournable, qui marque chaque année depuis 194 ans le retour du printemps, a une fois de plus attiré des foules joyeuses qui ne se sont pas fait prier pour revendiquer leur héritage irlandais, véridique ou prétendu.

Pas moins de 3000 figurants, 110 groupes, une quinzaine de chars allégoriques et autant de fanfares provenant du Québec et de l’Ontario étaient présents.

Des dizaines de milliers de personnes, en bonne partie vêtues de vert, s’étaient déplacées pour les acclamer.

Portant des lunettes de soleil vertes desquelles pendait une fausse moustache rousse en plastique, sa fille sur ses épaules, Praveet, un Indien nouvellement installé au pays, savourait sa toute première Saint-Patrick.


« C’est tout nouveau pour nous ! Je tenais à être ici pour lui montrer cette facette de la culture canadienne, lui montrer de quelle manière les gens célèbrent ici. C’est très impressionnant, très excitant. »

Bières en main comme plusieurs autres participants, Gianni, Caroline et leur amie Anouk s’étaient costumés et maquillés pour l’occasion. « Je viens ici toutes les années. J’adore la Saint-Patrick, j’ai travaillé dans un pub irlandais pendant quatre ans et j’ai de l’Irlandais en moi. Pas le choix ! », s’est exclamé Gianni.

« C’est vraiment le fun, c’est rassembleur, il y a des gens de tous les âges et de toutes les origines. Je trouve ça pas mal cool qu’on soit tous là ensemble », a ajouté Anouk.

Le premier ministre Justin Trudeau de même que le maire de Montréal, Denis Coderre — nommé Grand Prévôt du défilé — figuraient parmi les nombreux politiciens de toutes allégeances présents.

« Cette grande fête populaire nous rappelle la contribution exceptionnelle de la communauté irlandaise pour Montréal. Cette communauté fait partie des premiers acteurs qui ont contribué au développement économique de la métropole, tout en endossant les valeurs de générosité, de solidarité et de courage propres au Montréal d’hier, d’aujourd’hui et de demain », a déclaré le maire de Montréal.

Les Sociétés irlandaises unies de Montréal, qui organisent l’événement, ont par ailleurs fait davantage d’efforts cette année afin de rappeler la présence des Premières Nations et des quatre peuples fondateurs de Montréal, les Français, les Anglais, les Écossais et les Irlandais, au cours du défilé, en créant des personnages géants représentant des figures marquantes issues de ces cinq communautés.

6 commentaires
  • Bernard Dupuis - Abonné 19 mars 2017 13 h 05

    Le multiculturalisme: le pervers polymorphe

    Cette organisation est la parfaite illustration de l’instrumentalisation du multiculturalisme. En effet, nous découvrons maintenant qu’il existe non pas un peuple fondateur de Montréal, mais quatre. Qui plus est, le peuple français devient un peuple comme les autres sans plus de nuances. Qui plus est encore, le peuple français devient la minorité. En effet, les Anglais, les Irlandais et les Écossais unis par la langue deviennent majoritaires. Les Français deviennent par le fait même un sur quatre. Voilà le genre de perversion que le multiculturalisme est en mesure de faire.

    Montréal devient ainsi un microcosme du Canada et du multiculturalisme. Les Trudeau triomphent toujours et se bidonnent l’un dans sa tombe l’autre sur son fauteuil.

    Bernard Dupuis,

    • Marc Therrien - Abonné 19 mars 2017 14 h 50

      Si le multiculturalisme ne s'en tenait qu'à ça, il serait plutôt sympathique. Les joies de vivre à l'anglaise, à l'écossaise et à l'irlandaise peuvent être attrayantes, plaisantes et faciles à partager. C'est quand il s'étend à l'accueil des différents Orients que le multiculturalisme nous perturbe davantage.

      Marc Therrien

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 19 mars 2017 16 h 38

      Monsieur Dupuis vous avez raison sur toute la ligne...et les francophones Montréalais qui assistent à ce "manège" sur le bord du trottoir...n'ont aucune idée de ce que celà signifie ...trop heureux d'assister à un spectacle gratuit.! Nés pour un petit pain et fiers de l'être, ils sont!

  • Bernard Dupuis - Abonné 19 mars 2017 17 h 55

    De quoi parle-t-on?

    @ Marc Therrien.

    Il n'est pas question du tout de la joie de vivre selon tel ou tel groupe ethnique...

    Si les Sociétés irlandaises unies disaient que les Français, les Anglais, les Irlandais et les Écossais étaient des bâtisseurs de Montréal, je n'aurais pas rouspété, car c'est la vérité. Mais, lorsqu'elles disent qu'ils furent tous des peuples fondateurs, c'est faux. J'espère au moins que la substitution du mot << bâtisseurs >> par le mot << fondateurs >> fut inconsciente ou causée par un problème d'ignorance. Toutefois, si cela est inspiré par l'idéologie multiculturaliste, c'est purement et simplement une perversion du sens de l'histoire.

    • Marc Therrien - Abonné 19 mars 2017 20 h 37

      D'accord avec vous pour les nuances que vous apportez. Tout est une question de perspective et de point de vue et c'est pour ça qu'on a intérêt à les additionner pour composer une belle mosaïque. L'arbre (généalogique) est dans ses feuilles. Vous y rappelez l'importance des racines alors que je me m'émeus joyeusement pour les feuilles composant l'humus qui contribue à la régénération de la forêt (occidentale).

      Marc Therrien

    • Bernard Dupuis - Abonné 19 mars 2017 21 h 43

      @ Marc Therrien

      Ce que vous ne comprenez pas encore, c'est que la branche française et ses feuilles devient comme par enchantement minoritaire (une sur quatre). C'est cela le résultat du multiculturalisme. Montréal devient ainsi la plus grosse ville francophone de langue anglaise en Amérique.