La voiture du président du Centre culturel islamique de Québec incendiée

Le président de la Grande Mosquée de Québec, Mohamed Labidi, en février dernier
Photo: Alice Chiche Archives Agence France-Presse Le président de la Grande Mosquée de Québec, Mohamed Labidi, en février dernier

La voiture de Mohamed Labidi, le président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), a été incendiée dans la nuit du 6 au 7 août dernier. Les autorités considèrent ce geste comme criminel.

 

Le CCIQ a rendu les faits publics mercredi matin par le biais d’un communiqué diffusé sur les médias sociaux. « Il ne s’agit plus de simples manifestations d’extrémistes contre l’immigration », peut-on lire dans le document qui dénonce une longue série d’« actes haineux » à l’endroit de la communauté.

 

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a réagi en début d’après-midi. « Les gestes haineux s’additionnent. C’est extrêmement préoccupant, a-t-il répété devant les médias réunis è l’hôtel de ville de la capitale. Le 29 janvier [jour de l’attentat à la Grande Mosquée], c’était un geste isolé, et là, il y en a de nouveaux. »

Le lieutenant Jean-François Vézina, du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), n'a pas voulu décrire l'événement comme un « acte haineux ». « Je crois qu’il faut faire attention. C’est une hypothèse qui est envisagée », a-t-il déclaré.
 

L’événement est survenu quelques heures après l’annonce d’une entente entre le CCIQ et la Ville de Québec dans le dossier du cimetière musulman. Interrogé sur un lien possible entre les deux événements, le maire Labeaume est resté prudent, mais s’est tout de même avancé : « Ce serait un curieux hasard qu’il n’en aille pas... »

 

Le maire a également défendu la décision de ne pas rendre les événements publics jusqu’à maintenant. « Le silence était la meilleure chose pour faire progresser l’enquête [du SPVQ]. [...] Mais il y a beaucoup d’inquiétude dans la communauté. C’est pourquoi [les gens du CCIQ] ont décidé d’en parler aujourd’hui. »

 
Réactions politiques

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, estime que le fait que l’enquête évalue la possibilité d’un crime haineux « ajoute une couche »« Un crime, c’est inacceptable, mais un crime haineux, c’est encore plus inacceptable. »

Et cela, parce que cela vise des gens qui ont une appartenance à une communauté, à une religion ou qui ont une couleur de peau particulière, a expliqué le ministre. « Le Québec qu’on veut tous est un Québec inclusif. »

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a lui aussi dénoncé ce crime « inacceptable » en conférence de presse. « J’appelle tous les Québécois à être solidaires dans la dénonciation de cet acte de violence », a déclaré le chef.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a vivement déploré les nombreux actes de haine qui ont visé le Centre culturel islamique de Québec. Elle croit que la montée de l’extrême droite au Québec est indéniable et dit craindre cette « spirale de la haine ».
 

​Aucune arrestation n’a encore eu lieu relativement à ce dossier. 

24 commentaires
  • Jean-Marc Simard - Abonné 30 août 2017 12 h 50

    Retard bizarre...

    «a été incendiée au début du mois d’août»

    Comment se fait-il qu'on apprenne cette nouvelle à la fin d'août alors que l'incendie a eu lieu au début d'août ? Pourquoi ce retard d'un mois dans l'annonce de la nouvelle ?
    Bizarre...

    • Hadrien David - Abonné 30 août 2017 14 h 26

      Pour faciliter le travail des enquêteurs?

    • Francois Dunlop - Abonné 30 août 2017 14 h 46

      Quelqu'un n'a pas lu l'article jusqu'au bout...

    • Jean-Marc Simard - Abonné 30 août 2017 15 h 41

      J'ai plus l'impression qu'il y a de la manipulation politique là dessous à la veille de l'ouverture de la commission sur le racisme systémique...J'espère me tromper...

    • Claude Paradis - Abonné 30 août 2017 17 h 41

      Vous êtes de mauvaise foi, de toute évidence. L'article dit clairement qu'on a préféré ne pas ébruiter la nouvelle pour mieux faire enquête. Vous imaginez de la manipulation politique là où on voit de toute évidence du racisme dans son expression la plus répugnante. C'est inquiétant. Il y a de quoi avoir honte que cela existe chez nous.

    • Robert Beauchamp - Abonné 30 août 2017 23 h 17

      Qui dit voiture incendiée, dit explosion, bruit, témoins, voisins, sirènes police/pompiers et rien n'a été ébruité auprès des journalistes ou qui n'auaient rien rapporté? Et pourquoi maintenant? Pourquoi le Service de police ne s'est pas chargé de l'annonce au lieu du politique?

  • Hélène Boily - Abonnée 30 août 2017 13 h 30

    J'ai honte pour ma ville

    Raciste, étroite d'esprit, auditrice de radio-poubelles, des caractéristiques que ne rachètent nullement les beaux paysages.

    • Hadrien David - Abonné 30 août 2017 14 h 28

      :'( Comment en sommes nous arrivé là? Comment rectifier le tir?

    • Johanne St-Amour - Abonnée 30 août 2017 14 h 54

      Il ne faudrait tout de même pas généraliser.

      Des gens sont racistes, et sont étroits d'esprit. Des gens écoutent des radios-poubelles. Et pas qu'à Québec.

      Et les magnifiques paysages de la Ville de Québec ne sont pas là pour racheter quoi que ce soit. Ils sont tout simplement.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 30 août 2017 16 h 11

      Votre ville dont vous avez honte inclut-elle vous-même, vos enfants et vos amis?

      Quelle généralisation radicale!

    • Claude Paradis - Abonné 30 août 2017 17 h 15

      Moi aussi, j'ai honte. J'ai honte même si c'était en raison de la folie d'une seule personne. Mais je suis certain que c'est un problème qui prend de l'ampleur, comme le montre le fait que des groupes racistes (La Meute et Atalante) manifestent librement dans les rues de Québec, en prétextant la liberté d'expression. J'ai honte et j'ai une immense peine pour ces musulmans, qui doivent avoir peur et qui doivent se sentir ciblés ou rejetés.

    • Maryse Veilleux - Abonnée 30 août 2017 17 h 43

      Chère dame, vous faites preuve d'une belle humilité. J'y ai habité 15 ans, à l'époque Québec n'était pas ce qu'elle est maintenant. Je ne sais pas ce qui l'a rendu xénophobe. Il s'agit d'une minorité bien sûr, mais je ne vois personne s'attaquer aux racines de la haine...il y règne une mentalité particulière.

    • Réal Ouellet - Abonné 30 août 2017 19 h 43

      On imagine que vous êtes contre l'amalgame. Misère...

  • Danielle Houle - Abonnée 30 août 2017 14 h 18

    Ça suffit!!!

    La haine de l'autre et la violence ne mènent nulle part. À la personne ou aux personnes qui font de tels actes, arrêtez vous!!!

  • Marc Lévesque - Inscrit 30 août 2017 14 h 44

    Ce n'est pas bizarre.

    C'est écrit dans l'article:

    "Le maire a également défendu la décision de ne pas rendre les événements publics jusqu’à maintenant. « Le silence était la meilleure chose pour faire progresser l’enquête [du SPVQ]."

    • Jean-Marc Simard - Abonné 30 août 2017 16 h 01

      Le maire peut dire ce qu'il veut...il y a de la méfiance dans l'air...À force de forcer la vérité les politiciens donnent emprise à la perte de confiance...

    • Marc Lévesque - Inscrit 30 août 2017 17 h 51

      M. Simard,

      Je ne visais pas le maire en particulier. Il est commun que la police demande aux victimes de ne pas parler des évènements pour faciliter leurs enquêtes, surtout pour des crimes comme c'est le cas ici, et surtout vu le nombre et la sévérité des menaces et attaques depuis quelques années.

      "J'ai plus l'impression qu'il y a de la manipulation politique là dessous à la veille de l'ouverture de la commission sur le racisme systémique...J'espère me tromper..."

      Je pense que vous vous tromper.

    • Marc Therrien - Abonné 30 août 2017 20 h 24

      @ M. Simard,

      Et pourquoi ne pas simplement choisir la confiance jusqu'à preuve soit faite que le contraire est l'option la plus intelligente?

      Quand vous parlez plus haut de la possibilité de la manipulation politique, voulez-vous dire qu'il y a conspiration? Si oui, vers où mène cette croyance et surtout, concrètement, si on la pousse jusqu'au bout, qu'est-ce qu'on fait dans l'action pour annihiler cette conspiration?

      On peut certes cultiver un esprit sceptique sans pour autant sombrer dans une méfiance qui si elle devenait pathologique pour dériver vers la paranoïa, accentuerait le risque d'une spirale infernale de violence.

      Marc Therrien

  • Pierre Cloutier - Abonné 30 août 2017 18 h 27

    Oui c'est bizarre

    Moi aussi je trouve bizarre qu'une nouvelle aussi importante ait pu être gardée secrète pendant tout ce temps. N'a-t-il pas de voisins ce monsieur ? Une voiture qui brûle c'est tout un spectacle. Et ça fait peur.

    Une voiture qui brûle dans la nuit, à Québec, c'est au moins un fait divers. Est-ce un mauvais coup d'un mafieux à un autre ? Ou des Hells envers un concurrent ? À Québec, il n'y a pas une voiture qui brûle à toutes les nuits. Il est presqu'impossible que des journalistes n'aient pas été au courant. Et qu'ils n'aient pas découvert à qui cette voiture appartenait. Donc, ce serait la police qui aurait empêché les journalistes de publier la nouvelle ?

    Franchement, je n'aime pas ça... mais pas du tout.

    Et Alexandre Bissonnette ? Va-t-on nous le cacher éternellement ? La population a le droit de savoir et si les journalistes commencent à s'entendre avec la police, c'est l'information qui devient en péril. Une bonne et complète information est un droit pour la population et le maintien de la démocratie en dépend.