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    Fiançailles entre Option nationale et Québec solidaire

    Le projet de fusion entre les deux partis sera soumis à leurs membres en décembre

    6 octobre 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Québec
    Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, et Sol Zanetti, d'Option nationale, lors d'une conférence de presse à Québec, jeudi. 
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, et Sol Zanetti, d'Option nationale, lors d'une conférence de presse à Québec, jeudi. 

    Le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, accepte de saborder le parti politique qu’il dirige, fondé en 2011 par Jean-Martin Aussant, au profit de Québec solidaire. Mais non sans conditions : les délégués de QS devront notamment garantir que le parti né de la « fusion » entre ON et QS soumettra à la population québécoise un projet de Constitution d’un Québec indépendant au cours d’un premier mandat.

    Telle est la pièce maîtresse de l’entente de principe dévoilée par les états-majors d’ON et de QS jeudi. Si les délégués des deux partis politiques y donnent leur bénédiction, Option nationale prendra la « forme d’un collectif » au sein d’un « parti unifié » qui gardera le nom de Québec solidaire, mais adoptera une « nouvelle identité visuelle ».

    « Non seulement nous retrouverons-nous dans une famille politique élargie ayant un engagement clair et courageux envers l’indépendance, mais nous aurons ensemble rapproché le mouvement indépendantiste de son objectif en faisant passer la patrie avant les partis », a déclaré M. Zanetti lors d’une conférence de presse sur la colline Parlementaire jeudi.

    Pour y arriver, QS devra s’engager à mettre sur pied une Assemblée constituante dont les membres auront « clairement pour mandat d’élaborer la Constitution d’un Québec indépendant ».

    Je pense que la métaphore de la métallurgie, de la fusion, ici, est intéressante, parce que justement, quand il y a fusion de métaux, je pense, les choses restent, elles forment un [tout], mais les choses restent comme ça.
    Sol Zanetti, chef d’Option nationale

    Les délégués de Québec solidaire s’étaient pourtant entendus pour leur donner carte blanche : ils pourront élaborer la Constitution d’un Québec-pays ou encore d’un Québec-province, convenaient-ils lors de leur congrès de mai 2016. M. Zanetti avait déploré cette « position trouble » de QS, qui « trahit [selon lui son] manque d’assurance pour notre projet ».

    Plusieurs solidaires craignent que les personnes réfractaires au projet de pays boudent les travaux de l’Assemblée constituante si ses conclusions étaient écrites d’avance. « Nos membres décideront si oui ou non ça vaut le coup. Mais moi, ce que je vous dis, c’est qu’il faut rappeler que le débat à l’intérieur de l’Assemblée constituante ne serait pas un débat entre indépendantistes », a fait valoir la co-porte-parole de QS Manon Massé jeudi.

    ON demande aussi à QS de présenter « un cadre financier prévoyant les ressources nécessaires au processus d’accession à l’indépendance » ainsi qu’un « portrait financier démontrant la viabilité financière d’un Québec indépendant ». « Le tout sera élaboré en consultant les économistes désignés par ON », précise l’entente de principe.

    Les militants d’ON veulent également voir le parti représenté à l’Assemblée nationale par Amir Khadir, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois condamner « le régime colonial canadien » sur le même ton que le « néolibéralisme ». « Le “Québec bashing” sera dénoncé et combattu par le parti unifié », peut-on aussi lire dans le document.

    Les délégués de QS devront modifier leur programme politique en ce sens lors de leur prochain congrès, qui est prévu en décembre prochain. L’entente de principe est à prendre ou à laisser dans sa forme actuelle, a précisé son principal promoteur, Gabriel Nadeau-Dubois. « On est convaincu que cette entente-là est historique parce qu’elle est juste et qu’elle saura rassembler nos deux formations politiques », a martelé le co-porte-parole de QS.

    Un collectif fort, dans un parti unifié

    Le chef d’ON a également obtenu la garantie que le « collectif Option nationale » bénéficiera de sièges désignés au comité de coordination de QS — qui a été qualifié de « Politburo » par le chef péquiste, Jean-François Lisée, au printemps dernier.

    D’autre part, M. Zanetti pourrait briguer les suffrages sous la bannière de QS dans l’une des neuf circonscriptions considérées comme « les plus favorables » par le parti, sauf Mercier, Gouin et Sainte-Marie–Saint-Jacques. M. Zanetti, qui est résidant de la ville de Québec, s’est bien gardé jeudi de pointer la circonscription qu’il convoite en vue du scrutin de 2018.

    Par ailleurs, les fonds détenus par ON — des dizaines de milliers de dollars — seraient quant à eux versés dans la cagnotte de QS. Ils serviraient notamment à financer les initiatives du « collectif ». Le groupe d’onistes organisera annuellement une université sur l’indépendance, en plus de continuer de « produire, diffuser et développer divers matériels de promotion » de l’indépendance du Québec, a souligné M. Zanetti.

    Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a reproché aux deux formations politiques de s’imposer comme des alliés objectifs du Parti libéral du Québec et de la Coalition avenir Québec. « Ils [sont], ensemble ou séparés, dans le système actuel, le marchepied de gouvernements fédéralistes de droite », a-t-il soutenu à un an des élections générales.

    Quelques faits sur les deux partis

    Québec solidaire

    • Fondé en 2006
    • 17 000 membres
    • 7,63 % des voix en 2014

     

    Option nationale

    • Fondé en 2011
    • 2000 membres
    • 0,73 % des voix en 2014
     












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