Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Les jeunes libéraux veulent valoriser les professeurs

    La Commission-Jeunesse du PLQ relance le débat sur la création d’un ordre professionnel des enseignants

    8 août 2017 | Marie-Michèle Sioui - Correspondante parlementaire à Québec | Québec
    Selon Jonathan Marleau, les syndicats en éducation jouent un «double rôle», qui n’est peut-être pas souhaitable.
    Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Selon Jonathan Marleau, les syndicats en éducation jouent un «double rôle», qui n’est peut-être pas souhaitable.

    Les jeunes libéraux du Québec relanceront cette fin de semaine un vieux débat, qui n’est pas pour autant dénué de rebondissements. À Sherbrooke, la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) s’intéressera à la création d’un ordre professionnel pour les enseignants.

     

    Dans la tournée québécoise qu’ils ont effectuée à l’approche du congrès, les jeunes libéraux ont été sensibilisés à l’importance de « valoriser » la profession d’enseignant, a expliqué leur président, Jonathan Marleau.

     

    « On veut la reconnaître comme une profession noble, qui apporte vraiment beaucoup de bien au Québec. Et en la reconnaissant, en l’encadrant davantage, par exemple avec un ordre professionnel, on irait chercher cette valorisation-là », a-t-il déclaré lundi.

     

    La réponse des syndicats a été immédiate et sans équivoque. « Le but d’un ordre est de protéger le public. Il y a un mélange des concepts », a réagi la première vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Éthier.

     
    En encadrant [la profession] davantage, par exemple avec un ordre professionnel, on irait chercher cette valorisation-là
    Jonathan Marleau, président de la Commission-Jeunesse du PLQ

    « La reconnaissance sociale passe par une meilleure compréhension de la tâche enseignante dans la population et par l’amélioration des conditions de travail », lisait-on aussi sur le site Web de la Fédération autonome de l’enseignement, où les bureaux sont fermés pour une partie de l’été.

     

    « Un peu contradictoire »

     

    Les jeunes libéraux ont beau disposer d’une « vraie autonomie » et d’une « vraie indépendance de pensée », comme s’en est félicité leur président, leur proposition apparaît paradoxale, estime Sonia Éthier. « C’est sûr que de demander un ordre pour valoriser la profession, alors que ce gouvernement a mis en place des mesures d’austérité qui sont encore présentes dans les services publics […], c’est un peu contradictoire », a-t-elle déclaré.

     

    Cinq ans après la grève étudiante, qui aura coûté aux libéraux leur unique séjour dans l’opposition en 14 ans, Jonathan Marleau n’a pas l’impression de s’avancer en terrain miné. « C’est un sujet qui est important pour tout le monde, c’est pour ça qu’on a décidé d’en parler », a-t-il affirmé, avant de rappeler qu’il a lui-même milité au sein de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

     

    Selon l’ex-candidat libéral dans Gouin, les syndicats en éducation jouent un « double rôle », qui n’est peut-être pas souhaitable.

     

    « Le syndicat a une mission fondamentale, qui est très simple : c’est de défendre, de promouvoir et de protéger les intérêts professionnels, économiques, culturels — peu importe —, de ses membres. [Or], ça prend aussi un organisme qui va réfléchir l’enseignement, mais pour le bien-être des élèves et des étudiants », a souligné Jonathan Marleau.

     

    Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, s’est réjoui de la proposition de l’aide jeunesse. « On est contents que les jeunes de la Commission-Jeunesse parlent d’éducation et de valorisation en fin de semaine. Le ministre sera présent en fin de semaine et suivra les échanges », a fait savoir son attachée de presse, Marie B. Deschamps.

     

    Le ministre Proulx a déclaré au printemps qu’il ne ferait pas de la création d’un ordre des enseignants une priorité, sans écarter l’idée pour autant.

     

    Pas une première

     

    Ce ne sera pas la première fois que le débat sur la création d’un ordre professionnel pour les enseignants occupera la fin de semaine des jeunes libéraux.

     

    En 2002, la Commission-Jeunesse du PLQ avait débattu de la question, en l’abordant sous l’angle de la qualité des cours. Au terme du congrès, les militants avaient soutenu l’idée d’offrir des primes aux enseignants qui accepteraient de plus grosses charges de travail.

     

    L’année suivante, le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, avait fait sienne la promesse électorale libérale de créer d’un ordre professionnel des enseignants. Le mécontentement des syndicats, un avis défavorable de l’Office des professions, l’opposition de la Fédération des commissions scolaires du Québec et la volte-face du Conseil pédagogique interdisciplinaire avaient cependant eu raison de sa volonté.

     

    Depuis, seule la Coalition avenir Québec s’est risquée à rouvrir le débat sur la question, d’abord en 2012, puis encore l’an dernier.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.