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    Pas de drapeau des patriotes au-dessus du parlement, dit Couillard

    19 mai 2017 | Québec
    Dave Noël - Correspondants parlementaires à Québec
    Marie-Michèle Sioui
    Le drapeau tricolore des patriotes a été créé en 1832 par le parti de Louis-Joseph Papineau.
    Photo: adqproductions cc Le drapeau tricolore des patriotes a été créé en 1832 par le parti de Louis-Joseph Papineau.

    Le drapeau des patriotes ne flottera pas au-dessus de l’hôtel du Parlement lundi parce que le premier ministre, Philippe Couillard, en dénonce la récupération par les cercles indépendantistes.

     

    « Le problème, c’est que, depuis quelques années [et] même quelques décennies, le mouvement indépendantiste essaie de récupérer cette rébellion en lui donnant une vertu séparatiste, ce qui n’a jamais été le cas », a-t-il déclaré jeudi, au Salon bleu.

     

    Il justifiait ainsi sa décision de rejeter la proposition du Parti québécois (PQ), qui souhaitait que l’Assemblée nationale hisse le tricolore vert, blanc et rouge à l’occasion de la journée consacrée à la mémoire des patriotes de 1837 et 1838.

     

    « Il s’agissait effectivement de l’union de gens qui habitaient sur notre territoire, de toutes les origines, parlant anglais et français, non pas pour sortir le Québec du Canada — à l’époque, c’était le Bas-Canada —, mais plutôt pour parler de gouvernement responsable et démocratique », a-t-il ajouté.

     

    Voyez les interventions de Philippe Couillard et Jean-François Lisée

     

     

    Sa décision a froissé le PQ, qui n’a pourtant jamais hissé le drapeau des patriotes au-dessus du parlement du temps où il formait le gouvernement. « Je n’aurais jamais pensé qu’un premier ministre libéral renonce à son patrimoine historique, alors que l’Assemblée nationale a régulièrement, sur ses mâts, les drapeaux de la Catalogne, de la Bavière, de l’Acadie, des LGBT », s’est désolé le chef Jean-François Lisée.

     

    Coïncidence : l’Union Jack du Royaume-Uni ondoyait jeudi au-dessus du parlement à l’occasion de la visite du haut-commissaire du Royaume-Uni, Howard Ronald Drake.

     

    C’est précisément pour quitter le giron britannique que les patriotes ont signé en 1838 une déclaration d’indépendance. Le tout premier article du document signé par Robert Nelson prévoit que le Bas-Canada soit absous « de toute allégeance à la Grande-Bretagne et que toute connexion politique entre cette puissance et le Bas-Canada cesse dès ce jour ».

    Photo: Dave Noël Le Devoir Coïncidence, l’Union Jack du Royaume-Uni ondoyait jeudi au-dessus du parlement à l’occasion de la visite du haut-commissaire du Royaume-Uni.
     

    Un mouvement séparatiste ?

     

    Pour Jonathan Livernois, professeur adjoint au Département de littérature de l’Université Laval, il serait malhonnête d’assimiler les visées politiques des patriotes à cellesdes souverainistes d’aujourd’hui, qui n’évoluent évidemment plus dans le Bas-Canada du XIXe siècle.

     

    « De dire que ça n’a jamais été séparatiste, ça, c’est faux », a-t-il cependant précisé au sujet du mouvement patriote. « Le grand problème, c’est d’accoler nos catégories à cette époque. Mais on ne peut pas dire ce qu’a dit Philippe Couillard. »

     

    Affirmer que la rébellion des patriotes n’a « jamais » eu une vertu séparatiste, comme l’a fait le premier ministre, est aussi inexact selon Éric Bédard, historien et professeur à la TELUQ. « Ç’a été le cas durant une période relativement courte et une période aussi où le mouvement, il faut quand même le dire, s’est divisé sur cet enjeu-là », a-t-il rappelé.

     

    Au départ, le mouvement patriote n’était pas « clairement séparatiste », a-t-il ajouté. C’est au lendemain des résolutions Russell de 1837, qui rejetaient les revendications des patriotes, que le mouvement s’est transformé pour en devenir un « d’affirmation, républicain, national », a fait valoir l’historien.

     

    « C’est charrier de dire que les patriotes ne souhaitaient au fond que le gouvernement responsable […] parce qu’ils voulaient faire élire le conseil législatif, ce qui était très audacieux à l’époque et tout à fait calqué sur le modèle américain », a aussi affirmé Éric Bédard.













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