Multiplication de chefs au Bloc

Samedi, Martine Ouellet a été couronnée chef du Bloc québécois.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Samedi, Martine Ouellet a été couronnée chef du Bloc québécois.

Le Bloc québécois ne compte que dix députés à Ottawa, mais la formation souverainiste se retrouve désormais avec cinq « chefs » et « leaders » en tous genres à la suite d’un remaniement annoncé dimanche par Martine Ouellet.

 

Officiellement intronisée comme chef du Bloc québécois samedi, Mme Ouellet a dévoilé dimanche la composition de son équipe à Ottawa.

 

Comme elle demeure députée à Québec, l’ex-ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement de Pauline Marois a choisi de créer un poste de chef parlementaire, qui sera occupé par le député Xavier Barsalou-Duval.

 

Le chef parlementaire tâchera « de s’occuper des dossiers demandant une intervention immédiate sur la colline. De plus, il s’exprimera au nom de la chef et du parti à Ottawa, autant en chambre que lors de mêlées de presse, par exemple », explique le parti.

 

Trop de chefs ?

 

Ce poste s’ajoute à ceux de président du parti, de leader parlementaire et de président du caucus, respectivement occupés par les députés Mario Beaulieu, Gabriel Ste-Marie et Louis Plamondon.

 

M. Ste-Marie remplacera ainsi Luc Thériault comme leader parlementaire, a décidé Mme Ouellet.

 

Cela ne fait-il pas beaucoup de chefs pour une formation qui ne détient même pas le statut de parti officiellement reconnu à la Chambre des communes, en raison de sa mince députation ?

 

Non, a insisté M. Barsalou-Duval, en entrevue au Devoir. « Chacun a son rôle à jouer », selon lui.

 

« Le chef parlementaire, c’est moi, ce sera à moi de jouer le rôle de Mme Ouellet pour tout ce qui concerne le travail parlementaire, prendre les décisions quand elle n’est pas là, etc. », a expliqué le député de la circonscription de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères.

 

Le nouveau rôle de M. Barsalou-Duval s’inspire de ce qu’avait fait René Lévesque à l’élection des sept premiers députés du Parti québécois. « Il n’était pas député et avait un chef parlementaire. »

 

En tant que président du parti, Mario Beaulieu a comme responsabilité de coordonner les affaires internes de son organisation. Le président du caucus, une fonction qui existe dans la plupart des partis politiques, supervise le déroulement des rencontres du caucus des députés bloquistes, en plus d’en établir l’ordre du jour et d’organiser leur tenue.

 

Le leader parlementaire, quant à lui, est un député désigné par le chef d’un groupe parlementaire pour agir comme principal stratège et lui servir de conseiller en matière de procédure parlementaire. Il est généralement responsable de la stratégie de son parti.

 

Pour la fonction de whip, le choix de la chef s’est arrêté sur la députée de la circonscription de Manicouagan, Marilène Gill. Le whip coordonne les travaux des députés tant au niveau parlementaire qu’à l’extérieur de la Chambre.

 

« Pour Monsieur, Madame Tout-le-Monde, ça ne veut rien dire, tous ces titres. Mais ça nous aide à nous structurer dans notre action », explique M. Barsalou-Duval.

 

« Une chose est certaine, Mme Ouellet, c’est elle la grande boss », ajoute-t-il.

9 commentaires
  • Christian Montmarquette - Inscrit 20 mars 2017 05 h 22

    À quoi bon être cheffe?

    À quoi bon être cheffe, s'il faut un sous-cheffe pour faire fonctionner le parti?

    Trop de chefs.. Pas assez d'indiens au Bloc?

    Christian Montmarquette

  • Serge Morin - Inscrit 20 mars 2017 07 h 45

    C'est beaucoup mieux à QS, 3 députés,2 chefs porte parole.
    On voir que l'arrivée du jeune poulain à stimulé l'aridèle.

    • Gilles Théberge - Abonné 20 mars 2017 09 h 36

      Ça relève presque de l'autisme.

      Ou de la vieille méthode indienne qui consiste à agiter un tas de plume pour que l'on ne voit pas le principal de l'affaire.

      En effet QS avec deux députés et deux chefs.

      Car vous nous trompez monsieur Morin, QS a deux députés présentement. Pas trois...

    • Christian Montmarquette - Inscrit 20 mars 2017 11 h 16

      Je sais que c'est une notion très, très compliquée à comprendre pour les péquistes. Mais Québec Solidaire n'a pas de chef. Il a deux porte-parole pour repecter la parité homme-femme et justement bloquer la notion de chef et prévenir le despotisme politique.

    • Sylvain Auclair - Abonné 20 mars 2017 15 h 57

      Je regrette, mais QS a un chef.

  • Brian Monast - Abonné 20 mars 2017 09 h 12

    On aurait voulu qu'elle fasse quoi, au juste?

    On l'a choisi. Elle entre. Elle organise. On lui reproche quoi, au juste? Je cherche la nouvelle, dans ce reportage, et il y en a, mais rien qui de près ou de loin justifierait le titre biaisé qu'on lui a choisi.

    On aurait voulu qu'elle aille siéger dans la Chambre de communes? Elle n'a pas de siège dans cette chambre. Dans les circonstances, elle donne encore plus de portée au parti fédéral de la souveraineté québécoise en siégeant à l'Assemblée nationale, en tant que député du parti de la souveraineté.

    Ce n’était peut-être pas si fou que ça après tout, le plan d’action de Mme Ouellet.

  • Philippe Hébert - Abonné 20 mars 2017 09 h 55

    Quel titre!

    Beau titre biaisé. Le Devoir est devenu comme le Journal de Montréal. Ce n'est pas le premier titre que je vois dans les derniers mois qui me font sourciller.

    Je commence à considérer sérieusement l'annulation de mon abonnement.

    Avec ce titre, je m'attendais peut-être à une chronique, une rétrosective des chefs du Bloc dans les dernières années et peut-être un article portant sur la nécessité du Bloc à Ottawa et de son avenir. Mais cela n'a rien à voir.

    Bien que l'article en soi est correct et fait preuve de rigueur (rapporter les faits, du journalisme), le titre est complètement dans le champ. On voit ici un titre sensationnalisme ou réducteur, tout le contraire de ce qu'est du journalisme en soi.

    Est-ce l'éditeur en chef qui a décidé de ce titre au dépends du journliste Philippe Orfali? Ou est-ce le journaliste qui se permet de faire un chroniqueur de lui-même en laissant son propre opinion personnel interférer avec sa fonction de journaliste?

  • Claude Gélinas - Abonné 20 mars 2017 12 h 09

    Cabinet fantôme !

    Fallait-il faire un titre avec cette nouvelle alors que chaque Oppostion forme son cabinet fantôme.

    C'est comme si QS innovait et avait inventé le bouton à 4 trous. Comme disait l'anglophone ayant mal compris l'expression "il n'y a pas de grenouille sous roches".