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    Enquête Diligence

    L’immunité pour les élus n’existe pas, dit Couillard

    La police aurait informé Jean Charest qu’elle espionnait Michel Arsenault

    18 mars 2017 | Jeanne Corriveau - Avec Marco Bélair-Cirino | Québec
    Le premier ministre Philippe Couillard
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre Philippe Couillard

    Les politiciens ne bénéficient pas d’une « immunité diplomatique », a affirmé le premier ministre Philippe Couillard après la divulgation d’un document de la Sûreté du Québec (SQ) lié à l’enquête Diligence sur l’infiltration du crime organisé dans l’industrie de la construction.

     

    « On m’a dit que cette politique-là n’avait jamais existé et que ça n’existe pas », a tranché le premier ministre lors d’une mêlée de presse.

     

    La Cour du Québec a autorisé vendredi la libération d’un document relatif à l’enquête Diligence menée en 2009 par la SQ sur l’infiltration du crime organisé dans l’économie légale. Dans le cadre de cette enquête, l’ex-président de la FTQ, Michel Arsenault, avait été mis sur écoute électronique.

     

    Le document judiciaire obtenu par un consortium de médias fait état de déclarations de policiers de la SQ. Il a été présenté à une juge de paix en 2014 dans le but d’obtenir les registres d’appels des journalistes Denis Lessard et André Cédilot, de La Presse.

     

    Dans le document, un inspecteur de la SQ soutient notamment que les politiciens québécois ont profité d’une protection liée au « principe d’immunité diplomatique », a rapporté La Presse vendredi. Les conversations de Michel Arsenault avec les élus ont été « restreintes », a soutenu un inspecteur de la SQ. Selon un autre policier, la haute direction de la SQ aurait informé le gouvernement de l’écoute électronique dont faisait l’objet Michel Arsenault de manière à « protéger » le premier ministre de l’époque, Jean Charest, en cas de piège de la part de l’ancien syndicaliste.

     

    De passage à Montréal vendredi, Philippe Couillard a dit ignorer que des politiciens aient pu profiter d’une immunité diplomatique. « Il n’y a pas de raison de penser que les gens auraient des politiques différentes selon leur statut, qu’on soit au-dessus ou au-dessous des lois. On est tous des citoyens devant les lois et c’est comme ça que ça doit être », a-t-il expliqué.

     

    Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a martelé le même message : « L’immunité des politiciens, ce n’est pas acceptable et ça n’existe pas. Le cas relaté dans les journaux ce matin touche un mandat qui pourrait se retrouver devant la commission Chamberland sur la protection des sources journalistiques. Alors, on va rester prudents. »

     

    « La même gang »

     

    L’élu caquiste Simon Jolin-Barrette a demandé au ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, de débusquer l’officier au sein de la SQ qui a choisi — à tort, selon lui — de « restreindre les écoutes des élus ». « Ça me renverse. Il faut que les policiers puissent faire leur travail à l’abri de toute influence. […] Comment ça se fait que, lorsqu’on tombe sur des libéraux, bien là, on se ferme les yeux ? » a-t-il demandé.

     

    Le député de Borduas a aussi exigé de connaître la liste de tous les élus libéraux et péquistes qui ont bénéficié, ou qui à tout le moins connaissaient l’existence de cette prétendue « immunité diplomatique ». « Le premier ministre actuel siégeait dans ce gouvernement-là. La moitié de son Conseil des ministres siégeait dans ce gouvernement-là. C’est pas mal la même gang, a-t-il souligné. Il n’y a personne au-dessus des lois et il faut que les corps de police aient tous les moyens, tous les leviers légaux pour réaliser leur mission. »













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