Montréal met fin au contrat de «Monsieur Fluidité»

Pierre Lacasse était entré en fonction le 1er mai dernier et avait obtenu un contrat de trois ans.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Pierre Lacasse était entré en fonction le 1er mai dernier et avait obtenu un contrat de trois ans.

Embauché il y a moins de trois mois pour améliorer la fluidité de la circulation dans la métropole, Pierre Lacasse ne travaille plus pour la Ville de Montréal. « L’expérience n’a pas été concluante. Nous avons mis fin à son contrat », s’est contenté d’indiquer un porte-parole de la Ville par courriel jeudi.

 

En avril dernier, Denis Coderre avait présenté M. Lacasse comme « Monsieur Fluidité », celui qui allait conseiller l’administration et les services municipaux sur la gestion de la circulation et l’élaboration de mesures de mitigation. Chroniqueur à la circulation pendant 30 ans, M. Lacasse devait aussi devenir la voix citoyenne de l’administration en cette matière. « Ça va être Monsieur Fluidité. Ce n’est pas quelqu’un qui a la langue de bois. Il va donner l’heure juste », avait expliqué le maire.

 

Pierre Lacasse est entré en fonction le 1er mai dernier. Il avait obtenu un contrat de trois ans avec un salaire annuel de 110 000 $. Dans une entrevue au Journal de Montréal le mois dernier, il avait semblé peu optimiste quant aux solutions à appliquer pour régler les problèmes de congestion de la métropole. Il prévoyait alors un été « diabolique » en raison du nombre élevé de chantiers.

 

« Ça fait des années que je le répète : il n’y a plus rien à faire pour Montréal. Le flot de circulation est tellement important et dense sur le réseau autoroutier que, dès que tu as une voie bloquée quelque part, ça a des répercussions partout », avait-il expliqué au quotidien.

 

Un échec, dit l’opposition

 

Pour l’opposition à l’Hôtel de Ville, le départ de Pierre Lacasse est un « constat d’échec cinglant » pour la stratégie du maire alors que s’amorce un été difficile pour les automobilistes.

 

« Il est clair que l’administration Coderre n’est pas prête à faire des choix cruciaux pour alléger le trafic automobile à Montréal et qu’elle s’est contentée de faire une opération de communications pour donner l’impression d’agir », a indiqué par communiqué le conseiller de Projet Montréal Craig Sauvé.

  • Richard Labelle - Abonné 13 juillet 2017 17 h 42

    À propos du contrat...

    D'abord, à propos du contrat, esrt-ce qu'on doit comprendre que le contrat de M. Lacasse sera honoré en totalité? si oui, c'aura été un trois mois très payant pour M. Lacasse. Aussi, à lire l'article, on est tenté de déduire que M. Lacasse savait déjà qu'il n'y avait rien à faire pour régler les problèmes de congestion à Montréal et il aurait quand-même accepté d'être engagé par la ville, où plutôt M. Coderre? Si c'est le cas, avouez que c'est plutôt troublant! J'ose espérer qu'on aura plus de détails à ce sujet, car cet épisode ressemble étrangement à celui du maire Labaume à Québec qui avait engagé le supposé sauveur Clotaire Rapaille pour 300 000$ et qui s'est avéré un échec retentissant! À suivre SVP

  • Jean Richard - Abonné 14 juillet 2017 09 h 20

    Ça sent les élections

    Ça sent les élections... Pour cette raison, il arrive que les représentants des partis politiques municipaux se trompent de cible.

    Un constat on ne peut plus évident : il y a beaucoup trop de voitures à Montréal, beaucoup trop, et la première chose à faire pour changer la situation, c'est d'investir dans les transports collectifs – et de qui dépendent les transports collectifs ? De la province surtout et trop peu de la Ville. Or, les gouvernements PQ/PLQ qui se sont succédés à Québec ont toujours négligé la métropole d'une part, et surtout, ces gouvernements à la vision dépassée ne jurent que par l'automobile individuelle et n'aiment pas trop les transports collectifs, qu'ils aimeraient bien voir disparaître (sans l'avouer). Ce que veut Québec, c'est de confier le transport collectif au privé et non aux villes, et pour mieux y arriver, on prend soin de laisser dépérir le service existant.

    Le vrai reproche qu'on pourrait faire à M. Coderre, c'est d'être très mou vis-à-vis Québec et laisser le provincial nous imposer sa vision des années 50, une vision catastrophique pour la métropole.